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Résultats du sondage d'opinion publique de l'élection générale 2004 40e élection générale fédérale

Sommaire

Dans le cadre de l'évaluation de l'élection générale de 2004, Élections Canada a développé et conduit un sondage national des électeurs. Le présent rapport donne un aperçu de la méthodologie et décrit les résultats obtenus.

Les résultats sont présentés sous quatre grands thèmes : information aux électeurs, campagne de publicité, participation électorale et attitudes des électeurs.

La carte d'information de l'électeur s'avère un outil d'information efficace, ayant été rapportée par 55 % des répondants comme étant leur principale source d'information sur les procédures de vote. Près de 85 % des répondants (un peu moins parmi les jeunes et les électeurs autochtones) ont dit avoir reçu leur carte d'information et environ 95 % d'entre eux n'ont rapporté aucune erreur.

Parmi les répondants qui n'ont pas reçu de carte d'information ou dont la carte comportait des erreurs, 42 % ont dit avoir entrepris des démarches pour remédier à la situation, principalement en appelant au numéro sans frais d'Élections Canada ou en se rendant au bureau de vote le jour d'élection. Les jeunes sont proportionnellement plus nombreux à avoir entrepris des démarches d'inscription, et plus souvent au bureau de vote le jour d'élection. Pour leur part, les répondants autochtones étaient moins enclins à entreprendre de telles démarches.

La campagne de publicité semble avoir été bien remarquée et a suscité des réactions généralement très positives. Près d'un répondant sur deux (49 %) a dit se rappeler avoir vu ou entendu une publicité non partisane encourageant les gens à voter, et 56 % se souvenaient avoir entendu le slogan « Pourquoi se taire quand tout le monde écoute? ». Les publicités diffusées dans le cadre de la campagne nationale ont suscité des réactions positives dans 61 % des cas. Quant au volet de la campagne visant expressément les électeurs autochtones, 24 % de ces électeurs ont dit avoir vu ou entendu une des publicités et 54 % d'entre eux ont dit avoir eu une réaction positive.

Parmi les électeurs qui ont déclaré avoir voté, l'expérience électorale s'est avérée facile et satisfaisante pour la grande majorité. Les résultats confirment que les jeunes et les électeurs autochtones votent dans des proportions moindres. Ces deux groupes considèrent par ailleurs les méthodes de vote légèrement moins faciles et affichent des taux de satisfaction légèrement inférieurs concernant leur expérience électorale.

Les taux de satisfaction par rapport à la distance à parcourir pour se rendre au bureau de vote, à la clarté de l'information reçue sur place et à la langue parlée au bureau de vote, oscillent entre 90 % et 96 %. Les niveaux de satisfaction sont légèrement moindres parmi les jeunes (en particulier relativement à la distance pour se rendre au bureau de vote) et chez les électeurs autochtones (de façon plus marquée concernant la clarté de l'information reçue).

Parmi les répondants qui ont déclaré ne pas avoir voté, les principales raisons évoquées sont le manque d'intérêt, le manque d'empathie pour les candidats et le manque de disponibilité pour des raisons professionnelles ou familiales. Le profil est similaire dans tous les groupes d'âge.

Enfin, la majorité des répondants considèrent que le vote est un devoir civique, que chaque vote compte et que les enjeux politiques actuels sont accessibles à la plupart des citoyens. Alors que la moitié des répondants ont dit avoir suivi la campagne avec un certain intérêt, 25 % ont trouvé qu'aucun des partis n'avaient traité des enjeux réellement importants pour eux. À ce chapitre, les jeunes ont eu plus tendance que les électeurs plus âgés à sentir que les enjeux de la campagne étaient importants pour eux personnellement. Des niveaux de cynisme plus élevés sont observés chez les répondants autochtones, particulièrement ceux des Premières nations vivant sur réserve. Cependant dans l'ensemble, les données confirment l'utilité des campagnes d'information et d'éducation visant les jeunes et les électeurs autochtones.

Introduction

Dans le cadre de l'évaluation de la 38e élection générale, Élections Canada a mené un sondage national auprès des électeurs afin de connaître les opinions, les attitudes et les connaissances du grand public à l'égard de ses services et divers autres aspects du processus électoral. Élections Canada souhaitait également évaluer certains aspects de l'expérience personnelle de l'inscription et du vote. La firme EKOS Research Associates a été retenue pour développer la méthodologie et effectuer les entrevues téléphoniques, sous la direction de Mme Susan Galley, vice-présidente principale.

Au cours des dernières années, Élections Canada a déployé des efforts particuliers pour rejoindre certains segments de l'électorat reconnus pour leur plus faible participation aux élections fédérales. Les initiatives ont principalement ciblé les jeunes et les électeurs autochtones. Les sondages nationaux constituent une excellente occasion de cerner les

dynamiques propres à certains groupes. Afin d'obtenir un nombre suffisamment grand de jeunes électeurs et d'électeurs autochtones, ces deux groupes ont été suréchantillonnés â€" leur proportion dans l'échantillon excède leur proportion réelle dans la population. Le suréchantillon d'électeurs autochtones comprend des électeurs métis, inuits et des Premières nations vivant sur réserve et hors réserve, tant dans des milieux ruraux qu'urbains.

Élections Canada a également participé à l'Étude électorale canadienne de 2004. Depuis 1997, Élections Canada est partenaire de ce projet de recherche universitaire mené à l'occasion de chaque élection générale fédérale depuis 1968 (à l'exception de 1972). En 2004, l'étude a été dirigée par les professeurs André Blais et Patrick Fournier (Université de Montréal), Elisabeth Gidengil (Université McGill), Joanna Everitt (Université du Nouveau- Brunswick à Saint John) et Neil Nevitte (Université de Toronto). Dans le cadre de cette collaboration, Élections Canada a élaboré un certain nombre de questions au sujet des divers enjeux liés au processus électoral fédéral.

Méthodologie

Entre le 29 juin et le 12 juillet 2004, la firme Ekos Research Associates a mené, pour le compte d'Élections Canada, 2 822 entrevues téléphoniques auprès d'électeurs canadiens (citoyens canadiens de 18 ans et plus). La marge d'erreur pour cet échantillon est de ± 1,9 %, 19 fois sur 20note 2. La distribution des variables sociodémographiques dans l'échantillon est présentée dans le tableau 1.

Un suréchantillon de 200 électeurs âgés de 18 à 24 ans se combinait aux 211 obtenus de façon aléatoire pour un total de 411 « jeunesnote 3 ». La marge d'erreur pour ce groupe est de ± 5,0 %. D'autre part, l'échantillonnage comprenait un suréchantillon de 600 électeurs autochtones, pour un total de 630 électeurs autochtones dans l'échantillon et une marge d'erreur de ± 4,0 %. Les répondants autochtones ont été regroupés selon leur appartenance aux Premières nations, aux Métis et aux Inuits. Pour les répondants des Premières nations, une distinction a été faite selon qu'ils habitaient sur réserve ou hors réserve.

Tableau 1 : Échantillon du sondage d'Élections Canada : données sociodémographiques
Variables sociodémographiques nnote 4 % Margin of error (%)
Sexe Homme 1 373 49 ± 2,7
Femme 1 449 51 ± 2,6
Groupes d’âge 18-24 (« jeunes ») 411 15 ± 4,9
25-34 482 18 ± 4,6
35-44 580 21 ± 4,2
45-54 491 18 ± 4,5
55-64 317 12 ± 5,6
65 ans et plus 424 16 ± 4,9
Langue maternelle Anglais 1 848 66 ± 2,3
Français 656 23 ± 3,9
Autre 309 11 ± 5,7
Lieu de naissance Canada 2 441 87 ± 2,0
Autre 363 13 ± 5,2
Période d'immigration Avant 1970 204 60 ± 7,0
1970 et après 138 40 ± 8,5
Niveau d'éducation Primaire/Secondaire/Aucun 1 043 37 ± 3,1
Technique/Collège/Cégep 746 27 ± 3,7
Université 1 004 36 ± 3,2
Revenu familial Moins de 20 000 $ 351 15 ± 5,3
de 20 000 à 39 999 $ 602 25 ± 4,1
de 40 000 à 59 999 $ 552 23 ± 4,3
de 60 000 à 89 999 $ 478 20 ± 4,6
90 000 $ et plus 383 17 ± 5,1
Indicateur rural-urbain Rural 593 21 ± 4,1
Urbain 2 202 79 ± 2,1
Autochtonesnote 5 Premières nations sur réserve 273 43 ± 6,1
Premières nations hors réserve 191 30 ± 7,2
Inuits, Métis 166 26 ± 7,8
Total des Autochtones 630 100 ± 4,0
Total des Autochtones 2 822 100 ± 4,0


Par ailleurs, des quotas ont été utilisés pour assurer une représentativité suffisante de chaque province et territoire. comme l'illustre le tableau 2, l'Île-du-Prince-Édouard a été regroupée avec la Nouvelle-Écosse et les trois territoires ont été fusionnés. En effectuant les combinaisons nécessaires, la distribution régionale permet des marges d'erreur inférieures à ± 6,9 %.

Tableau 2 : Échantillon du sondage d'Élections Canada : répartition par région
Représentation géographique n % Marge d'erreur (%)
Colombie-Britannique 391 14 ± 5,1
Prairies et territoires 496 18 ± 4,5
Alberta 276 10 ± 6,0
Saskatchewan 90 3 ± 10,5
Manitoba 107 4 ± 9,7
Territoires 22 1 ± 21,3
Ontario 1 063 38 ± 3,1
Québec 660 23 ± 3,9
Provinces de l'Altantique 213 8 ± 6,9
Nouveau-Brunswick 68 2 ± 12,2
Nouvelle-Écosse et Île-du-Prince-Édouard 97 3 ± 10,2
Terre-Neuve-et-Labrador 48 2 ± 14,4
Canada 2 822 100 ±1.9

Les données ont été pondérées en tenant compte de l'âge, du sexe et de la province de résidence (données du recensement de 2001).

Présentation des résultats

La prochaine section du rapport présente les principales observations sur l'échantillon général, sur le suréchantillon de jeunes et sur celui d'électeurs autochtones, ainsi que des faits saillants issus de la ventilation selon le sexe, l'âge, la langue maternelle, le lieu de naissance, la période d'immigration, le niveau d'éducation et le revenu familial. Les données sont regroupées sous quatre thèmes : information aux électeurs, campagne de publicité, participation électorale et attitudes des électeurs.

1.2 Information aux électeurs

Conformément à l'article 18 de la Loi électorale du Canada, le directeur général des élections met en Å"uvre des programme d'information et d'éducation en vue de mieux faire connaître le processus électoral à la population. Cette fonction vise à assurer que les électeurs sont informés sur leur droit de vote et les façons de s'en prévaloir. En période d'élection, Élections Canada mène une campagne de publicité nationale utilisant plusieurs médias, dont la télévision, la radio et les quotidiens nationaux. Un volet de cette campagne, qui s'adresse spécifiquement aux électeurs autochtones, est constitué d'annonces dans les journaux autochtones, de messages diffusés sur les stations de radio autochtones (dans les deux langues officielles et en inuktitut), et d'annonces diffusées sur l'Aboriginal Peoples Television Network et CBC North. Le site Web (www.elections.ca) et le numéro de téléphone 1 800, doté en 2004 d'un nouveau système de réponse vocale, comptent également parmi les outils d'information les plus accessibles.

D'autre part, certaines informations importantes sont livrées directement aux électeurs par l'entremise des cartes d'information de l'électeur. En vertu de la Loi électorale du Canada, au plus tard le 24e jour précédant le jour du scrutin, les directeurs du scrutin font parvenir des cartes d'information adressées personnellement à tous les électeurs inscrits sur les listes électorales pour les informer des heures du scrutin et du bureau de vote qui leur est attitré. Pour la première fois lors d'une élection générale, une semaine après l'envoi des cartes

d'information personnalisées, Élections Canada a distribué une carte de rappel générique (non personnalisée) à tous les foyers desservis par Postes Canada. Cette carte décrivait la marche à suivre pour les électeurs n'ayant pas reçu de carte d'information personnalisée ou dont la carte présentait des renseignements inexacts.

Sources d'information sur les procédures de vote

De toutes les sources d'information disponibles au sujet des procédures de vote, près de 55 % des répondants ont identifié la carte d'information de l'électeur comme étant la plus importante (voir la figure 1). Suivent ensuite, dans l'ordre, la télévision, les journaux, Élections Canada, et le réseau social (la famille et les amis). Par ailleurs, près de 5 % des répondants ont déclaré n'avoir consulté aucune source d'information particulière.

La prépondérance de la carte d'information de l'électeur est peut-être attribuable, au moins en partie, à l'ampleur de sa distribution et au fait qu'elle contient l'ensemble des informations nécessaires pour pouvoir voter. La carte d'information de l'électeur a été la plus souvent citée, peu importe les caractéristiques sociodémographiques des répondants. Toutefois, les jeunes et les membres des Premières nations vivant sur réserve ont été proportionnellement moins nombreux à identifier la carte d'information comme étant leur principale source d'information, avec respectivement 33 % et 34 %. Ce phénomène n'est sans doute pas étranger au fait que les membres de ces groupes ont été moins nombreux à recevoir une carte (voir la section suivante sur la carte d'information de l'électeur).

Figure 1 : Sources d'information sur le processus de vote

Figure 1 : Sources d'information sur le processus de vote

Les jeunes ont été proportionnellement plus nombreux que les groupes plus âgés à identifier leurs parents et amis (17 %) et le Web (5 %) comme principale source d'information sur les procédures de vote. Les parents et les amis constituent également une source d'information privilégiée pour les répondants des Premières nations vivant sur réserve (7 %). Chez ces derniers, 4 % ont également mentionné le bureau de leur conseil de bande comme principale source d'information.

Sur le plan géographique, les francophones du pays et les résidents du Québec ont cité la carte d'information de l'électeur comme leur principale source d'information dans des proportions inférieures (45 % et 46 % respectivement), alors que ceux de l'Ontario l'ont citée dans une proportion plus élevée (60 %).

Dans l'ensemble de l'échantillon national, la tendance à identifier la carte d'information de l'électeur comme principale source d'information s'accroît en fonction du niveau de scolarité et du revenu familial, principalement au détriment de la télévision.

Cartes d'information de l'électeur

Un peu plus de 84 % de l'ensemble des répondants ont dit avoir reçu une carte d'information qui leur était adressée personnellement, alors que 15 % ont déclaré ne pas en avoir reçu du tout. Parmi les jeunes et les répondants autochtones, 65 % et 64 % respectivement se souvenaient avoir reçu une carte qui leur était adressée. Cette proportion est légèrement plus faible parmi les membres des Premières nations vivant sur réserve (61 %).

Figure 2 : Cartes d'information de l'électeur

Figure 2 : Cartes d'information de l'électeur

Le fait de se souvenir avoir reçu une carte d'information augmente proportionnellement selon le niveau de scolarité et le revenu familial. Les répondants francophones du pays et répondants habitant au Québec sont aussi proportionnellement plus nombreux à se souvenir avoir reçu leur carte.

Parmi les répondants qui ont déclaré avoir reçu une carte d'information, 4 % ont indiqué que celle-ci, bien qu'elle leur était adressée personnellement, contenait des renseignements inexacts. D'autre part, près de 10 % ont dit avoir reçu une carte adressée à une personne déménagée ou n'habitant pas à leur domicile â€" moins de 2 % ont reçu uniquement une carte adressée à quelqu'un d'autre. Les répondants autochtones ont été plus nombreux à recevoir une carte adressée à quelqu'un d'autre (15 %), en particulier les membres des Premières nations vivant hors réserve (19 %).

Inscriptions et corrections

Chez les répondants qui ont dit ne pas avoir reçu de carte d'information de l'électeur (15 %) ou en avoir reçu une qui contenait des erreurs (4 %), on note que 42 % d'entre eux ont entrepris des démarches en vue de rectifier la situation. Les répondants de moins de 35 ans

ont été plus nombreux à le faire (46 %), alors que les répondants de 35 à 44 ans et ceux de 65 ans et plus ont eu moins tendance à le faire (respectivement 36 % et 39 %).

Chez les répondants autochtones, 23 % ont entrepris de faire ajouter leur nom à la liste ou de corriger les renseignements inexacts. Cette proportion s'établit à 18 % chez les répondants des Premières nations vivant sur réserve.

On remarque que la propension à entreprendre des démarches en ce sens diminue au fur et à mesure qu'augmente le niveau de scolarité et le revenu familial. Par ailleurs, le Québec est la région où l'on a entrepris le moins de démarches (33 %).

Parmi les répondants qui ont entrepris de faire apporter les changements ou s'inscrire, 18 % ont dit l'avoir fait au bureau de vote le jour d'élection. Cette proportion atteint 26 % chez les jeunes et 27 % parmi les répondants nés hors du Canada. Par ailleurs, 20 % des répondants anglophones, contre 12 % des répondants francophones, ont attendu le jour d'élection. Cette proportion est significativement plus faible parmi les répondants du Québec (7 %), de même que parmi les répondants autochtones des Premières nations (moins de 9 %).

Toujours parmi les répondants qui ont entrepris des démarches relativement à l'inscription, 13 % ont plutôt choisi de contacter Élections Canada par téléphone. Dans 6 % des cas (mais moins de 2 % chez les jeunes), les répondants ont téléphoné au numéro inscrit sur leur carte d'information de l'électeur.

Figure 3 : Démarches pour s'inscrire ou faire corriger un renseignement inexact

Figure 3 : Démarches pour s'inscrire ou faire corriger un renseignement inexact

Peu importe la démarche entreprise, 74 % des répondants l'ont qualifiée de relativement facile (23 %) ou très facile (51 %). Il ressort toutefois que les procédures au bureau de scrutin le jour d'élection ont été jugées plus faciles (87 %) que celles faites par l'entremise du numéro 1 800 d'Élections Canada (69 %) ou du numéro apparaissant sur la carte d'information (67 %).

Les répondants de langue maternelle autre que le français ou l'anglais semblent avoir éprouvé plus de difficulté dans leurs démarches pour s'inscrire ou faire corriger un renseignement inexact, tout comme, étonnaMment, les diplômés universitaires.

Du point de vue géographique, on dénote que les répondants de la Colombie-Britannique ont trouvé leurs démarches généralement moins faciles que dans les autres régions. Au Québec, le niveau de difficulté a été qualifié de moyen (ni difficile, ni facile) dans une proportion significativement plus élevée.

Carte de rappel générique

Une semaine après l'envoi des cartes d'information de l'électeur personnalisées, Élections Canada a fait transmettre à toutes les adresses desservies par Postes Canada une carte de rappel générique visant à expliquer les façons de communiquer avec Élections Canada pour s'inscrire ou corriger une inscription, ainsi qu'à rappeler les dates du vote par anticipation et du jour d'élection ainsi que les diverses façons de voter.

Contrairement à la carte d'information personnalisée, moins de la moitié des répondants, soit 46 %, se souvenaient avoir reçu une carte de rappel, une proportion encore plus faible chez l'ensemble des répondants autochtones (38 %) et chez les jeunes de 18 à 24 ans (28 %). Les Femmes sont proportionnellement plus nombreuses à avoir vu la carte de rappel (49 %) que les Hommes (42 %). Sur le plan géographique, les résidents du Québec se souvenaient davantage avoir vu cet avis (52 %), contrairement aux résidents de la Colombie-Britannique (41 %).

Parmi tous les répondants qui se souvenaient avoir reçu une carte de rappel, 55 % ont affirmé qu'elle leur avait été utile (58 % des Femmes contre 51 % des Hommes). La carte de rappel semble avoir été plus utile aux répondants de langue maternelle autre que le français ou l'anglais (63 %) et aux résidents des provinces de l'Atlantique (67 %).

Recherche d'information supplémentaire

Dans l'ensemble, 8 % des répondants ont affirmé avoir recherché activement de l'information additionnelle auprès d'Élections Canada pendant la campagne électorale. Cette proportion est légèrement plus élevée parmi les jeunes et les répondants autochtones (11 % dans les deux cas), tout comme chez les répondants de langue maternelle autre que le français ou l'anglais (12 %). Géographiquement, les résidents de la Colombie-Britannique, des Prairies et des territoires ont eu davantage tendance à chercher de l'information additionnelle que les résidents de l'Ontario, des provinces de l'Atlantique et du Québec.

Les trois principaux types d'information recherchés concernaient les partis politiques (24 %), le lieu du vote (23 %) et les candidats (11 %). La façon la plus fréquemment utilisée pour rechercher de l'information supplémentaire a été de consulter le site Web d'Élections Canada, et ce, dans un peu plus de la moitié des cas (51 %). Cette proportion, plus élevée chez les jeunes (66 %), décroît substantiellement avec l'âge jusqu'à ne comprendre aucun répondant du groupe des 65 ans et plus. La proportion ayant visité le site Web d'Élections Canada s'avère également plus faible parmi les électeurs autochtones (22 %), en particulier parmi ceux des Premières nations vivant sur réserve (12 %). Par ailleurs, la tendance à consulter le site Web d'Élections Canada s'accroît en fonction du revenu familial et du niveau d'éducation.

Information et inscription en bref...
  • La carte d'information de l'électeur s'avère l'outil d'information le plus efficace concernant les procédures de vote.
  • Près de 85 % des répondants ont dit avoir reçu leur carte d'information (moins parmi les jeunes et les électeurs autochtones).
  • 95 % des répondants qui ont reçu une carte d'information de l'électeur n'ont rapporté aucune erreur dans leurs renseignements personnels (un peu moins parmi les jeunes et les électeurs autochtones).
  • Parmi les répondants qui n'ont pas reçu de carte d'information ou dont la carte comportait des erreurs, 42 % ont dit avoir entrepris des démarches pour remédier à la situation, principalement en se rendant au bureau de vote le jour d'élection ou en appelant au numéro sans frais d'Élections Canada.
  • Les jeunes ont déclaré avoir entrepris des démarches dans une proportion légèrement supérieure à l'ensemble des répondants, mais les répondants autochtones étaient les moins portés à entreprendre une démarche en ce sens.
  • Les procédures d'inscription au bureau de vote sont jugées plus simples que les démarches par téléphone.
  • Les membres des Premières nations vivant sur réserve ont rapporté avoir éprouvé plus de difficulté dans leurs démarches d'inscription.

Campagne de publicité

Près de la moitié des répondants (49 %) ont déclaré avoir vu ou entendu une publicité électorale non partisane encourageant les gens à voter. Cette proportion ne varie pas significativement d'un groupe d'âge à l'autre à l'exception du groupe des 65 ans et plus, dont 40 % se rappelaient avoir vu ou entendu une telle publicité. Les répondants autochtones ont également affiché des taux de rappel moins élevés (en moyenne 42 %), surtout ceux des Premières nations vivant hors réserve (37 %). Par ailleurs, la probabilité de se souvenir d'une publicité encourageant les gens à voter s'accroît en fonction du niveau de scolarité et du revenu familial. Géographiquement, cette proportion atteint son plus haut niveau en Ontario (57 %) et son plus bas niveau au Québec (41 %).

Les répondants qui se souvenaient avoir vu ou entendu une publicité non partisane ont été interrogés concernant le message principal. Si un peu moins de la moitié (47 %) y a vu un encouragement général à voter, près d'un répondant sur cinq (18 %) ne se souvenait pas du message. Cette tendance est encore plus accentuée parmi l'ensemble des répondants autochtones (38 %), tout particulièrement chez ceux des Premières nations vivant sur réserve (48 %).

Lorsque questionnés à savoir s'ils pouvaient identifier le commanditaire de la publicité, 23 % des répondants ont correctement identifié Élections Canada, alors que 34 % ont nommé un commanditaire autre qu'Élections Canada (un parti politique, le gouvernement, etc.). Seulement 18 % des jeunes, 11 % des répondants des Premières nations vivant hors réserve et 6 % de ceux vivant sur réserve ont correctement identifié Élections Canada en tant que commanditaire. D'autre part, les Hommes ont plus fréquemment identifié Élections Canada que les Femmes, tout comme les répondants anglophones comparativement aux répondants francophones et ceux de langue maternelle autre. D'autre part, la capacité de noMmer Élections Canada est reliée positivement au niveau d'éducation et au revenu familial.

Les publicités visant à encourager les électeurs à voter semblent avoir été bien accueillies par le public, puisque 61 % des répondants ont affirmé avoir eu une réaction plutôt positive (29 %) ou très positive (32 %). Un peu moins de 10 % de l'ensemble des répondants ont dit avoir eu une réaction négative, spécifiquement 16 % des répondants autochtones et 20 % des membres des Premières nations vivant sur réserve. On observe également une fréquence accrue de réactions négatives du côté des répondants de langue maternelle autre que le français ou l'anglais (19 %) ainsi que parmi les répondants nés hors du Canada (19 %).

Le slogan « Pourquoi se taire quand tout le monde écoute? »

Sans leur rappeler quel était le slogan utilisé par Élections Canada dans les publicités, 17 % des répondants se souvenaient clairement du slogan « Pourquoi se taire quand tout le monde écoute? ». Cette proportion est légèrement plus élevée parmi les diplômés universitaires (21 %) et reliée, de façon générale, au revenu familial. Sur le plan géographique, les résidents de l'Ontario (20 %) et du Québec (18 %) étaient plus susceptibles de se souvenir du slogan que ceux des autres régions (15 % dans les provinces de l'Atlantique et 11 % en Colombie-Britannique et dans les Prairies et les territoires).

Figure 4 : Rappel du slogan « Pourquoi se taire quand tout le monde écoute? »

Figure 4 : Rappel du slogan « Pourquoi se taire quand tout le monde écoute? »

En entendant le slogan de la campagne, 56 % de l'ensemble des répondants s'en sont rappelés, alors que 43 % ne s'en souvenaient toujours pas. Le fait d'entendre le slogan a un effet des plus significatifs chez les jeunes, alors que 63 % ont dit s'en souvenir après l'avoir entendu. Par contre, cette proportion est plus faible (54 %) parmi l'ensemble des répondants autochtones, et diminue encore parmi les répondants de langue maternelle autre que le français ou l'anglais (50 %) et ceux nés ailleurs qu'au Canada (45 %).

Aucune relation n'est apparue entre le fait de se souvenir du slogan et le fait de se souvenir du commanditaire de la publicité. Les répondants qui se sont rappelé le slogan seulement après que l'intervieweur le leur ait rappelé ont été moins nombreux à identifier Élections Canada comme commanditaire (18 %) et plus nombreux à n'avoir aucune idée du commanditaire (62 %) ou à associer le slogan à un parti politique ou une autre organisation (20 %). La proportion de répondants qui n'ont pas été en mesure d'associer le slogan à un commanditaire, soit 63 % de l'ensemble des répondants, est plus élevée chez les jeunes (68 %) et chez les répondants des Premières nations (70 % sur réserve et 74 % hors réserve).

Messages spécifiques ayant trait à l'exercice du vote

Toutes les annonces publicitaires de la campagne comportaient, en plus d'un slogan commun, un message secondaire rattaché à une étape précise du processus électoral. Un des messages annonçait le déclenchement de l'élection générale, un autre précisait la date de l'élection, un troisième rappelait les dates du vote par anticipation et un quatrième traitait de la carte d'information de l'électeur.

Le taux de rappel des messages spécifiques a été de 82 % pour la publicité annonçant la date de l'élection, 62 % pour le message annonçant le déclenchement de l'élection, 60 % pour le message rappelant les dates du vote par anticipation et 54 % concernant la carte d'information de l'électeur. Dans tous les cas, les proportions étaient plus faibles parmi les électeurs les plus jeunes et parmi l'ensemble des répondants autochtones. Aucune relation avec le niveau de scolarité et le revenu familial n'apparaît clairement.

Figure 5 : Rappel des messages spécifiques dans les publicités

Figure 5 : Rappel des messages spécifiques dans les publicités
Impact des publicités sur la propension à voter

Interrogés au sujet de l'impact des publicités d'Élections Canada sur leur décision d'aller voter, 20 % des répondants ont répondu qu'elles avaient eu un impact positif et 79 % ont dit qu'elles n'avaient pas eu d'impact. D'après les réponses obtenues, la campagne de publicité d'Élections Canada aurait eu un effet plus important auprès des jeunes (30 %), des répondants autochtones (32 %), des répondants de langue maternelle autre que le français ou l'anglais (33 %), et des répondants nés à l'extérieur du Canada ayant immigré après 1970 (40 %). Géographiquement, l'effet des publicités semble avoir été légèrement plus significatif chez les répondants de l'Ontario (22 %) et moins important chez ceux des provinces de l'Atlantique (16 %) et du Québec (14 %).

Publicités pour les électeurs autochtones

La campagne de publicité d'Élections Canada comprenait un volet destiné à encourager spécifiquement les électeurs autochtones à exercer leur droit de vote. Une publicité était diffusée sur les chaînes Aboriginal Peoples Television Network et CBC North, des messages étaient diffusés dans une quarantaine de stations de radio locales et des affiches et des dépliants d'information étaient également disponibles en français, en anglais, en inuktitut et dans dix autres langues autochtones. Des questions spécifiques concernant ce volet de la campagne ont été posées au suréchantillon d'électeurs autochtones.

Près d'un répondant autochtone sur quatre, soit 24 %, se rappelait avoir vu ou entendu une publicité d'Élections Canada qui encourageait spécifiquement les électeurs autochtones à voter. Le taux de pénétration a été plus élevé parmi les membres des Premières nations vivant sur réserve (31 %) que parmi ceux vivant hors réserve (20 %), et le plus bas chez les Inuits et les Métis (17 %).

Parmi les répondants autochtones qui avaient vu ou entendu une telle publicité d'Élections Canada, 38 % ont rapporté l'avoir vue à la télévision, 26 % ont dit avoir vu des affiches ou du matériel imprimé et 16 % ont dit l'avoir entendue à la radio. La télévision semble avoir eu un meilleur rayonnement auprès des membres des Premières nations vivant hors réserve, les Inuits et les Métis, alors que le matériel imprimé semble avoir eu une meilleure visibilité auprès des membres des Premières nations vivant sur réserve.

Les réactions à ces publicités ont été positives pour 54 % des répondants autochtones. On note qu'elles ont été plus positives parmi les membres des Premières nations vivant hors réserve (68 %) que parmi ceux vivant sur réserve (52 %) et les Inuits et les Métis (43 %).

Campagne de publicité en bref...
  • La campagne de publicité semble avoir été bien remarquée, avec un répondant sur deux se rappelant avoir vu ou entendu une publicité non partisane encourageant les gens à voter.
  • 56 % des répondants se souvenaient par ailleurs avoir entendu le slogan « Pourquoi se taire quand tout le monde écoute? ». Le slogan semble avoir été mieux retenu des jeunes.
  • Les diverses informations présentées dans chacune des annonces ont été retenues dans des proportions variant de 63 % à 83 % des répondants. Ces proportions sont inférieures chez les électeurs autochtones et parmi les jeunes.
  • Les publicités télévisées d'Élections Canada ont suscité des réactions positives dans 61 % des cas; 54 % des électeurs autochtones ont réagi positivement aux publicités ciblant les électeurs autochtones.

1.4 Participation électorale

Au total, 83 % des répondants ont déclaré avoir voté lors de l'élection du 28 juin 2004. On constate d'emblée que cette donnée ne concorde pas avec le taux de participation officiel de 60,9 %. L'expérience démontre que les sondages électoraux tendent à surestimer le taux de participation électorale de façon systématique. Cette différence s'expliquerait en partie par un phénomène de « désirabilité » sociale (le vote étant généralement un comportement socialement valorisé), et en partie par un biais naturel d'échantillonnage (les personnes les plus susceptibles de voter sont également plus susceptibles d'accepter de répondre à un sondage électoral). Du point de vue de la présente étude et pour les fins de l'analyse, la participation électorale, même autodéclarée, permet néanmoins d'identifier certaines tendances et disparités entre les différents groupes sociodémographiquenote 6.

L'analyse montre d'ailleurs des taux de participation qui varient substantiellement d'un groupe à l'autre. On remarque entre autres que la participation s'avère moins élevée chez les répondants de langue maternelle autre que le français ou l'anglais (79 %), les répondants ayant un niveau de scolarité inférieur au secondaire (78 %), les répondants ayant immigré au Canada après 1970 (76 %), les répondants ayant un revenu familial inférieur à 20 000 $ (71 %) et les répondants autochtones (60 %). Parmi ces derniers, on note que les membres des Premières nations vivant hors réserve ont déclaré avoir voté dans une proportion significativement plus grande que les autres groupes de répondants autochtones.

D'autre part, comme le montre la figure 6, la ventilation par groupe d'âge semble confirmer l'hypothèse d'une forte relation entre l'âge et la participation électorale, un fait maintes fois observé par le passé et amplement documenté. Alors que 68 % des jeunes ont indiqué avoir voté, la participation augmente de façon relativement stable d'un groupe d'âge à l'autre pour atteindre un soMmet de 94 % parmi les électeurs âgés de 55 ans et plus. En outre, la participation tend à s'accroître en fonction du niveau de scolarité et du revenu familial.

Figure 6 : Participation électorale selon l'âge

Figure 6 : Participation électorale selon l'âge

Méthodes de vote

Chez l'ensemble des répondants ayant déclaré avoir voté, 87 % ont dit l'avoir fait dans un bureau de scrutin le jour d'élection (la proportion réelle selon les résultats officiels était de 90 %), 11 % dans un bureau de vote par anticipation (contre une proportion réelle d'un peu plus de 8 %), 2 % par bulletin spécial (contre 1,6 % selon les données officielles).

Les répondants plus âgés ont montré la plus forte propension à se prévaloir du vote par anticipation, avec des proportions dépassant les 17 % chez les 55 ans et plus. Les méthodes utilisées pour voter ne varient pas significativement en fonction des autres caractéristiques sociodémographiques.

Quelle que soit la méthode de vote utilisée, la plupart des répondants l'ont qualifiée de simple ou très simple à utiliser. Ainsi, 93 % de l'ensemble des répondants ont rapporté que les procédures au bureau de vote le jour d'élection étaient très simples (84 %) ou simples (9 %), alors que seulement 3 % ont dit les avoir trouvées compliquées. Cette dernière tendance est plus accentuée chez les répondants autochtones, particulièrement chez ceux des Premières nations habitant sur réserve (10 %).

Raisons de ne pas voter

Parmi tous les répondants qui ont déclaré qu'ils n'avaient pas voté (voir la figure 7), les principales raisons évoquées sont le manque d'intérêt (16 %), le fait de n'aimer aucun des candidats (15 %), et le fait d'être trop occupé au travail (12 %) ou sur le plan de la vie personnelle et familiale (11 %). Les 12 % tombant dans la catégorie « autres » comprennent majoritairement des situations reliées à la santé ou au transport.

Chez les jeunes de 18 à 24 ans, les raisons le plus souvent évoquées étaient, dans l'ordre : le manque d'intérêt (20 %), le manque de temps dû au travail (20 %), le manque de temps en raison d'obligations familiales et personnelles (14 %) et le fait de ne pas savoir pour qui voter (10 %). Parmi les répondants autochtones, les raisons plus courantes concernaient le fait de ne pas savoir pour qui voter (17 %), le manque d'intérêt (11 %) et le fait d'être absent de la circonscription le jour d'élection (11 %). Fait à noter, 8 % des répondants autochtones ont dit ne pas avoir voté parce qu'ils ne savaient pas où et quand aller voter.

Certaines caractéristiques sociodémographiques semblent être en relation avec les raisons évoquées pour ne pas voter. Par exemple, les responsabilités personnelles ou familiales sont rapportées plus fréquemment chez les Femmes que chez les Hommes.

Les répondants francophones sont significativement plus nombreux, dans une proportion de 24 %, à dire qu'ils n'étaient tout simplement pas intéressés, tandis que les répondants anglophones sont plus nombreux à ne pas avoir aimé le choix des candidats (19 %). On note par ailleurs que les répondants de langue maternelle autre que le français ou l'anglais sont plus susceptibles de penser que leur vote ne compte pas ou à déclarer avoir été absents de leur circonscription le jour d'élection.

Les répondants non scolarisés ou de niveau primaire ou secondaire étaient proportionnellement plus nombreux à se dire non intéressés par l'élection, une tendance qui s'atténue au fur et à mesure qu'augmente le niveau de scolarité.

Figure 7 : Raisons de ne pas voter

Figure 7 : Raisons de ne pas voter

1.5 Attitudes concernant l'expérience électorale

Satisfaction de l'expérience au bureau de vote

Les répondants ayant déclaré avoir voté ont été interrogés sur leur niveau de satisfaction par rapport à la distance entre le bureau de scrutin et leur domicile, à la langue parlée et à la clarté de l'information donnée au bureau de scrutin (voir la figure 8). Pour chacun de ces éléments et dans tous les groupes à l'étude, les taux de satisfaction rapportés excèdent les 90 %.

Toutefois, alors que 3 % de l'ensemble des répondants se sont dits insatisfaits de la distance à parcourir pour se rendre au bureau de vote, cette proportion atteint 8 % parmi les répondants autochtones et 10 % parmi ceux des Premières nations vivant sur réserve. Les résidents du Québec et les répondants dont le revenu familial était de moins de 20 000 $ se sont dits également plus insatisfaits de la distance à parcourir pour se rendre au bureau de vote.

De même, alors que moins de 1 % des répondants se sont dits insatisfaits de la langue parlée au bureau de vote, cette proportion atteint 6 % parmi l'ensemble des répondants autochtones. Les répondants de langue maternelle autre que le français ou l'anglais s'en sont également dits légèrement moins satisfaits.

Finalement, 3 % des répondants se sont dits insatisfaits de la clarté de l'information donnée au bureau de scrutin. Cette tendance est un peu plus accentuée chez les répondants ayant un revenu familial inférieur à 20 000 $ (5 %), chez les jeunes (6 %) et chez les répondants autochtones (7 %).

Figure 8 : Mesures de satisfaction (distance, langue, information)

Figure 8 : Mesures de satisfaction (distance, langue, information)

Attitudes générales

S'il existe des facteurs circonstanciels qui peuvent influencer la participation électorale, il existe également des prédispositions latentes observables à travers les attitudes. Celles-ci font partie des facteurs devant être pris en considération dans l'analyse de la participation électorale. Pour les fins du présent sondage, ces attitudes ont été mesurées en demandant aux répondants de quantifier, sur une échelle de 1 à 5, leur degré d'accord avec une série d'énoncés (voir la figure 9).

Lorsqu'on a demandé aux répondants s'ils étaient en accord ou en désaccord avec l'énoncé

« Mon vote ne compte pas vraiment », près des trois quarts (74 %) ont affirmé être en désaccord avec l'affirmation, alors que 17 % ont dit être d'accord. La tendance à être en accord avec cette assertion était nettement plus élevée parmi l'ensemble des répondants autochtones (32 % parmi les membres des Premières nations vivant sur réserve, 25 % parmi ceux vivant hors réserve et 21 % parmi les Métis et les Inuits). Les répondants de langue maternelle autre que le français ou l'anglais, ainsi que ceux nés hors du Canada â€" plus particulièrement ceux ayant immigré avant 1970, ont également eu plus tendance à être en accord avec cet énoncé. L'accroissement du niveau de scolarité et du revenu familial tend à faire diminuer la tendance à être en accord avec cet énoncé.

Les données du présent sondage laissent croire que le vote est toujours perçu comme un devoir civique par une majorité de répondants. En effet, 88 % des répondants étaient d'accord pour dire : « Tous les citoyens ont le devoir de voter aux élections. » Cette proportion diminue significativement parmi les jeunes (80 %) et les membres des Premières nations (77 % hors réserve et 71 % sur réserve). Par ailleurs, les Hommes se sont déclarés légèrement moins en accord avec cet énoncé que les Femmes.

Quant à l'énoncé « Les grands enjeux actuels sont trop compliqués pour la majorité des électeurs », un peu plus de la moitié des répondants, soit 53 %, ont indiqué être en désaccord, contre 23 % en accord. L'opinion des jeunes ne diffère pas significativement des opinions exprimées dans les autres groupes d'âge. On note cependant que les répondants anglophones étaient significativement plus en désaccord, alors qu'au contraire, les répondants des Premières nations vivant sur réserve, les répondants nés hors du Canada ainsi que les résidents du Québec et des provinces de l'Atlantique étaient plus nombreux à être en accord avec l'énoncé. Par ailleurs, l'accroissement du niveau de scolarité et l'augmentation du revenu familial réduisent la tendance à penser que les enjeux actuels sont trop compliqués pour la plupart des électeurs.

Le sondage mesurait également le niveau d'accord avec l'énoncé « Aucun des partis politiques n'a parlé des enjeux qui sont importants pour moi. » Quarante-cinq pour cent des répondants n'étaient pas d'accord avec cet énoncé, contre 26 % qui ont indiqué être en accord. Contrairement à une opinion répandue, selon ces résultats, les jeunes ne sont pas plus susceptibles que les autres groupes d'âge de penser que les enjeux électoraux ne sont pas importants pour eux. Cependant, parmi les répondants autochtones, 37 % étaient d'accord pour dire que les enjeux ne les concernaient pas (29 % chez les Métis, les Inuits et les membres des Premières nations vivant hors réserve, et 38 % parmi ceux vivant sur réserve). De façon générale, l'accroissement du revenu familial est en rapport avec la diminution de ce sentiment d'aliénation.

Figure 9 : Proportions en accord avec des énoncés sur les élections en général

Figure 9 : Proportions en accord avec des énoncés sur les élections en général

Intérêt dans la campagne et connaissance des plateformes électorales

Un peu moins de la moitié des répondants (46 %) ont indiqué avoir suivi la campagne électorale avec un intérêt certain, alors que 27 % ont déclaré ne pas y avoir porté beaucoup d'intérêt. L'âge semble être un facteur déterminant. Alors que 60 % des répondants âgés de 65 ans et plus ont indiqué avoir suivi l'élection attentivement, seulement 30 % des jeunes ont dit en avoir fait autant. Parmi l'ensemble des répondants autochtones, 38 % ont dit avoir suivi la campagne, soit 34 % parmi les Inuits et les Métis ainsi que parmi les membres des Premières nations vivant sur réserve, et 39 % parmi ceux vivant hors réserve. On note toutefois que la proportion de ceux l'ayant suivie très attentivement est à son plus faible chez les jeunes et les répondants autochtones des Premières nations vivant sur réserve.

Le niveau de scolarité ainsi que le revenu familial influencent positivement le niveau d'intérêt porté à la campagne. Les Hommes ont été proportionnellement plus nombreux à indiquer avoir suivi la campagne de près ou très près (53 %) en comparaison des Femmes (39 %). Les répondants nés hors du Canada ont dit l'avoir suivie plus attentivement que l'ensemble des répondants nés au Canada. On observe enfin que les répondants francophones du pays ou les répondants vivant au Québec ont indiqué avoir suivi la campagne moins attentivement que les répondants anglophones ou habitant ailleurs qu'au Québec.

En ce qui concerne la connaissance des politiques et des plateformes électorales des partis, 39 % de l'ensemble des répondants ont déclaré assez bien ou très bien les connaître, alors que 11 % ont admis ne pas les connaître du tout. Les Hommes ont déclaré les connaître beaucoup mieux que les Femmes. Le niveau de connaissance s'avère moins élevé chez les jeunes (25 %) et parmi les répondants autochtones (27 %), tout particulièrement parmi ceux des Premières nations vivant sur réserve (18 %). Les résidents du Québec et ceux des régions rurales en général ont déclaré moins bien connaître les politiques et les plateformes électorales. Par ailleurs, le niveau de connaissance semble être lié au niveau de scolarité et au revenu familial.

Attitudes des électeurs autochtones

Compte tenu du fait que certains enjeux électoraux affectent plus particulièrement les électeurs autochtones, des questions portant sur leurs attitudes ont été posées. Ces attitudes ont aussi été mesurées en quantifiant, sur une échelle de 1 à 5, le degré d'accord avec une série d'énoncés.

Parmi les répondants autochtones, 67 % étaient d'accord pour dire que « les personnes autochtones du Canada seraient en meilleure situation si plus de candidats autochtones étaient élus au Parlement ». Cette proportion atteint 73 % parmi les membres des Premières nations vivant sur réserve, 67 % parmi ceux vivant hors réserve et 58 % parmi les Inuits et les Métis.

Par ailleurs, 54 % des répondants autochtones ont dit qu'ils seraient plus enclins à voter s'il y avait plus de candidats autochtones aux élections fédérales. Cette proportion est plus élevée parmi les membres des Premières nations vivant sur réserve (68 %) que parmi ceux vivant hors réserve (51 %), et significativement plus faible parmi les Inuits et les Métis (36 %).

D'autre part, 61 % des répondants autochtones se sont dits favorables à l'idée de réserver des sièges à la législature pour les peuples autochtones. Cette proportion atteint 70 % chez les répondants des Premières nations vivant sur réserve, 63 % parmi ceux vivant hors réserve et 45 % parmi les Inuits et les Métis.

Un dernier bloc de questions visait à mesurer le sentiment d'appartenance des électeurs autochtones concernant leur famille, leur communauté, leur province ou territoire et du Canada. De façon générale, l'appartenance à la famille s'avère la plus forte, suivie de la communauté d'appartenance, du Canada et enfin de la province ou du territoire. On remarque enfin que les membres des Premières nations vivant hors réserve, les Métis et les Inuits ont exprimé un sentiment d'appartenance pour le Canada en général plus élevé que les répondants des Premières nations vivant sur réserve.

Attitudes par rapport à l'inscription et au vote sur le Web

Des questions du sondage visaient à mesurer la réceptivité des électeurs quant à la possibilité d'utiliser le Web pour les fins de l'inscription (voir la figure 10).

Près de la moitié, soit 48 % des répondants, ont dit qu'ils utiliseraient probablement (14 %) ou très probablement (34 %) le Web pour vérifier leurs renseignements d'électeur si c'était possible de le faire. Les Hommes se sont montrés plus favorables à cette idée que les Femmes, et la faveur varie de façon inversement proportionnelle à l'âge. On note enfin que cette probabilité augmente en fonction du revenu et est plus élevée parmi les répondants des centres urbains que parmi ceux des zones rurales.

Interrogés à savoir s'ils seraient susceptibles d'utiliser le Web pour s'inscrire ou pour modifier leurs renseignements d'électeurs, un peu plus de la moitié, soit 54 %, ont indiqué qu'ils le feraient probablement s'il était possible de le faire. Ici encore, la probabilité décroît en fonction de l'âge et s'accroît en fonction de la scolarité et du revenu familial. Cette probabilité est aussi plus élevée parmi les répondants des centres urbains (58 %) que parmi ceux des zones rurales (42 %), et moins élevée parmi les répondants autochtones (45 %). Ces résultats devraient toutefois être pondérés par l'accessibilité au Web, une variable qui n'était pas mesurée dans le présent sondage.

Figure 10 : Inscription et vote sur le Web

Figure 10 : Inscription et vote sur le Web

Dans le but de suivre l'évolution de l'intérêt des électeurs pour les formes de vote alternatives, le sondage mesurait également les attitudes par rapport au vote sur le Web. Une mince majorité de 52 % des répondants se sont dits favorables à l'idée d'implanter le vote sur le Web pour « faciliter le vote pour le plus grand nombre de gens possible ». Ce niveau atteint 64 % chez les jeunes et décroît de façon linéaire en fonction de l'âge pour atteindre 41 % parmi les électeurs de 55 à 65 ans. D'autre part, 48 % des répondants considèrent que les risques de fraude ou d'erreur sont toujours trop importants pour permettre le vote sur le Web. Cette proportion atteint 55 % parmi les électeurs autochtones.

Enfin, interrogés à savoir s'ils seraient personnellement disposés à voter en ligne, près de la moitié (48 %) des répondants ont répondu par l'affirmative. Les répondants dont le revenu familial était égal ou supérieur à 60 000 $ apparaissent plus favorables à l'idée. Ici encore, la disposition à voter sur le Web est à son plus fort parmi les jeunes (63 %) et décroît de façon constante en fonction de l'âge, pour atteindre son plus bas niveau (24 %) chez les électeurs de 65 ans et plus. De plus, certains groupes se sont montrés moins enclins à voter en ligne, dont les Femmes, les répondants francophones, les répondants ayant une scolarité inférieure ou égale au secondaire, les résidents des zones rurales par rapport aux centres urbains, ainsi que les résidents des Prairies et des territoires et ceux du Québec.

Participation et attitudes en bref...
  • Les jeunes ont indiqué avoir voté dans une proportion de 15 % inférieure à la moyenne des électeurs, et de 26 % inférieure à celle des électeurs de 55 ans et plus.
  • Les électeurs autochtones, pour leur part, ont indiqué avoir voté dans une proportion de 23 % inférieure à la moyenne des électeurs. L'abstention est significativement plus accentuée chez les membres des Premières nations vivant sur réserve.
  • La grande majorité des répondants considèrent que les procédures de vote sont faciles. Les jeunes et les électeurs autochtones considèrent les méthodes de vote légèrement moins faciles.
  • Plus de 90 % des répondants qui ont voté se sont dits satisfaits autant de la distance à parcourir pour se rendre au bureau de vote que de l'information qu'ils ont reçue sur place, et 96 % se sont dits satisfaits de la langue parlée au bureau de vote.
  • Les jeunes se sont montrés légèrement moins satisfaits par rapport à la distance pour se rendre au bureau de vote.
  • Les électeurs autochtones se sont dits légèrement moins satisfaits concernant la clarté de l'information reçue au bureau de scrutin.
  • Les principales raisons évoquées pour ne pas avoir voté sont le manque d'intérêt, le fait de ne pas savoir pour qui voter et le manque de disponibilité. Très peu font valoir des raisons de nature administrative.M

note 1 L'ensemble des questions de l'Étude électorale canadienne de 2004 ainsi que les données de sondage sont disponibles sur le site Web de l'Étude électorale canadienne (www.ces-eec.umontreal.ca).

note 2 Tous les échantillons présentés dans ce rapport sont de type probabiliste. Les marges d'erreur sont basées sur un intervalle de confiance de 95 % (19 fois sur 20).

note 3 Dans la présente étude, le groupe des « jeunes » comprend les électeurs âgés entre 18 et 24 ans inclusivement.

note 4 Le signe n est utilisé pour désigner la taille d'un échantillon.

note 5 Les données présentées, à l'exception du suréchantillon d'électeurs autochtones, sont pondérées en fonction de celles du recensement de 2001.

note 6 À défaut d'une façon de pouvoir contrôler la véracité des réponses données, cette approche suppose que la différence entre le taux réel et la participation autodéclarée est stable d'un groupe à l'autre, et donc indépendante des autres variables affectant la participation électorale.