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Les attitudes des Canadiens à l'égard du vote pendant la pandémie de COVID‑19 – Vague 3

Rapport préparé pour Élections Canada

Peter John Loewen et Eric Merkley
PEARL (Policy, Elections, and Representation Lab)
Munk School of Global Affairs and Public Policy

Université de Toronto

13 octobre 2020

Introduction

Le présent rapport s'appuie sur les deux rapports précédents pour nous aider à mieux comprendre quels sont les effets de la pandémie de COVID‑19 sur l'administration des élections1. Dans ces rapports, nous avons montré comment les risques liés à la pandémie réduisent la probabilité de participation électorale. Nous avons aussi démontré qu'un plus grand nombre de mesures de sécurité peut à la fois augmenter la perception de la sécurité du vote et l'intention de voter.

Nous explorons davantage ces conclusions dans le présent rapport. Comme dans les deux premiers rapports, nous utilisons un grand échantillon représentatif de Canadiens. Nous avons recours à diverses questions et expériences de sondage concernant la participation électorale. Nous avons tiré cinq grandes conclusions :

  1. En premier lieu, nous avons tiré de nouvelles conclusions sur la sécurité perçue du vote en personne. Dans les vagues précédentes, nous avons mis l'accent sur les effets qu'ont les mesures de sécurité, comme l'instauration d'une règle de distanciation physique, sur l'intention de voter. Dans le présent rapport, nous nous concentrons sur les effets qu'ont ces mesures sur la participation électorale, p. ex. un électeur qui se rend à un lieu de vote et qui remarque que la règle de distanciation physique est respectée ou non. Nous constatons que si les électeurs voient que le nombre de personnes est contrôlé, que la distanciation physique est respectée et que les autres personnes portent un masque, la perception de la sécurité et la probabilité de voter en personne augmentent. Par contre, la mise à disposition de désinfectant pour les mains et de crayons non utilisés n'a que des effets très modestes. Fait important, nous démontrons que les effets de ces mesures sont cumulatifs et augmentent lorsque celles-ci sont combinées. De plus, nous constatons que les mesures atténuent des écarts importants quant à la perception de la sécurité du vote entre divers groupes. La participation électorale peut être augmentée lorsque les électeurs ont accès à un environnement sécuritaire.
  2. En second lieu, nous examinons si le fait de connaître les mesures de sécurité augmente l'intention de voter au-delà d'une intention de référence, ou en freine la diminution comparativement à une intention de référence. Nous constatons que la diminution de l'intention de voter est freinée. Essentiellement, les mesures de sécurité ont pour effet de maintenir le taux de participation existant, sans l'augmenter. En bref, les renseignements au sujet des mesures de sécurité peuvent contrer l'effet négatif de la COVID‑19 sur l'intention de voter.
  3. En troisième lieu, nous explorons l'intérêt à travailler dans les bureaux de vote le jour de l'élection. Nous constatons que le fait de mentionner la rémunération ou les mesures de sécurité a un effet modeste sur l'augmentation de l'intérêt à travailler dans les bureaux de vote.
  4. En quatrième lieu, nous examinons les facteurs qui aident à expliquer l'appui au port obligatoire du masque dans les lieux de vote et au vote en fin de semaine. Nous constatons qu'il est beaucoup plus facile de prédire l'appui au port du masque que l'appui au vote en fin de semaine. Les prédicteurs les plus importants sont la perception du risque associé à la COVID‑19 et le fait d'avoir déjà voté lors d'une élection. Ces résultats suggèrent que ce sont ces votants, qui souhaitent continuer de voter en toute sécurité, qui motivent la mise en place de mesures de sécurité (et non pas des non-votants qui seraient incités à voter grâce à de telles mesures).
  5. Enfin, nous explorons de nouveau les déterminants des préférences quant aux méthodes de vote. Nous constatons que la perception du risque associé à la COVID‑19 joue beaucoup sur la volonté de voter en personne le jour de l'élection, sur la demande de vote par la poste et sur l'opposition au vote par anticipation dans un bureau de vote ou un bureau d'EC.

La méthodologie de notre sondage est expliquée ci-dessous, suivie d'une présentation de nos principaux résultats puis d'une analyse détaillée. Nous terminons par un bref examen des implications de nos conclusions.

Méthodologie – Conception du sondage

Notre étude s'appuie sur un sondage mené auprès de 2 503 adultes canadiens du 21 au 28 septembre 2020. L'échantillon a été fourni par Dynata Inc, un fournisseur international d'échantillons pour des sondages, qui contrôle un grand nombre de groupes de répondants exclusifs. Notre échantillon a été constitué avec des quotas d'âge, de sexe, de région et de langue à l'échelle nationale. Nous avons ensuite pondéré les données en utilisant la procédure d'ajustement proportionnel itératif (ipfweight) dans STATA162. Les répondants ont répondu au sondage sur la plateforme Qualtrics.

Notre sondage était principalement axé sur la COVID‑19. Il contenait également une série de questions sur la participation politique antérieure, l'évaluation des chefs, et d'autres sujets du genre. Le sondage était non partisan, et aucune information concernant les préférences politiques n'a été analysée pour ce rapport ou communiquée à Élections Canada. En plus des questions liées à la COVID‑19, les répondants ont été invités à répondre à des questions formulées en consultation avec Élections Canada.

Dans la première partie du sondage, les répondants devaient répondre à l'une ou l'autre des questions suivantes : la première les amenait à penser aux mesures de sécurité qui seront probablement mises en place par Élections Canada, et la deuxième, non. Ces questions ont été posées une autre fois vers la fin du sondage.

  1. Si une élection fédérale avait lieu demain, dans quelle mesure serait il probable ou improbable que vous votiez?

    ou

    Lors de la prochaine élection fédérale, Élections Canada mettra probablement en place différentes mesures visant à assurer la sécurité des citoyens lors du dépôt des bulletins de vote, par exemple les suivantes :

    • Limite du nombre de personnes pouvant entrer simultanément dans un bureau de vote;
    • Port du masque exigé;
    • Directive demandant à ce que les électeurs se tiennent à deux mètres les uns des autres.

    Si une élection fédérale avait lieu demain, dans quelle mesure serait il probable ou improbable que vous votiez?

    • Voterais certainement.
    • Voterais probablement.
    • Ne voterais probablement pas.
    • Ne voterais certainement pas.
  1. Dans la dernière partie du sondage, six questions ont été posées aux répondants. Les répondants se sont fait poser, au hasard, l'une des deux questions suivantes :

    Supposez maintenant qu'une élection fédérale ait lieu dans les prochaines semaines. Si vous deviez voter, et compte tenu de la situation actuelle de la COVID‑19, de quelle façon voteriez-vous? [Veuillez sélectionner une seule réponse.]

    ou

    Supposez maintenant qu'une élection fédérale ait lieu dans les prochaines semaines. Si vous deviez voter, et compte tenu de la situation actuelle de la COVID‑19, de quelle(s) façon(s) ne voteriez-vous certainement PAS? [Veuillez sélectionner toutes les réponses applicables.]

    • À un bureau de vote le jour de l'élection
    • À un bureau de vote par anticipation
    • À un bureau d'Élections Canada avant le jour de l'élection
    • Par la poste
    • Autre (veuillez préciser) : [Texte]
    • Je ne sais pas encore.

Les répondants devaient ensuite dire dans quelle mesure ils étaient d'accord avec les énoncés suivants :

  1. « Tous les électeurs devraient être tenus de porter un masque pour entrer dans un lieu de vote et pour voter. »

  2. « L'élection devrait avoir lieu un samedi et un dimanche (sur deux jours), plutôt qu'un lundi. »

    • Fortement d'accord
    • Plutôt d'accord
    • Plutôt en désaccord
    • Fortement en désaccord
    • Je ne sais pas.

Les répondants devaient aussi indiquer leur intérêt à travailler dans les bureaux de vote le jour de l'élection. Un groupe de répondants s'est vu mentionner l'existence d'une rémunération, un autre groupe, l'importance de l'emploi sans mention de la rémunération, et un autre groupe encore s'est vu mentionner l'existence d'une rémunération et la mise en place de mesures de sécurité par Élections Canada pour protéger les travailleurs. Enfin, un dernier groupe ne s'est vu mentionner rien de tout cela (la condition témoin).

  1. En période électorale, Élections Canada embauche et paye des résident(e)s locaux pour travailler dans les bureaux de scrutin de leur région. Dans quelle mesure seriez-vous intéressé(e) à travailler dans les bureaux de vote lors d'une élection?

    ou En période électorale, Élections Canada a besoin de résident(e)s locaux pour travailler dans les bureaux de scrutin de leur région; il serait impossible de tenir des élections sans eux ou elles. Dans quelle mesure seriez-vous intéressé(e) à travailler dans les bureaux de vote lors d'une élection?

    ou En période électorale, Élections Canada embauche et paye des résident(e)s locaux pour travailler dans les bureaux de scrutin de leur région. Dans quelle mesure seriez-vous intéressé(e) à travailler dans les bureaux de vote lors d'une élection si vous saviez qu'Élections Canada mettait en place toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de ses travailleurs?

    ou En période électorale, Élections Canada recrute des résident(e)s locaux pour travailler dans les bureaux de scrutin de leur région. Dans quelle mesure seriez-vous intéressé(e) à travailler dans les bureaux de vote lors d'une élection?

    • Très intéressé(e)
    • Plutôt intéressé(e)
    • Peu intéressé(e)
    • Pas du tout intéressé(e)
    • Je ne sais pas.

    Après avoir répondu à cette série de questions, les répondants se sont livrés à une expérience d'analyse conjointe, brièvement présentée de cette façon :

    Pour la partie suivante, nous vous présenterons plusieurs scénarios hypothétiques liés à l'administration du vote en personne lors de la prochaine élection fédérale. Veuillez les lire attentivement. Nous vous poserons ensuite quelques questions sur chaque scénario.

    Les répondants ont reçu trois scénarios comportant les mesures de sécurité du vote, présentées dans un ordre aléatoire :

    Imaginez que nous sommes le jour de l'élection. Vous vous présentez à votre bureau de vote et remarquez les éléments suivants :

    • Il y a [beaucoup/peu] de gens à l'intérieur.
    • [Des contenants de désinfectant pour les mains sont accessibles au public./Les contenants de désinfectant pour les mains sont vides.]
    • [Très peu de gens portent un masque./Presque tout le monde porte un masque.]
    • Pour marquer les bulletins de vote, on donne aux électeurs [des crayons neufs./les crayons qu'ont utilisés d'autres électeurs.]
    • Les gens font la file en se tenant [tout près/à au moins deux mètres] les uns des autres.

Après avoir lu chaque scénario, les répondants devaient répondre à ces questions :

  1. Dans quelle mesure croyez-vous qu'il serait dangereux ou sécuritaire de voter dans ce bureau?
    • Très sécuritaire
    • Plutôt sécuritaire
    • Plutôt dangereux
    • Très dangereux
  2. Voteriez-vous à ce bureau?
    • Absolument
    • Probablement
    • Probablement pas
    • Absolument pas

Résultats

Fréquences

Pour commencer l'analyse, examinons les réponses les plus courantes à chacune de nos questions. Le tableau 1 présente la probabilité que les répondants votent à la prochaine élection fédérale, selon eux. Les deux premières colonnes indiquent les résultats des questions de référence posées au début du sondage dans les deux vagues précédentes3. Les quatre colonnes suivantes indiquent les résultats de la question sur la probabilité de participation posée au début et à la fin du sondage aux répondants qui s'étaient vu mentionner les mesures de sécurité et aux autres. Les résultats sont relativement stables par rapport à ceux des vagues précédentes, et démontrent de nouveau que l'intention de voter diminue lorsque les répondants sont amenés à penser à la COVID‑19. Nous revenons sur ce sujet plus loin avec des tests formels qui évaluent si la mention des mesures de sécurité fait augmenter l'intention de voter, ou à tout le moins vient amoindrir l'effet négatif de la mention de la COVID‑19.

Tableau 1. Probabilité de participation électorale déclarée par les répondants, avec et sans mention de la COVID‑19
Vague 1 Vague 2 Vague 3
Questions de référence Questions de référence Début du sondage, sans mention des mesures de sécurité Fin du sondage, sans mention des mesures de sécurité Début du sondage, avec mention des mesures de sécurité Fin du sondage, avec mention des mesures de sécurité
Voterais certainement. 73,4 75,1 75,2 70,1 73,5 69,7
Voterais probablement. 19,1 17,2 17,7 19,6 18,2 21,1
Ne voterais probablement pas. 4,6 4,7 5,0 6,7 5,1 6,3
Ne voterais certainement pas. 2,9 3,1 2,1 2,9 3,2 2,9
N 2 497 1 207 1 253 1 250 1 253 1 250

Lorsque nous avons interrogé la moitié des répondants sur leur méthode de vote préférée, nous avons constaté des préférences marquées pour des méthodes de vote autres qu'en personne. Ces résultats sont présentés dans le tableau 2, les deux premières paires de colonnes indiquant ceux des vagues précédentes. Alors que la majorité des personnes ont indiqué qu'elles voteraient en personne, soit à un bureau de vote le jour de l'élection (30,4 %), à un bureau de vote par anticipation (29,2 %) ou à un bureau d'Élections Canada avant le jour de l'élection (3,9 %), une part importante de répondants (23,4 %) ont dit qu'ils préféreraient voter par la poste. Seulement 1 répondant sur 9 (11,3 %) a dit ne pas savoir comment il voterait. Ces résultats sont stables par rapport aux vagues précédentes.

Lorsque nous avons plutôt demandé à la moitié des répondants quelles méthodes ils n'utiliseraient certainement pas, 32 % d'entre eux ont dit qu'ils ne voteraient pas à un bureau de vote le jour de l'élection, 26 %, qu'ils ne voteraient pas à un bureau de vote par anticipation, 15 %, qu'ils ne voteraient pas à un bureau d'Élections Canada, et 21 %, qu'ils ne voteraient pas par la poste. Ainsi, la plupart des électeurs ne sont pas sensiblement opposés à une méthode de vote en particulier, mais un nombre inquiétant d'électeurs manifestent une réticence à voter le jour de l'élection ou à utiliser une autre méthode de vote en personne. Ces résultats ont peu varié d'une vague à l'autre.

Tableau 2. Préférences des répondants quant aux méthodes de vote
Vague 1 Vague 2 Vague 3
A l'intention d'utiliser cette méthode N'utiliserait certainement pas cette méthode A l'intention d'utiliser cette méthode N'utiliserait certainement pas cette méthode A l'intention d'utiliser cette méthode N'utiliserait certainement pas cette méthode
Vote le jour de l'élection29,233,129,432,530,432,0
Vote par anticipation28,522,928,623,629,226,1
Vote à un bureau d'Élections Canada4,717,05,116,83,914,5
Par la poste23,219,121,820,023,421,2
Autre2,21,72,22,21,92,3
Je ne sais pas.12,230,512,935,111,329,0
N1 2431 2571 2651 2341 2501 253

Tableau 3. Appui au port obligatoire du masque et au vote en fin de semaine
  Vague 2 Vague 3
  Masque Vote en fin
de semaine
Masque Vote en fin
de semaine
Fortement d'accord 70,4 37,1 73,8 39,0
Plutôt d'accord 17,0 25,0 13,9 25,4
Plutôt en désaccord 4,8 9,5 4,7 9,6
Fortement en désaccord 3,6 5,0 3,5 5,1
Je ne sais pas 4,3 23,5 4,0 20,9
N 2 499 2 499 2 503 2 503

Nous avons aussi demandé aux répondants dans quelle mesure ils étaient d'accord avec des énoncés en faveur du port obligatoire du masque dans les bureaux de vote et du vote en fin de semaine plutôt qu'un lundi. Ces résultats sont présentés dans le tableau 3. Non moins de 74 % des répondants étaient fortement d'accord avec le port obligatoire du masque, et 8 % seulement ont exprimé un certain désaccord. En revanche, l'appui au vote en fin de semaine a été plus timide et incertain : 24 % des répondants se sont dits indécis à ce propos, 39 % étaient fortement d'accord, et 15 % ont exprimé un certain désaccord. Ces résultats ont peu varié d'une vague à l'autre.

Enfin, nous avons sondé les répondants au sujet de leur intérêt à travailler dans les bureaux de vote le jour de l'élection. De façon aléatoire, les répondants ont été séparés en groupes qui correspondaient à quatre conditions : la mention de la rémunération; la mention de l'importance des préposés au scrutin; la mention de la rémunération et des mesures de sécurité; aucune de ces mentions (condition témoin). Cette question avait été posée à plus de 25 000 Canadiens dans un sondage précédent réalisé du 12 juin au 14 juillet 2019, dont l'échantillon était divisé selon les conditions de la rémunération et de l'importance utilisées ici. Nous combinons les répondants correspondant à ces deux critères dans chaque sondage pour fournir une comparaison

Tableau 4. Intérêt à travailler dans les bureaux de vote le jour de l'élection
Base (Tous) Vague 3 (Tous) Base (18-34) Vague 3 (18-34) Base (35-54) Vague 3 (35-54) Base (55+) Vague 3 (55+)
Très intéressé(e) 23,6 20,7 20,8 21,9 21,5 21,1 27,2 19,6
Plutôt intéressé(e) 27,4 25,2 31,2 30,3 26,9 26,0 25,2 20,8
Peu intéressé(e) 21,2 17,1 21,2 18,2 21,7 17,0 20,8 16,4
Pas du tout intéressé(e) 25,4 30,0 24,2 20,4 27,3 29,9 24,7 37,0
Je ne sais pas. 2,4 7,0 2,6 9,2 2,6 6,0 2,2 6,3
N 25,040 1,255 6,618 350 8,181 425 10,241 480

Le tableau 4 semble indiquer que l'intérêt à travailler dans les bureaux de vote a diminué par rapport à l'intérêt avant la pandémie. En 2019, 51 % des répondants se disaient plutôt intéressés à travailler dans les bureaux de vote, par rapport à 46 % à l'heure actuelle. Notons toutefois que, concernant cette comparaison directe, le mode d'échantillonnage et le fournisseur ne sont pas les mêmes pour ces deux périodes. Nous divisons les répondants par groupe d'âge. La diminution d'intérêt ressort surtout chez les répondants plus âgés. Les personnes de 55 ans et plus étaient habituellement celles qui présentaient le plus grand intérêt à travailler dans les bureaux de vote, ce qui n'est plus le cas. En effet, ce groupe démontre la plus grande diminution d'intérêt à travailler dans un bureau de vote le jour de l'élection. Avant, la majorité du groupe présentait un intérêt; maintenant, la majorité n'est pas intéressée.

Le tableau 5 présente la répartition des résultats de la vague 3 par condition. Dans le groupe de la condition témoin, 45 % des répondants ont exprimé un certain intérêt à travailler dans les bureaux de vote, un pourcentage qui augmente dans le groupe de la condition de la rémunération (49 %) et de la condition de la rémunération et des mesures de sécurité (51 %), mais qui est moindre dans le groupe de la condition de l'importance du travail (43 %). Nous revenons sur ce sujet plus loin avec un test formel d'importance statistique.

Tableau 5. Intérêt à travailler dans les bureaux de vote le jour de l'élection, par condition
Témoin Rémunération Importance Rémunération et mesures de sécurité
Très intéressé(e) 21,7 24,4 16,8 24,0
Plutôt intéressé(e) 23,6 24,4 26,1 26,7
Peu intéressé(e) 18,6 15,1 19,2 18,1
Pas du tout intéressé(e) 29,1 30,4 29,4 25,4
Je ne sais pas. 7,0 5,6 8,5 5,9
N 614 645 610 634

Analyse approfondie

Amélioration de la sécurité perçue du vote en personne

L'analyse des vagues précédentes a démontré que le fait d'amener les répondants à penser à la COVID‑19 réduit leur intention de voter lors de la prochaine élection. Il devient donc essentiel de trouver des façons d'améliorer la sécurité perçue du vote en personne. Dans la dernière vague, nous avons soumis les répondants à une expérience d'analyse conjointe leur présentant différents scénarios de vote en personne le jour de l'élection. Chaque scénario comportait des mesures de sécurité pouvant être mises en place par Élections Canada : 1) la limitation du nombre de personnes admises dans un bureau de vote; 2) la prise de mesures de distanciation physique pour garder les personnes à au moins 2 mètres les unes des autres; 3) l'obligation de porter un masque; 4) la distribution de crayons à usage unique; 5) la distribution de désinfectant pour les mains.

Nous avons constaté que la limitation du nombre de personnes, la distanciation physique et l'obligation de porter un masque influencent considérablement la perception de la sécurité et la probabilité de voter en personne, tandis que la distribution de désinfectant pour les mains et de crayons à usage unique a des effets plus modestes. Nous avons aussi démontré ce qui suit : 1) les effets des mesures de sécurité augmentent lorsque celles-ci sont combinées, 2) les mesures atténuent des écarts importants quant à la perception de la sécurité du vote entre les hommes et les femmes, entre les jeunes et les personnes âgées ainsi qu'entre les personnes ayant un niveau de scolarité élevé et celles ayant un niveau de scolarité faible.

Le sondage précédent était limité par le fait qu'il mettait l'accent sur des mesures explicites qu'allait mettre en œuvre Élections Canada. Certains répondants ont pu trouver étrange que dans certains scénarios Élections Canada ne réussisse pas à distribuer de désinfectant pour les mains, une mesure commune dans la plupart des espaces publics intérieurs, mais qu'il réussisse à faire respecter la mesure de distanciation de 2 mètres. En effet, une situation dans laquelle une mesure évidente et commune est prise, mais où une autre est visiblement absente, peut mener les répondants à penser que d'autres précautions ne sont pas prises. Pour contourner ce problème, nous avons mené une expérience d'analyse conjointe semblable dans laquelle, plutôt que de se voir mentionner diverses mesures de sécurité, les répondants devaient imaginer qu'ils remarquaient certains éléments à un endroit de vote donné. Chaque élément correspond à une mesure de sécurité qui faisait partie de l'expérience précédente. Idéalement, nous voulions que nos inférences de la vague 2 se reproduisent dans cette expérience modifiée.

Nous avons d'abord indiqué aux répondants que divers scénarios possibles leur seraient présentés quant à l'administration du vote en personne :

Pour la partie suivante, nous vous présenterons plusieurs scénarios hypothétiques liés à l'administration du vote en personne lors de la prochaine élection fédérale. Veuillez les lire attentivement. Nous vous poserons ensuite quelques questions sur chaque scénario.

Les répondants ont reçu trois scénarios comportant les mesures de sécurité du vote, présentées dans un ordre aléatoire :

  • Imaginez que nous sommes le jour de l'élection. Vous vous présentez à votre bureau de vote et remarquez les éléments suivants :
  • Il y a [beaucoup/peu] de gens à l'intérieur.
  • [Des contenants de désinfectant pour les mains sont accessibles au public./Les contenants de désinfectant pour les mains sont vides.]
  • [Très peu de gens portent un masque./Presque tout le monde porte un masque.]
  • Pour marquer les bulletins de vote, on donne aux électeurs [des crayons neufs./les crayons qu'ont utilisés d'autres électeurs.]
  • Les gens font la file en se tenant [tout près/à au moins deux mètres] les uns des autres.

À propos de chaque scénario, les répondants devaient répondre à deux questions : « Dans quelle mesure croyez-vous qu'il serait dangereux ou sécuritaire de voter dans ce bureau? » (très sécuritaire, plutôt sécuritaire, plutôt dangereux ou très dangereux) et « Voteriez-vous à ce bureau? » (absolument, probablement, probablement pas ou absolument pas).

Nous estimons les effets de chaque élément de scénario sur la sécurité perçue et la probabilité de voter, à l'aide de deux modèles. Les estimations peuvent être interprétées comme l'effet de causalité de chaque attribut en moyenne par rapport aux distributions de tous les autres attributs du modèle. Cela nous indiquera quels éléments améliorent le plus la sécurité perçue et la probabilité de voter en personne.

Les estimations sont présentées dans la figure 1. De façon semblable à l'expérience de la vague 2, tous les éléments améliorent de manière significative la sécurité perçue et la probabilité de voter en personne à p<0,001, mais il y a des écarts quant à l'ampleur de l'effet. L'effet de la limitation du nombre de personnes aux bureaux de vote (8 et 6 points, sur une échelle de 0 à 1), l'effet de la distribution de crayons à usage unique (10 et 8 points) et l'effet de la distribution de désinfectant pour les mains (9 et 8 points) sont moins importants que ceux de la distanciation physique et du port du masque, qui vont de 10 à 14 points. Les grands effets observés dans la vague 2 sont les mêmes dans cette expérience modifiée. Cette expérience montre plus clairement que les répondants sont plus préoccupés par la distance qui sépare les personnes les unes des autres que par le nombre de personnes admises dans les endroits de vote.

Figure 1. Effets des éléments des scénarios sur la sécurité perçue et la probabilité de voter en personne. Remarque : Intervalles de confiance de 95 %.

Figure 1. Effets des mesures de sécurité sur la sécurité perçue et la probabilité de voter en personne

Description de la « Figure 1. Effets des mesures de sécurité sur la sécurité perçue et la probabilité de voter en personne »

Ce diagramme présente les écarts entre les valeurs moyennes des effets des mesures de sécurité proposées sur la perception qu'ont les électeurs de la sécurité du vote en personne pendant la pandémie de COVID‑19 (représenté par un cercle) et la probabilité qu'ils votent en personne (représentée par un carré).

L'axe des Y présente les variables (crayons à usage unique, désinfectant fourni, port élevée du masque, distance, peu de personnes).

L'axe des X est une échelle de -,05 à ,2

Remarque : Intervalles de confiance de 95 %.

  Nombre de points correspondant à l'effet des mesures de sécurité proposées sur la sécurité perçue du vote en personne
(échelle de -,05 à ,2)
Nombre de points correspondant à la probabilité de voter en personne
(échelle de -,05 à ,2)
Mesures de sécurité proposées    
Crayons à usage unique ,01 ,03
Désinfectant fourni ,5 ,1
Port élevé du masque ,12 ,10
Distance ,10 ,2
Peu de personnes ,03 ,04

L'analyse ci-dessus suppose que chaque élément a ses propres effets sur la sécurité perçue et la probabilité de voter en personne. Toutefois, il peut aussi exister des effets d'interaction. Par exemple, il est possible que les répondants voient les éléments comme interchangeables en tout ou en partie; dans ce cas, des éléments de sécurité supplémentaires auraient un rendement marginal décroissant. Il est aussi possible qu'ils estiment que ces éléments sont complémentaires, de sorte que l'effet d'un élément est encore plus important lorsque des éléments supplémentaires sont en place. Nous avions constaté un rendement croissant dans la vague 2.

Nous n'avions pas d'attentes théoriques quant aux éléments qui sont plus ou moins susceptibles de produire des effets d'interaction. Par conséquent, pour évaluer cette possibilité, nous établissons une mesure continue allant de 0 à 5 applicable au nombre d'éléments de sécurité auxquelles les répondants ont été exposés dans un scénario donné qui contribue à la perception de la sécurité. Nous examinons l'effet de cet indice sur la sécurité perçue et avons utilisé un terme quadratique pour tenir compte de la non-linéarité. Les prévisions issues de ce modèle sont présentées dans la figure 2.

Figure 2. Effets des mesures de sécurité sur la sécurité perçue, à gauche, et sur la probabilité de voter en personne, à droite. Remarque : Intervalles de confiance de 95 %.

Figure 2. Effets des mesures de sécurité sur la sécurité perçue, à gauche, et sur la probabilité de voter en personne, à droite

Description de la « Figure 2. Effets des mesures de sécurité sur la sécurité perçue, à gauche, et sur la probabilité de voter en personne, à droite »

Ces deux diagrammes de dispersion présentent une relation quadratique entre, d'une part, le nombre de mesures de sécurité mises en place (axe des X, échelle de 1 à 5) et la prédiction de la sécurité perçue (axe des Y, échelle de 0 à 1) et, d'autre part, le nombre de mesures de sécurité mises en place (axe des X, échelle de 1 à 5) et la prédiction de la probabilité de voter en personne (axe des Y, échelle de 0 à 1).

  Aucune mesure de sécurité Une mesure de sécurité Deux mesures de sécurité Trois mesures de sécurité Quatre mesures de sécurité Cinq mesures de sécurité
Sentiment de sécurité perçue (échelle de 0 à 1) 2 points 3 points 4 points 5 points 6 points 8 points

  Aucune mesure de sécurité Une mesure de sécurité Deux mesures de sécurité Trois mesures de sécurité Quatre mesures de sécurité Cinq mesures de sécurité
Prédiction de la probabilité de voter en personne 3 points 4 points 4,2 points 5,8 points 6,2 points 8 points

Comme lors de l'expérience précédente, les effets des éléments de sécurité, tant sur la sécurité perçue que sur la probabilité de voter en personne, augmentent en fonction du nombre d'éléments. Le passage de 0 élément à 1 élément ne produit que 7 points d'effet, alors que le passage de 4 éléments à 5 éléments en produit 15. D'un scénario comportant 0 élément de sécurité à un scénario comportant les 5 éléments, la sécurité perçue passe de 0,20 à 0,77 sur une échelle de 0 à 1. De la même façon, le passage de 0 élément à 1 élément produit 5 points d'effet sur la probabilité de voter en personne, alors que le passage de 4 à 5 éléments en produit 14. D'un scénario comportant 0 élément de sécurité à un scénario comportant les 5 éléments, la probabilité de voter en personne passe de 0,32 à 0,79 sur une échelle de 0 à 1. Ces résultats sont extrêmement semblables à ceux de la vague 2.

Nous pouvons également vérifier s'il existe des écarts importants d'un groupe à l'autre quant à l'effet des éléments de sécurité sur la sécurité perçue et sur la probabilité de voter en personne. Pour ce faire, nous faisons interagir les covariables pertinentes, soit le risque associé à la COVID‑19, l'âge, le niveau de scolarité, le milieu urbain et le sexe, avec notre indice des éléments de sécurité. Nous avons estimé un deuxième ensemble de modèles qui comporte une interaction semblable avec la perception du risque associé à la COVID‑19. Les estimations sont présentées à l'annexe B. Le tableau 6 présente la moyenne prédite des valeurs des covariables pertinentes pour les personnes exposées à des scénarios ne comportant aucun élément de sécurité et celles exposées à des scénarios comportant les cinq éléments.

Nous décrivons dans ce tableau les effets allant des scénarios ne comportant aucun élément de sécurité jusqu'aux scénarios comportant les cinq éléments. La perception de la sécurité est plus susceptible d'augmenter chez les femmes que chez les hommes (59 points contre 54 points, modèle 1, colonne 3); cet écart est marginalement significatif (p<0,1). La sécurité perçue par les personnes de 65 ans devrait augmenter de 66 points, contre 49 points seulement dans le cas des personnes de 35 ans. Cet écart est très significatif (p<0,01). La sécurité perçue par les personnes qui ont fait des études universitaires devrait augmenter de 60 points, contre 52 points seulement dans le cas de celles qui n'ont fait que des études secondaires (p<0,01). Par contre, le risque pour la santé associé à la COVID‑19 et le milieu de résidence (urbain ou rural) ne semblent pas liés à l'efficacité des mesures.

Tableau 6. Sécurité perçue et probabilité de voter en personne – Valeurs prédites selon les covariables pertinentes
Sécurité perçue Probabilité de voter
Nombre de mesures de sécurité Aucune Toutes Écart Aucune Toutes Écart
Modèle 1
Femme Oui 0,11 0,70 0,59* 0,21 0,73 0,52***
Non 0,19 0,73 0,54* 0,32 0,74 0,42***
Âge 35 0,23 0,72 0,49*** 0,33 0,72 0,39***
65 0,06 0,72 0,66*** 0,19 0,75 0,56***
Milieu urbain Petite ville 0,14 0,69 0,55 0,27 0,70 0,43
Grande ville 0,16 0,74 0,58 0,26 0,75 0,49
Niveau de scolarité Secondaire 0,19 0,71 0,52*** 0,29 0,70 0,41***
Universitaire, 1er cycle 0,12 0,72 0,60*** 0,25 0,76 0,51***
Risque associé à la COVID‑19 Oui 0,12 0,72 0,60 0,24 0,73 0,49
Non 0,17 0,72 0,55 0,28 0,73 0,45
Modèle 2
Perception du risque Élevé 0,01 0,66 0,65*** 0,10 0,70 0,60***
Faible 0,46 0,84 0,38*** 0,64 0,80 0,16***

Remarque : * p<0,1; ** p<0,05; *** p<0,01. Ces valeurs p montrent des écarts quant à l'effet de la mention de la COVID‑19 d'un groupe à l'autre.

Nous voyons aussi que la sécurité perçue par les personnes qui perçoivent le risque associé à la COVID‑19 comme élevé devrait augmenter de 65 points, contre 38 points seulement dans le cas des personnes qui perçoivent ce risque comme faible (p<0,1, modèle 2, colonne 3). Nous observons pratiquement les mêmes tendances pour ce qui est de la probabilité de voter en personne déclarée par les répondants. Encore une fois, ces résultats sont très semblables à ceux de la vague 2.

En résumé, l'adoption de mesures de sécurité améliore davantage la sécurité perçue et la probabilité de voter chez les femmes, les personnes âgées, les personnes dont le niveau de scolarité est élevé et celles qui perçoivent le risque associé à la COVID‑19 comme élevé. En définitive, les écarts moyens dans la sécurité perçue et la probabilité de voter en personne diminuent lorsque ces mesures sont en place.

Expérience de mention de la sécurité

Les expériences conjointes présentées dans ce rapport et le dernier laissent clairement entendre que les mesures de sécurité améliorent les perceptions de la sécurité du vote en personne et la probabilité de voter en personne. Cela dit, ces expériences demandaient aux répondants d'évaluer des scénarios hypothétiques. Elles ne nous indiquent pas directement si les mesures de sécurité augmentent la participation électorale probable au cœur de la pandémie.

Il y a deux possibilités. D'une part, il se peut que les répondants aient intériorisé le risque associé à la COVID‑19 en ce qui a trait au vote, mais ne soient pas au fait des mesures de sécurité qui seront mises en place à la prochaine élection. Dans ce cas, le fait d'informer les répondants sur ces mesures devrait augmenter leur participation probable à la prochaine élection. D'autre part, il se peut que le risque n'ait pas été pleinement intériorisé. Dans ce cas, l'exposition à des renseignements sur la COVID‑19 pourrait nuire à la participation probable. Nous en avons vu la preuve dans les deux rapports précédents. L'exposition à des renseignements sur les mesures de sécurité pourrait contrer l'effet négatif de la COVID‑19 sur la participation probable.

Pour vérifier ces attentes, nous avons mené une expérience selon un modèle inter-sujets et intra-sujets combiné. Les répondants devaient dire au début et à la fin d'un sondage de 25 minutes comportant des questions à propos de la COVID‑19 s'ils voteraient certainement, probablement, probablement pas ou certainement pas à la prochaine élection fédérale. La question de suivi a été posée avant l'expérience conjointe de manière à ne pas contaminer les résultats. Rappelons que nous avons constaté un affaiblissement des intentions de voter aux vagues précédentes, surtout chez les répondants qui perçoivent le risque d'infection à la COVID‑19 comme élevé. Notre résultat principal est le changement dans ces intentions entre la première et la deuxième fois que les répondants ont été interrogés à ce propos dans le sondage. Nous avons séparé les répondants en deux groupes de façon aléatoire. L'un des groupes recevait les renseignements suivants avant chacune des deux interrogations sur l'intention de voter :

Lors de la prochaine élection fédérale, Élections Canada mettra probablement en place différentes mesures visant à assurer la sécurité des citoyens lors du dépôt des bulletins de vote, par exemple les suivantes :

  • Limite du nombre de personnes pouvant entrer simultanément dans un bureau de vote;
  • Port du masque exigé;
  • Directive demandant à ce que les électeurs se tiennent à deux mètres les uns des autres.

L'autre groupe n'a reçu aucun de ces renseignements. Nous avons testé deux hypothèses. Selon la première, les répondants à qui on avait fait part des mesures de sécurité allaient exprimer une intention de voter plus élevée lorsqu'interrogés à ce propos au début du sondage. Selon la deuxième, l'affaiblissement de l'intention de voter entre le début et la fin du sondage serait moins marqué chez les répondants à qui on avait fait part des mesures.

Rien ne nous permet de dire que la mention des mesures de sécurité relatives à la COVID‑19 augmente la participation probable. Il n'y a pas d'écart significatif entre l'intention de voter du groupe de la condition témoin (0,89 sur une échelle de 0 à 1) et celle du groupe de la condition des mesures (0,88, écart de 0,01; p=0,22). Par contre, l'intention de voter des répondants à qui on a fait part des mesures de sécurité s'est affaiblie à moitié moins, environ, que celle du groupe témoin (-0,04 contre -0,08). Cet écart est significatif (p=0,02). En bref, les renseignements au sujet des mesures de sécurité peuvent contrer l'effet négatif de la COVID‑19 sur l'intention de voter.

Intérêt à travailler dans les bureaux de vote : analyse expérimentale

Nous avons sondé les répondants au sujet de leur intérêt à travailler dans les bureaux de vote le jour de l'élection. De façon aléatoire, nous les avons séparés en groupes qui correspondaient à quatre conditions : la mention de la rémunération; la mention de l'importance du rôle; la mention de la rémunération et des mesures de sécurité qui seront probablement mises en place; aucune de ces mentions (condition témoin). Nous avons ramené notre variable dépendante sur une échelle de 0 à 1, où 1 correspondait aux répondants très intéressés à travailler dans les bureaux de vote, et 0,5, à ceux ayant répondu qu'ils ne savaient pas. Nous avons obtenu des résultats semblables en excluant ces derniers répondants.

Nous n'avons constaté aucun écart entre la condition témoin et la condition de la rémunération (0,02, p=0,40), aucun écart entre la condition témoin et la condition de l'importance (-0,01, p=0,50), et un écart modeste et marginalement significatif entre la condition témoin et la condition de la rémunération et des mesures de sécurité (0,04, p=0,06). Il n'y avait pas d'écart significatif entre le groupe de la condition de la rémunération et le groupe de la rémunération et des mesures de sécurité (0,02, p=0,03). Ces résultats ne nous permettent pas de conclure que des renseignements sur les mesures de sécurité, compte non tenu de la rémunération, font croître l'intérêt à travailler dans les bureaux de vote le jour de l'élection. La mention de renseignements sur ces deux éléments semble toutefois avoir cet effet.

Déterminants de l'appui au port obligatoire du masque et au vote en fin de semaine

Près de 88 % des répondants sont plutôt ou fortement d'accord avec le port obligatoire du masque aux bureaux de vote, et 62 % sont plutôt ou fortement d'accord avec le vote en fin de semaine. Nos données nous permettent de déterminer quels groupes de Canadiens sont les plus favorables ou hostiles à ces mesures. Nous avons estimé deux modèles pour chaque question. Le premier modèle prédit l'appui à la mesure en tenant compte de caractéristiques démographiques telles que la région, le sexe, l'âge, le lieu de résidence, le revenu du ménage en 2018, le niveau de scolarité et le risque de complications associées à la COVID‑19 pour la personne (ou un membre de son ménage). Le deuxième modèle tient compte des mêmes caractéristiques, auxquelles s'ajoutent la perception du risque associé à la COVID‑19 (indice de 0 à 1) et la participation ou non du répondant à l'élection fédérale de 2019 (1=Oui). Chaque variable dépendante est mesurée sur une échelle de 0 à 1, où 1 correspond aux répondants qui appuient fortement la mesure. Les réponses « je ne sais pas » ont été comptées comme des réponses neutres.

Les estimations de nos modèles sont présentées dans le tableau 7. Le modèle 1 montre que le niveau de scolarité (p<0,01), l'âge (p<0,01), le milieu urbain (p<0,01) et le sexe (p<0,01) sont fortement associés à l'appui au port obligatoire du masque. L'appui d'une personne qui a fait des études universitaires dépasserait de 5 points celui d'une personne qui n'a fait que des études secondaires. L'appui d'une personne de 65 ans dépasserait de 11 points celui d'une personne de 35 ans. L'appui du résident d'une grande ville dépasserait de 4 points celui du résident d'une petite ville, et celui d'une femme dépasserait de 4 points celui d'un homme. Fait intéressant, il n'y a pas de lien entre le risque pour la santé associé à la COVID‑19 et l'appui au port obligatoire du masque si on tient compte d'autres facteurs dans le modèle.

Le modèle 2 montre que la perception du risque associé à la COVID‑19 est étroitement liée à l'appui au port obligatoire du masque (p<0,01), tout comme les antécédents de vote (p<0,01). L'appui au port obligatoire du masque d'une personne qui a voté en 2019 dépasserait de 5 points celui d'une personne qui n'a pas voté, alors que l'appui d'une personne qui perçoit le risque associé à la COVID‑19 comme élevé dépasserait de 40 points celui d'une personne qui perçoit ce risque comme faible.

Tableau 7. Estimations obtenues par la méthode des MCO – Appui au port obligatoire du masque et au vote en fin de semaine
Port obligatoire du masque Vote en fin de semaine
Modèle 1 Modèle 2 Modèle 3 Modèle 4
Risque associé à la COVID‑19 0,01
(0,01)
-0,03***
(0,01)
-0,00
(0,01)
-0,03*
(0,01)
Niveau de scolarité 0,12***
(0,03)
0,13***
(0,03)
0,11***
(0,04)
0,11***
(0,04)
Revenu -0,04
(0,03)
-0,03
(0,02)
-0,04
(0,03)
-0,05*
(0,03)
Âge 0,30***
(0,02)
0,25***
(0,02)
-0,03
(0,03)
-0,07**
(0,03)
Lieu 0,05***
(0,02)
0,01
(0,02)
0,04**
(0,02)
0,03
(0,02)
Femme 0,04***
(0,01)
0,03***
(0,01)
0,01
(0,01)
0,00
(0,01)
Québec -0,00
(0,02)
0,02
(0,02)
0,04
(0,03)
0,03
(0,03)
Ontario -0,01
(0,02)
-0,01
(0,02)
0,01
(0,03)
0,01
(0,03)
Ouest -0,01
(0,02)
-0,00
(0,02)
0,03
(0,03)
0,03
(0,03)
Perception du risque associé à la COVID‑19   0,40***
(0,03)
  0,20***
(0,03)
A voté en 2019 0,05***
(0,02)
0,06***
(0,02)
Constante 0,66*** 0,40*** 0,62*** 0,47***
R2 0,07 0,21 0,01 0,04
N 2 236 2 236 2 236 2 236

Remarque : Les erreurs types sont entre parenthèses; * p<0,1; ** p<0,05; *** p<0,01. Toutes les covariables sont ramenées sur une échelle de 0 à 1 pour leur minimum et leur maximum.

L'appui au vote en fin de semaine est moins bien prédit par nos modèles. Le modèle 3 montre que le niveau de scolarité et le milieu urbain sont les seuls déterminants démographiques de l'appui à cette mesure (p<0,01 et p<0,05). L'appui d'une personne qui a fait des études universitaires dépasserait de 5 points celui d'une personne qui n'a fait que des études secondaires, alors que celui du résident d'une grande ville dépasserait de 5 points celui du résident d'une petite ville. Le modèle 4 montre que la perception du risque associé à la COVID‑19 est étroitement liée à l'appui à cette mesure (p<0,01), tout comme les antécédents de vote (p<0,01). L'appui d'une personne qui a voté en 2019 dépasserait de 6 points celui d'une personne qui n'a pas voté, alors que l'appui d'une personne qui perçoit le risque associé à la COVID‑19 comme élevé dépasserait de 20 points celui d'une personne qui perçoit ce risque comme faible.

Déterminants des préférences quant aux méthodes de vote

L'inquiétude suscitée par la COVID‑19 et la sécurité perçue du vote sont également étroitement liées aux méthodes de vote que les gens sont prêts à utiliser ou qu'ils préfèrent éviter. Nous avons estimé deux modèles qui prédisent la préférence des répondants pour différentes méthodes de vote, soit le vote le jour de l'élection, le vote par anticipation, le vote à un bureau d'Élections Canada et le vote par la poste, ainsi que l'opposition à chacune de ces méthodes. Le premier modèle tient compte de caractéristiques démographiques telles que la région, le sexe, l'âge, le lieu de résidence, le revenu du ménage en 2018, le niveau de scolarité et le risque de complications associées à la COVID‑19 pour la personne (ou un membre de son ménage). Le deuxième modèle tient compte des mêmes caractéristiques, en ajoutant l'inquiétude suscitée par la COVID‑19 ainsi que la participation ou non du répondant à l'élection fédérale de 2019.

Tableau 8. Probabilité prédite d’être favorable ou opposé à une méthode de vote, selon les valeurs des covariables pertinentes
Soutien Opposition
Vote le jour de l’élection
1
Vote par anticipation
2
Bureau d’EC
3
Par la poste
4
Vote le jour de l’élection
5
Vote par anticipation
6
Bureau d’EC
7
Par la poste
8
Modèle 1
Femme Oui 0,27*** 0,29 0,03 0,26*** 0,32 0,25 0,15 0,21
Non 0,36*** 0,28 0,05 0,21** 0,33 0,27 0,14 0,22
Âge 35 0,32 0,25*** 0,06*** 0,23 0,35* 0,27 0,15 0,20
65 0,31 0,34*** 0,01*** 0,24 0,30* 0,25 0,13 0,23
Milieu urbain Petite ville 0,35** 0,25** 0,04 0,24 0,34 0,25 0,14 0,22
Grande ville 0,29** 0,32** 0,04 0,23 0,32 0,27 0,15 0,21
Revenu Faible 0,29 0,27 0,02*** 0,27* 0,36* 0,22** 0,15 0,22
Élevé 0,34 0,31 0,06** 0,20* 0,30* 0,30** 0,14 0,21
Niveau de scolarité Secondaire 0,32 0,27 0,06** 0,20* 0,33 0,31*** 0,17** 0,21
Universitaire, 1er cycle 0,31 0,30 0,03** 0,26* 0,32 0,23*** 0,12** 0,22
Risque associé à la COVID‑19 Oui 0,27** 0,32** 0,04 0,26* 0,35 0,27 0,18** 0,20
Non 0,34** 0,27** 0,04 0,22* 0,31 0,25 0,13** 0.22
Modèle 2
Perception du risque Élevé 0,25** 0,30 0,04 0,33*** 0,35 0,32*** 0,20*** 0,21
Faible 0,49*** 0,26 0,04 0,08*** 0,28 0,16*** 0,06*** 0,23
A voté en 2019 Oui 0,35*** 0,32*** 0,04 0,21*** 0,33 0,27 0,14 0,21
Non 0,10*** 0,15*** 0,05 0,41*** 0,30 0,21 0,19 0,22

Remarque : * p<0,1; ** p<0,05; *** p<0,01.

Les estimations de nos modèles sont présentées à l'annexe C, tandis que les probabilités prédites sont indiquées dans le tableau 8 pour illustrer le poids des différents facteurs, puisque les coefficients de régression logistique ne peuvent être interprétés directement. Nous avons constaté que les femmes étaient moins susceptibles que les hommes (écart de 9 points) de choisir de voter le jour de l'élection (tableau 8, modèle 1, colonne 1; p<0,01). Les personnes qui vivent dans une grande ville sont moins susceptibles de voter le jour de l'élection que celles qui vivent dans une petite ville (écart de 6 points; p<0,05). Il y a un écart de 7 points entre les personnes à risque de complications et celles n'étant pas à risque pour ce qui est de voter le jour de l'élection (p<0,05). En outre, il y a une corrélation négative entre ce choix et la perception du risque associé à la COVID‑19 (modèle 2, colonne 1). Pour ce qui est de la probabilité de voter le jour de l'élection, il y a un écart de 24 points entre les personnes qui perçoivent le risque comme élevé et celles qui perçoivent le risque comme faible (0,25 contre 0,49; p<0,01). Les personnes qui ont voté en 2019 sont plus susceptibles de choisir de voter le jour de l'élection (écart de 15 points; p<0,01).

Interrogés sur les méthodes de vote qu'ils n'utiliseraient certainement pas, les jeunes répondants et les répondants à faible revenu semblent plus enclins à s'opposer à l'idée de voter le jour de l'élection (modèle 1, colonne 5). Il y a un écart de 5 points entre les personnes de 35 ans et celles de 65 ans (0,35 contre 0,30; p<0,1) et un écart de 6 points entre les personnes à faible revenu et les personnes à revenu élevé (0,36 contre 0,30; p<0,1).

Les répondants plus âgés sont légèrement plus enclins à choisir le vote par anticipation (modèle 1, colonne 2). Les personnes de 65 ans, par exemple, sont plus susceptibles que les personnes de 35 ans (écart de 9 points) de voter par anticipation (0,34 contre 0,25, p<0,01). Elles sont également moins susceptibles que les personnes de 35 ans (écart de 5 points) de voter à un bureau d'Élections Canada (p<0,01; modèle 1, colonne 3). Les personnes qui vivent dans une grande ville sont plus susceptibles de voter par anticipation que celles qui vivent dans une petite ville (écart de 7 points; p<0,05; modèle 1, colonne 2). Les personnes à revenu élevé sont plus susceptibles que les personnes à faible revenu de voter à un bureau d'Élections Canada (écart de 4 points; p<0,01; modèle 1, colonne 3) et de s'opposer au vote par anticipation (écart de 8 points; p<0,05; modèle 1, colonne 6). Les personnes ayant fait des études universitaires sont moins susceptibles que celles qui n'en ont pas fait de voter à un bureau d'Élections Canada (écart de 3 points; p<0,05; modèle 1, colonne 3), mais aussi de s'opposer au vote par anticipation (écart de 8 points; p<0,01; modèle 1, colonne 6) et de voter à un bureau d'Élections Canada (écart de 5 points; p<0,05; modèle 1, colonne 7). Les personnes qui présentent un risque de complications associées à la COVID‑19 sont plus susceptibles que celles qui n'en présentent pas de choisir de voter par anticipation (écart de 5 points; p<0,05; modèle 1, colonne 2) et d'éviter de voter à un bureau d'Élections Canada (écart de 5 points; p<0,05; modèle 1, colonne 7). De plus, les personnes qui perçoivent le risque associé à la COVID‑19 comme élevé sont plus susceptibles que celles qui perçoivent ce risque comme faible de s'opposer au vote par anticipation (écart de 16 points; p<0,01; modèle 2, colonne 6) et au vote à un bureau d'Élections Canada (écart de 14 points; p<0,01; modèle 2, colonne 7).

Enfin, il existe d'importants écarts démographiques quant à la volonté de voter par la poste, comme le montre le tableau 6. Les femmes sont plus susceptibles que les hommes (écart de 5 points) de déclarer qu'elles voteraient par la poste (0,26 contre 0,21; p<0,05; modèle 1, colonne 4). Les personnes à revenu élevé sont moins susceptibles que les personnes à faible revenu (écart de 5 points) de voter par la poste (0,20 contre 0,27, p<0,1; modèle 1, colonne 4), et les personnes ayant fait des études universitaires sont plus susceptibles que celles qui n'ont fait que des études secondaires (écart de 6 points) de voter par la poste (0,26 contre 0,20; p<0,1; modèle 1, colonne 4). En outre, les personnes qui présentent un risque de complications associées à la COVID‑19 sont plus susceptibles que celles qui n'en présentent pas (écart de 4 points) de voter par la poste (0,26 contre 0,22, p<0,1; modèle 1, colonne 4). Le lien entre la perception du risque associé à la COVID‑19 et la probabilité de voter par la poste va dans le sens qui était prévisible. En effet, les personnes qui perçoivent ce risque comme élevé sont plus susceptibles que celles qui perçoivent ce risque comme faible (écart de 25 points) de voter par la poste (0,33 contre 0,08; p<0,01; modèle 2, colonne 4).

En somme, l'inquiétude des participants face à la COVID‑19 et leur perception de la sécurité du vote sont de puissants déterminants de leur choix de voter en personne – en particulier le jour de l'élection – ou de voter par la poste.

Le mot de la fin

Nous avons tiré cinq conclusions :

  1. La perception des mesures de sécurité et l'accès à des lieux de vote sécuritaires sont susceptibles d'avoir autant d'importance que les mesures en soi. Les électeurs doivent constater par eux-mêmes qu'ils peuvent voter en toute sécurité, il ne leur suffit pas de savoir que des mesures de sécurité sont en place.
  2. Les mesures de sécurité ne feront que maintenir l'intention de voter existante, vraisemblablement sans l'augmenter.
  3. Le fait de mentionner les mesures de sécurité peut augmenter l'intérêt à travailler dans les lieux de vote.
  4. Le risque associé à la COVID‑19 continue d'inciter les électeurs à appuyer la prise de mesures de sécurité, comme le port obligatoire du masque dans les lieux de vote.
  5. Le risque associé à la COVID‑19 rend populaires les méthodes de vote alternatives.

Ces conclusions, une fois réunies, ont trois implications importantes. La mise en place de mesures de sécurité pouvant pratiquement garantir la sécurité des lieux de vote est non seulement importante, mais surtout possible. Au Canada, traditionnellement, les lieux de vote ne sont pas bondés, car chaque lieu accueille relativement peu d'électeurs (bien qu'il y ait des heures de pointe). En outre, l'ajout de mesures de sécurité a un effet cumulatif. Par contre, nos données laissent entendre que ces mesures ne font principalement que maintenir le taux de participation existant, sans l'augmenter. La participation a augmenté sensiblement en 2015 et en 2019 pour des raisons n'ayant rien à voir avec la sécurité des lieux de vote. Nos résultats actuels semblent indiquer que le maintien d'une telle participation pendant la pandémie, participation qui avait été difficilement été atteinte aux deux dernières élections, passera par une communication claire et par l'offre d'une expérience de vote sécuritaire à la prochaine élection.

Ensuite, puisque la fréquence du vote en personne n'augmentera pas, nous aurons vraisemblablement besoin de méthodes de vote alternatives autres qu'en personne. La seule méthode facilement accessible et sécuritaire qui est prévue par le cadre législatif actuel s'appliquant aux élections fédérales est le vote par la poste. Intuitivement, nous croyons qu'il faudra consolider la perception de la sécurité et de l'intégrité de cette méthode, surtout après l'élection présidentielle aux États Unis.

Enfin, la deuxième vague de la pandémie de COVID‑19 ayant commencé, le nombre d'électeurs exposés à ce virus est désormais plus élevé. Il sera donc important de surveiller si la perception du risque évolue. Comme cette perception nuira à la participation électorale, il faudra surveiller et évaluer de près les effets d'autres mesures de sécurité possibles, notamment sur la sécurité perçue, au fil de l'évolution des directives en matière de santé publique.

Annexe A–Descriptions des variables

Tableau A1. Descriptions des variables
Variable Description
Risque associé à la COVID‑19 Est-ce qu’un membre de votre ménage fait partie d’un groupe à haut risque pour lequel la vaccination antigrippale est généralement recommandée par l’Agence de la santé publique du Canada? (Ces groupes comprennent par exemple les femmes enceintes ou les personnes ayant une maladie respiratoire chronique, une maladie cardiaque chronique, une maladie rénale chronique, une maladie du foie chronique, une maladie neurologique chronique, le diabète (tous les types), le cancer, une immunosuppression, un dysfonctionnement de la rate ou un IMC supérieur à 40.)

1=Oui
Niveau de scolarité Aucune scolarité, études primaires partielles, études primaires terminées, études secondaires partielles, études secondaires terminées, études partielles au collège technique, études terminées au collège technique, études universitaires partielles, baccalauréat, maîtrise, doctorat ou diplôme professionnel; les réponses ont été ramenées sur une échelle de 0 à 1, les réponses « je ne sais pas » ont été comptées comme des réponses manquantes.
Revenu Aucun revenu; 1 $ à 30 000 $; 30 001 $ à 60 000 $; 60 001 $ à 90 000 $; 90 001 $ à 110 000 $; 110 001 $ à 150 000 $; 150 001 $ à 200 000 $; plus de 200 000 $; les réponses ont été ramenées sur une échelle de 0 à 1, les réponses « je ne sais pas/préfère ne pas répondre » ont été comptées comme des réponses manquantes.
Âge En années, chiffre ramené sur une échelle de 0 à 1, où l’âge minimal est de 18 ans et l’âge maximal, de 99 ans.
Lieu Un milieu rural, un petit village, un grand village ou une petite ville, une ville de taille moyenne, une grande ville; les réponses ont été ramenées sur une échelle de 0 à 1.
Femme 1=Oui
Région 1=Atlantique; 2=Québec; 3=Ontario; 4=Ouest
Perception du risque associé à la COVID‑19
  1. Quel est, selon vous, le degré de gravité de la menace que représente le coronavirus (la COVID‑19) pour vous-même?
  2. Quel est, selon vous, le degré de gravité de la menace que représente le coronavirus (la COVID‑19) pour les Canadiens?

Pas grave du tout, pas très grave, plutôt grave, très grave; les réponses ont été compilées et ramenées sur une échelle de 0 à 1.

A voté en 2019 1=Oui
Sécurité perçue du vote en personne Très dangereux, plutôt dangereux, plutôt sécuritaire, très sécuritaire; les réponses ont été ramenées sur une échelle de 0 à 1.
Probabilité de voter Ne voterais certainement pas, ne voterais probablement pas, voterais probablement, voterais certainement; les réponses ont été ramenées sur une échelle de 0 à 1.

Annexe B – Estimations tirées de l’analyse conjointe des effets hétérogènes

Sécurité Vote
1 2 3 4
Mention continue de la COVID‑19 0,04**
(0,01)
0,00
(0,02)
0,00
(0,02)
-0,05***
(0,02)
Risque associé à la COVID‑19 -0,05**
(0,02)
0,01
(0,02)
-0,05**
(0,02)
0,02
(0,02)
Risque * Mention 0,01
(0,01)
0,00
(0,01)
0,01
(0,01)
-0,00
(0,01)
Âge -0,46***
(0,05)
-0,41***
(0,05)
-0,39***
(0,06)
-0,33***
(0,05)
Âge * Mention 0,09***
(0,02)
0,09***
(0,02)
0,10***
(0,02)
0,09***
(0,02)
Niveau de scolarité -0,18***
(0,05)
-0,21***
(0,05)
-0,11*
(0,06)
-0,14**
(0,05)
Niveau de scolarité * Mention 0,04**
(0,02)
0,05***
(0,02)
0,05***
(0,02)
0,06***
(0,02)
Lieu 0,02***
(0,03)
0,6***
(0,03)
-0,00
(0,04)
0,03
(0,03)
Lieu * Mention -0,01
(0,01)
-0,01
(0,01)
-0,01
(0,01)
-0,01
(0,01)
Femme -0,08***
(0,02)
-0,08***
(0,02)
-0,12***
(0,02)
-0,11***
(0,02)
Femme * Mention 0,01*
(0,01)
0,01*
(0,01)
0,02***
(0,01)
0,02***
(0,01)
Perception du risque associé à la COVID‑19 -0,46***
(0,04)
-0,54***
(0,05)
Perception du risque * Mention 0,05***
(0,01)
0,09***
(0,02)
Constante 0,48*** 0,75*** 0,56*** 0,87****
R2 0,18 0,23 0,11 0,17
N 7 476 7 476 7 476 7 476

Remarque : Les erreurs types regroupées sont entre parenthèses; * p<0,1, ** p<0,05, *** p<0,01.

Annexe C – Estimations de la régression logistique

Tableau C1A. Estimations logit, méthodes de vote préférées
Vote le jour de l’élection Vote par anticipation
1 2 1 2
Risque associé à la COVID‑19 -0,34**
(0,14)
-0,24
(0,15)
0,27*
(0,14)
0,23
(0,15)
Niveau de scolarité -0,07
(0,36)
-0,36
(0,37)
0,44
(0,37)
0,36
(0,38)
Revenu 0,39
(0,31)
0,17
(0,32)
0,35
(0,31)
0,22
(0,32)
Âge -0,14
(0,34)
0,52
(0,36)
1,22***
(0,35)
0,95***
(0,36)
Lieu -0,42*
(0,21)
-0,43*
(0,23)
0,47**
(0,23)
0,40*
(0,23)
Femme -0,40***
(0,14)
-0,42***
(0,14)
0,05
(0,14)
0,04
(0,14)
Québec -0,27
(0,27)
-0,51*
(0,29)
0,16
(0,28)
0,12
(0,29)
Ontario -0,33
(0,26)
-0,43
(0,27)
-0,07
(0,27)
-0,09
(0,28)
Ouest -0,57**
(0,27)
-0,68**
(0,28)
-0,22
(0,28)
-0,22
(0,28)
Perception du risque associé à la COVID‑19 -1,15***
(0,30)
0,22
(0,29)
A voté en 2019 1,65***
(0,29)
0,91***
(0,25)
Constante 0,11 -0,04 -2,21*** -2,88***
N 1 117 1 117 1 117 1 117

Remarque : Les erreurs types sont entre parenthèses; * p<0,1; ** p<0,05; *** p<0,01.

Tableau C1B. Estimations logit, méthodes de vote préférées
Élections Canada Par la poste
1 2 1 2
Risque associé à la COVID‑19 -0,06
(0,34)
-0,00
(0,35)
0,28*
(0,15)
0,10
(0,16)
Niveau de scolarité -1,64**
(0,75)
-1,59**
(0,75)
0,76*
(0,40)
1,11***
(0,41)
Revenu 2,08***
(0,67)
2,14***
(0,67)
-0,68*
(0,36)
-0,44
(0,37)
Âge -4,94***
(1,07)
-4,84***
(1,10)
0,27
(0,37)
0,58
(0,38)
Lieu 0,01
(0,52)
0,07
(0,50)
-0,07
(0,24)
-0,15
(0,25)
Femme -0,40
(0,33)
-0,38
(0,34)
0,32**
(0,15)
0,33**
(0,15)
Québec -0,80
(0,71)
-0,82
(0,71)
0,39
(0,37)
0,66*
(0,37)
Ontario -0.50
(0,60)
-0,50
(0,60)
0,56
(0,35)
0,63*
(0,36)
Ouest 0,26
(0,61)
0,27
(0,61)
0,80**
(0,36)
0,89**
(0,36)
Perception du risque associé à la COVID‑19 -0,20
(0,60)
1,88***
(0,36)
A voté en 2019 -0,41
(0,40)
-1,03***
(0,20)
Constante -1,33* -1,03 -2,27*** -3,21***
N 1 117 1 117 1 117 1 117

Remarque : Les erreurs types sont entre parenthèses; * p<0.1, ** p<0.05, *** p<0.01.

Tableau C2A. Estimations logit, opposition aux différentes méthodes de vote
Vote le jour de l’élection Vote par anticipation
1 2 1 2
Risque associé à la COVID‑19 0,18
(0,14)
0,15
(0,14)
0,11
(0,15)
0,01
(0,15)
Niveau de scolarité -0,11
(0,35)
-0,15
(0,35)
-1.03***
(0,37)
-1,10***
(0,37)
Revenu -0,50*
(0,30)
-0,51*
(0,30)
0,69**
(0,31)
0,70**
(0,31)
Âge -0,70**
(0,33)
-0,80**
(0,34)
-0,34
(0,36)
-0,57
(0,37)
Lieu -0,11
(0,22)
-0,13
(0,22)
0,13
(0,24)
0,07
(0,24)
Femme -0,05
(0,13)
-0,06
(0,13)
-0,13
(0,14)
-0,17
(0,14)
Québec 0,32
(0,31)
0,32
(0,31)
0,26
(0,29)
0,30
(0,30)
Ontario 0,29
(0,31)
0,28
(0,30)
-0,24
(0,29)
-0,26
(0,29)
Ouest 0,29
(0,31)
0,28
(0,31)
-0,22
(0,29)
-0,24
(0,30)
Perception du risque associé à la COVID‑19 0,31
(0,28)
0,96***
(0,30)
A voté en 2019 0,18
(0,20)
0,31
(0,22)
Constante -0,42 -0,67 -0,55 -1,25***
N 1 119 1 119 1 119 1 119

Remarque : Les erreurs types sont entre parenthèses; * p<0,1; ** p<0,05; *** p<0,01.

Tableau C2B. Estimations logit, opposition aux différentes méthodes de vote
Élections Canada Par la poste
1 2 1 2
Risque associé à la COVID‑19 0,37**
(0,18)
0,26
(0,18)
-0,14
(0,16)
-0,13
(0,16)
Niveau de scolarité -0,99**
(0,47)
-0,89*
(0,47)
0,20
(0,39)
0,22
(0,39)
Revenu -0,26
(0,39)
-0,16
(0,39)
-0,09
(0,36)
-0,08
(0,36)
Âge -0,32
(0,47)
-0,37
(0,48)
0,44
(0,38)
0,47
(0,39)
Lieu 0,05
(0,30)
-0,04
(0,30)
-0,08
(0,24)
-0,07
(0,24)
Femme 0,14
(0,18)
0,12
(0,18)
-0,10
(0,15)
-0,10
(0,15)
Québec 0,51
(0,43)
0,62
(0,44)
0,11
(0,35)
0,11
(0,35)
Ontario 0,41
(0,42)
0,42
(0,43)
0,09
(0,33)
0,10
(0,34)
Ouest 0,51
(0,42)
0,53
(0,43)
0,19
(0,34)
0,19
(0,34)
Perception du risque associé à la COVID‑19 1,29***
(0,35)
-0,10
(0,32)
A voté en 2019 -0,36
(0,24)
-0,07
(0,22)
Constante -1,63*** -2,23*** -1,51*** -1,42***
N 1 119 1 119 1 119 1 119

Remarque : Les erreurs types sont entre parenthèses; * p<0,1; ** p<0,05; *** p<0,01.

Notes de bas de page

Note 1Le premier rapport a été publié en juin 2020, et le deuxième, en août 2020.

Note 2 Les coefficients de pondération minimal et maximal non ajustés étaient de 0,73 et de 1,49. Le coefficient de pondération moyen est de 1, et l'écart-type est de 0,21. Tous les résultats présentés ci-dessous se répètent en substance en l'absence de coefficients de pondération.

Note 3La première vague du sondage a été menée du 15 au 18 juin 2020. La deuxième vague du sondage a été menée du 10 au 12 août 2020.