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Électeurs autochtones

Les électeurs autochtones sont les membres des Premières Nations, les Inuits et les Métis âgés de 18 ans et plus, vivant ou non dans une réserve. Chaque groupe possède sa propre histoire et sa propre expérience en ce qui a trait au vote aux élections fédérales.

Les Métis ont toujours eu les mêmes droits que les autres Canadiens en ce qui concerne le droit de vote aux élections fédérales. À quelques exceptions près pour les anciens combattants, la Loi du cens électoral fédéral de 1934 privait du droit de vote aux élections fédérales les membres des Premières Nations vivant dans les réserves de même que les Inuits. Le droit de vote des Inuits a été entièrement rétabli en 1950, mais leur accès aux services électoraux est resté limité pendant de nombreuses années par la suite. Ce n’est qu’en 1960 que le Canada a accordé le droit de vote sans condition aux « Indiens », permettant ainsi aux membres des Premières Nations de voter sans la perte de leur statut.

Considérant ce passé récent de privation du droit de vote pour beaucoup d’Autochtones, on observe un écart quant à la participation électorale. Les électeurs autochtones votent en moins grand nombre que les électeurs non autochtones. Cet écart s'est réduit à l'élection générale de 2015 (42e EG), mais nos recherches montrent que les électeurs autochtones se heurtent encore à plusieurs obstacles à la participation aux élections fédérales.

Inscription

L'inscription a été problématique pour les électeurs autochtones à l'élection générale de 2015.

  • Le Sondage auprès des électeurs (SAE) de 2015 indique que les électeurs autochtones étaient aussi nombreux à savoir qu'ils devaient être inscrits pour voter que les électeurs non autochtones, mais qu'ils étaient un peu moins nombreux à connaître l'existence du Service d'inscription en ligne des électeurs (45 %, comparativement à 49 %).
  • Un pourcentage plus faible d'électeurs autochtones ont reçu une carte d'information de l'électeur en 2015 (82 %) que d'électeurs non autochtones (92 %) (SAE).
  • En 2015, 19 % des jeunes Autochtones ont affirmé qu'il était plutôt difficile ou très difficile de trouver de l'information sur l'inscription au vote, comparativement à 8 % pour l'ensemble des jeunes de 18 à 34 ans.
  • Notre examen administratif des interruptions du vote dans les réserves des Premières Nations à l'élection générale de 2015 indiquait que dans les réserves, les listes électorales sont souvent moins complètes et à jour que dans d'autres régions du pays. Cette situation s'explique d'abord par le fait que la révision ciblée est moins efficace dans les régions isolées et ensuite, par l'impossibilité, pour le Service d'inscription en ligne des électeurs, de traiter les adresses atypiques que l'on trouve dans plusieurs réserves.

Pièces d'identité

Les électeurs autochtones ont affirmé que les exigences d'identification constituaient un obstacle administratif au vote à l'élection générale de 2015.

  • En 2015, 4,6 % des électeurs autochtones vivant hors réserve ont affirmé ne pas avoir voté parce qu'ils ne pouvaient pas prouver leur identité ou leur adresse (EPA), comparativement à 2,7 % de tous les non-votants ayant participé au sondage.
  • Bien que la majorité des électeurs autochtones n'aient eu aucun problème à présenter les pièces d'identité requises, ce groupe était moins susceptible d'utiliser un permis de conduire que les électeurs non autochtones (75 %, comparativement à 91 %). À l'élection générale de 2015, 80 % des électeurs autochtones ont présenté une seule pièce d'identité pour prouver leur identité et leur adresse, comparativement à 93 % des électeurs non autochtones. En tout, 14 % des électeurs autochtones ont affirmé avoir utilisé leur certificat de statut d'Indien comme preuve d'identité (SAE).
  • Lors du sondage en ligne de l'APN en 2015, 21 % des répondants des Premières Nations ont indiqué que les exigences d'identification étaient un obstacle au vote, ce qui correspond à une hausse de 14 points de pourcentage par rapport aux élections précédentes.
  • Bien que la vaste majorité des électeurs aient trouvé facile de prouver leur identité et leur adresse à l'élection générale de 2015, 9 % des jeunes électeurs autochtones ont trouvé cela difficile, comparativement à 5 % de tous les jeunes électeurs (âgés de 18 à 34 ans).

Accès aux services électoraux

Les électeurs des Premières Nations vivant dans les réserves ont eu plus de difficulté à accéder aux services électoraux que les autres électeurs canadiens.

  • Beaucoup de communautés des Premières Nations sont situées dans des régions éloignées, et leur accès à l'information, aux bureaux de vote par anticipation et aux bureaux de vote n'est pas nécessairement le même que celui des populations plus urbaines. Le pourcentage de jeunes Autochtones en désaccord avec le fait qu'il était facile et commode de voter s'élevait à 19 %, par rapport à 11 % des jeunes en général (âgés de 18 à 34 ans) (ENJ).
  • Dans de nombreux bureaux de vote partout au pays, la participation électorale était plus élevée en 2015 qu'aux élections précédentes, ce qui a entraîné des files d'attente pour s'inscrire et voter. Certains électeurs autochtones dans les réserves ont dû attendre dans une autre file avant de pouvoir s'inscrire et voter, afin d'obtenir une Lettre de confirmation de résidence auprès de leur bureau de conseil de bande pour prouver leur adresse.

Connaissances et intérêt

Les résultats du sondage montrent que les électeurs autochtones tendent à moins bien connaître le processus électoral que les électeurs non autochtones. Cela peut être attribuable, entre autres, à un intérêt légèrement moins élevé pour la politique et les élections fédérales de la part des électeurs autochtones.

  • Selon le SAE, l'intérêt des électeurs autochtones pour la politique a augmenté de 2008 (62 %) à 2011 (69 %), puis à 2015 (74 %). En 2015, 74 % des répondants autochtones se sont dits intéressés par la politique, comparativement à 82 % pour l'ensemble de la population.
  • Les électeurs des Premières Nations qui ont répondu au sondage en ligne de l'APN ont indiqué que le manque d'information (15 %), le manque de clarté dans l'information fournie (6 %) et leur manque de connaissances sur la politique fédérale (16 %) sont des obstacles au vote pour les électeurs des Premières Nations.
  • En 2015, les jeunes Autochtones étaient plus portés à affirmer qu'ils ne discutaient jamais de la politique et du gouvernement à la maison (31 %) que l'ensemble des jeunes (23 %) (ENJ).
  • En 2015, 30 % des jeunes Autochtones ont répondu correctement à au moins quatre des cinq questions visant à tester leur connaissance de la politique, comparativement à 43 % de l'ensemble des jeunes (ENJ).

Sentiment d'appartenance et confiance

Certains électeurs autochtones estiment que le système électoral fédéral ne les concerne pas et sont moins portés à faire confiance aux élections fédérales.

  • Le rapport de l'APN examinant la participation des Premières Nations à l'élection générale de 2015 indiquait que de nombreux électeurs des Premières Nations perçoivent la politique électorale fédérale canadienne comme un système étranger qui leur a été imposé. Dans le sondage en ligne de l'APN de 2015, les répondants des Premières Nations ont mentionné la faible pertinence (8 %) et la faible importance (5 %) de la politique fédérale comme obstacles à la participation.
  • Les électeurs autochtones étaient beaucoup moins susceptibles d'avoir un niveau de confiance très élevé quant à l'exactitude des résultats de l'élection dans leur circonscription (48 %), comparativement aux électeurs non autochtones (67 %) (SAE).
  • En 2015, les électeurs autochtones (57 %) étaient moins susceptibles que les électeurs non autochtones (68 %) d'affirmer qu'Élections Canada avait géré l'élection de façon très équitable (SAE).
Note de recherche : Au sens de l'Enquête sur la population active, les électeurs autochtones sont les répondants métis, inuits et des Premières Nations. Les données sur les électeurs autochtones ne comprennent pas celles sur les répondants des territoires ni sur les individus qui vivent dans les réserves ou dans d'autres établissements  autochtones. Pour discuter de ces résultats, nous utilisons le terme « électeurs autochtones qui vivent hors réserve » comme raccourci.

Le saviez-vous?

Il ne faut pas confondre un électeur et un votant. Un électeur désigne tout citoyen canadien âgé de 18 ans et plus. Un votant est un citoyen canadien qui a voté.

Consultez la page Renseignements pour les électeurs autochtones afin de voir les programmes et services offerts pour éliminer les obstacles au vote auxquels se heurtent les électeurs autochtones. 

Visitez le site Web d'Inspirer la démocratie pour savoir comment Élections Canada, en collaboration avec son réseau d'organismes intervenants, travaille à éliminer certains obstacles à la participation aux élections.

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