open Menu secondaire

Nouveaux électeurs – Jeunes

Il est bien connu que les jeunes (âgés de 18 à 24 ans) sont moins nombreux à voter que leurs aînés. Dans les années 1970, les spécialistes en sciences sociales et les politiciens avaient déjà constaté le faible taux d’inscription et de participation électorale de ce groupe d’âge. Longtemps, on a associé cette tendance à l’âge (ou au « cycle de vie »), car les gens étaient plus portés à voter à mesure qu’ils vieillissaient.

Au début des années 2000, les chercheurs ont cerné deux tendances qui expliqueraient les creux historiques observés dans la participation des jeunes. D’abord, les jeunes qui étaient nouvellement en âge de voter étaient moins nombreux à voter que par le passé. Les chercheurs ont aussi observé que le taux de participation des nouvelles générations restait bas, même lorsqu’elles vieillissaient. Ces tendances expliquaient donc en grande partie la baisse de participation aux élections fédérales canadiennes depuis le début des années 1990. D’autres recherches ont alors été menées sur la participation électorale des jeunes et ont révélé que ces derniers font face à des obstacles au vote.

L’élection générale de 2015 a perturbé cette tendance avec une hausse du taux de participation globale, principalement attribuable à la participation des jeunes. De 2011 à 2015, la participation des électeurs de 18 à 24 ans est passée de 38,8 % à 57,1 %. L’élection générale de 2019 révélera si 2015 était une anomalie ou le début d’une augmentation durable de la participation électorale des jeunes.

Malgré cette hausse, le taux de participation des jeunes est encore considérablement plus bas que celui des électeurs plus âgés. Les recherches d’Élections Canada montrent que les jeunes, en particulier les nouveaux électeurs, se heurtent à des obstacles importants à la participation aux élections fédérales.

Connaissance du processus électoral

En général, les jeunes électeurs connaissent moins bien le processus électoral et sont plus portés à affirmer que l’information à ce sujet est difficile à trouver. Ils sont toutefois plus à l’aise avec les ressources en ligne que les électeurs plus âgés.

  • Pour voter, un électeur doit être inscrit. En 2015, la majorité des électeurs estimaient qu’il était facile d’obtenir de l’information sur l’inscription. Seulement 8 % des jeunes de 18 à 34 ans et 4 % des adultes plus âgés ont eu de la difficulté à cet égard. Ce pourcentage était supérieur pour les nouveaux électeurs de 18 à 22 ans (10 %), les jeunes Autochtones de 18 à 34 ans (19 %) et les jeunes personnes handicapées de 18 à 34 ans (13 %) Enquête nationale auprès des jeunes 2015 ( [ENJ]).
  • Si la plupart des électeurs votent à un bureau de scrutin le jour de l’élection, les gens pour qui ce n’est pas possible peuvent voter d’une autre façon. Les jeunes électeurs sont moins au courant des autres façons de voter que les électeurs plus âgés. (ENJ)
    • En 2015, 54 % des nouveaux électeurs de 18 à 22 ans pensaient que la seule façon de voter était à un bureau de vote le jour de l’élection. Cette proportion s’établissait à 29 % pour les adultes plus âgés. De plus, les jeunes de 18 à 22 ans étaient plus susceptibles d’affirmer qu’il était plutôt difficile de trouver de l’information sur les différentes façons de voter que les adultes plus âgés (19 %, comparativement à 7 %) (ENJ).
    • La connaissance des autres façons de voter varie entre les différents groupes de jeunes. Ceux qui n’ont pas d’emploi sont les moins bien informés (62 % croyaient qu’il n’y avait qu’une seule façon de voter). Les jeunes vivant en milieu rural et ceux ayant une incapacité sont mieux informés, mais se classent tout de même bien en deçà des adultes plus âgés (50 % des électeurs appartenant à ces deux groupes n’étaient pas au courant des autres façons de voter) (ENJ)
  • Le vote aux bureaux de vote par anticipation est la façon de voter d’avance la plus populaire. Or, en 2015, seulement 25 % des nouveaux électeurs connaissaient cette façon de voter, comparativement à 65 % des adultes plus âgés (35 ans et plus). (ENJ)
  • Malgré leur niveau de connaissance inférieur et leur difficulté à trouver l’information, les nouveaux électeurs (30 %) étaient plus nombreux à avoir utilisé le service d’inscription en ligne d’Élections Canada dans les 12 derniers mois que les adultes plus âgés (12 %). (ENJ)

Inscription

Les jeunes déménagent souvent, que ce soit pour le travail ou les études. Il peut donc leur être difficile de présenter une preuve d’adresse, de s’inscrire ou de mettre à jour leurs renseignements. Ils sont aussi moins nombreux à recevoir une carte d’information de l’électeur (CIE).

  • Les jeunes électeurs sont moins nombreux à être inscrits au Registre national des électeurs que les électeurs plus âgés. En 2019, des 369 000 jeunes de 18 ans ayant qualité d’électeur, seuls 121 000 étaient inscrits au Registre, soit 33 %. Ce pourcentage passait à 56 % pour les électeurs de 19 ans, à 68 % pour les électeurs de 20 ans, à 75 % pour les électeurs de 21 ans et à plus de 80 % pour les électeurs de 22 ans et plus. On estime qu’environ 99 % des électeurs de 35 ans sont inscrits au Registre (mise à jour du Registre national des électeurs).
  • Ce faible taux d’inscription indique que ce sont les jeunes électeurs qui bénéficient le plus des activités d’inscription et de révision en période électorale. En 2015, le taux d’inscription des électeurs de 18 ans est passé de 27 % au déclenchement de l’élection à 65 % le jour de l’élection, une hausse de 38 points de pourcentage (Rapport rétrospectif de 2015).
  • Compte tenu de ce faible taux d’inscription, il n’est pas surprenant qu’en 2015, les nouveaux électeurs étaient moins nombreux à recevoir une CIE (69 %) que les jeunes en général (76 %) et les adultes plus âgés (94 %). Parmi les jeunes électeurs, les Autochtones et les électeurs sans emploi étaient les moins nombreux à affirmer avoir reçu une CIE (respectivement 66 % et 67 %) (ENJ).
  • Ces résultats pourraient s’expliquer en partie par une plus grande mobilité résidentielle chez les jeunes de 20 à 29 ans que dans tout autre groupe d’âge (calculée à partir des données du Recensement de 2016). En 2016, 26 % des Canadiens de 20 à 24 ans et 29,2 % des Canadiens de 25 à 29 ans avaient déménagé dans les 12 derniers mois. Pour la population globale, ce taux était établi à 13 %. Pour un électeur, un déménagement récent signifie parfois que son inscription n’est pas à jour, et qu’il est plus difficile de présenter une preuve d’adresse actuelle.

Pièces d’identité

L’exigence de prouver son identité et son adresse est un obstacle important au vote des jeunes.

  • En 2015, 7,6 % des Canadiens ont indiqué ne pas avoir voté en raison du processus électoral. Les jeunes de 18 à 24 ans étaient plus portés à affirmer ne pas avoir voté pour cette raison (11,5 %). Parmi les nouveaux électeurs, 4,6 % ont indiqué ne pas pouvoir prouver leur identité ou leur adresse, comparativement à 2,7 % de la population globale. Les jeunes électeurs étaient aussi plus nombreux à quitter le bureau de vote sans avoir voté parce qu’ils ne pouvaient pas prouver leur identité ou leur adresse (Enquête sur la population active).
  • En comparant les votants et les non-votants ayant affirmé qu’il était plutôt difficile ou très difficile de prouver leur identité et leur adresse, Élections Canada a relevé certaines différences. En tout, 12 % des jeunes non-votants avaient l’impression qu’il leur serait plutôt difficile ou très difficile de prouver leur identité et leur adresse, comparativement à 5 % des jeunes votants. Parmi les jeunes électeurs handicapés et les jeunes qui étaient membres de communautés ethnoculturelles, ceux qui n’avaient pas voté (24 % et 14 % respectivement) étaient plus portés à croire qu’il leur serait difficile de prouver leur identité et leur adresse que ceux qui avaient voté (11 % et 5 %) (ENJ).

Intérêt et attitude à l’égard du vote

L’attitude des jeunes électeurs par rapport au vote est différente de celle de leurs aînés. Cela explique en partie l’écart entre la participation des jeunes et celle des adultes plus âgés.

  • Les chercheurs ont observé depuis longtemps que le taux de participation est plus élevé lorsque le vote est perçu comme un devoir civique, plutôt que comme un choix. Près de la moitié (48 %) des nouveaux électeurs de 18 à 22 ans considéraient le vote comme un choix et 44 %, comme un devoir. Les adultes plus âgés étaient plus nombreux à considérer le vote comme un devoir (64 %) et non comme un choix (36 %). Les jeunes de 18 à 34 ans sans emploi étaient particulièrement susceptibles de considérer le vote comme un choix (60 %) (ENJ).
  • Les nouveaux électeurs (46 %) expriment moins d’intérêt envers l’élection que les jeunes de 30 à 34 ans (52 %) et les adultes plus âgés (76 %) (ENJ).
  • Le quart (24 %) des nouveaux électeurs de 18 à 22 ans ont affirmé ne pas s’intéresser à la politique canadienne, comparativement à 7 % des adultes plus âgés (ENJ). Ce sont les jeunes électeurs sans emploi qui ont exprimé le moins d’intérêt envers la politique canadienne; près du tiers (31 %) ont affirmé ne pas s’y intéresser (ENJ).
  • Près de la moitié (46 %) des nouveaux électeurs de 18 à 22 ans ne « [pensent] pas que le gouvernement se soucie de ce que pensent les gens comme [eux] ». Cette proportion est très semblable à celle des autres groupes d’âge, dont les adultes plus âgés, mais elle est plus élevée chez les jeunes Autochtones (59 %), les jeunes électeurs handicapés (55 %) et les jeunes qui n’ont pas d’emploi (55 %) (ENJ).
  • La moitié (50 %) des nouveaux électeurs de 18 à 22 ans estiment que « parfois, la politique et le gouvernement semblent si compliqués qu’une personne comme [eux] ne peut pas vraiment comprendre ce qui se passe ». Cette proportion s’élève à 58 % chez les jeunes Autochtones et à 57 % chez les jeunes membres de communautés ethnoculturelles (ENJ).

Mobilisation

Les jeunes électeurs sont moins susceptibles d’être mobilisés par des partis politiques et des candidats ou de discuter de politique avec leur famille, ce qui a une incidence sur leur engagement.

  • Seuls 23 % des nouveaux électeurs ont été contactés par un parti politique ou un candidat lors de l’élection fédérale de 2015, comparativement à 29 % de la totalité des jeunes de 18 à 34 ans et à 59 % des adultes plus âgés (ENJ).
  • Les jeunes sont aussi moins nombreux à affirmer que leur famille discutait souvent de politique quand ils étaient enfants. Cette proportion s’élève à 22 % chez les nouveaux électeurs (18 à 22 ans) et à 33 % chez les adultes de 35 ans et plus. Ces résultats sont révélateurs, car la famille est l’un des milieux sociaux où les électeurs de 18 à 22 ans discutent le plus de ce sujet (31 %); en comparaison, 22 % ont affirmé en discuter avec leurs amis, 12 % avec leur conjoint ou partenaire, 18 % avec leurs camarades de classe et 15 % avec leurs collègues (ENJ).
Note de recherche : La définition de « jeune » varie d’une étude à l’autre, et beaucoup des données disponibles sur les jeunes et la participation politique portent sur les électeurs de 18 à 34 ans. Comme Élections Canada s’intéresse surtout aux nouveaux électeurs, nous utilisons le groupe d’âge « 18 à 24 ans » comme indicateur et nous présentons, autant que possible, des données sur ce groupe. Dans ce document, « adultes plus âgés » s’entend des personnes de 35 ans et plus.

Le saviez-vous?

Il ne faut pas confondre un électeur et un votant. Un électeur désigne tout citoyen canadien âgé de 18 ans et plus. Un votant est un citoyen canadien qui a voté.

Visitez le site Web d’Inspirer la démocratie pour consulter d’autres études et obtenir des outils d’Élections Canada sur la participation des jeunes.

Consultez la page Renseignements pour les nouveaux électeurs – Jeunes afin de voir les programmes et services offerts pour éliminer les obstacles au vote auxquels se heurtent les nouveaux électeurs .

Visitez le site Web d’Inspirer la démocratie pour savoir comment Élections Canada, en collaboration avec son réseau d’organismes intervenants, travaille à éliminer certains obstacles à la participation aux élections.

flèche vers le haut Haut de la page