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Les attitudes des Canadiens à l’égard du vote pendant la pandémie de COVID-19 – Vague 2

Rapport préparé pour Élections Canada

Peter John Loewen et Eric Merkley
PEARL (Policy, Elections, and Representation Lab)
Munk School of Global Affairs and Public Policy
Université de Toronto

17 août 2020

Introduction

Le présent rapport traite des effets de la pandémie de COVID-19 sur la participation électorale et l’administration des lieux de vote au Canada. À la suite de notre rapport précédent, nous examinons ici en quoi la pandémie influence les intentions de voter des Canadiens, et nous cherchons à mieux comprendre en quoi et pourquoi les diverses mesures prises par Élections Canada pourraient stimuler la participation à une élection qui aurait lieu pendant une pandémie.

Au Canada, la vaste majorité des électeurs votent en personne, et il importe de préserver cette pratique autant que possible, notamment pour inspirer confiance dans le processus électoral, maintenir les pratiques en fonction desquelles les partis et les électeurs ont adapté leur comportement et encourager l’action citoyenne qui consiste à voter aux côtés d’autres citoyens. Ce rapport s’intéresse particulièrement à la façon dont diverses mesures d’encouragement au vote en personne peuvent inspirer confiance dans le processus de vote et favoriser l’intention de voter.

Nous avons tiré cinq grandes conclusions :

  • Conclusion 1 : La pandémie de COVID-19 continue d’affaiblir les intentions de participation électorale. Ce fait reste inchangé depuis notre rapport précédent. Cet affaiblissement des intentions est surtout marqué chez les personnes qui perçoivent le risque associé à la COVID-19 comme élevé.
  • Conclusion 2 : Dans l’ensemble, parmi les différentes méthodes de vote étudiées (en personne le jour de l’élection, par anticipation, par la poste, etc.), les préférences sont stables et ont peu changé depuis la mi-juin. Comme nous l’avions constaté dans notre rapport précédent, les électeurs sont disposés à utiliser les méthodes de vote en personne, mais une minorité importante préférerait voter par la poste. Cette méthode rencontre peu d’opposition parmi les électeurs.
  • Conclusion 3 : La majorité des répondants sont en faveur du port obligatoire du masque dans les bureaux de vote. Selon l’analyse textuelle des motifs qu’ils ont indiqués, ceux qui s’y opposent le font pour des raisons liées à la liberté individuelle plutôt qu’aux inconvénients du port du masque. La perception du risque associé à la COVID-19 est un bon indicateur prévisionnel de l’appui au port obligatoire du masque.
  • Conclusion 4 : Une majorité des Canadiens seraient favorables au vote en fin de semaine, et un quart d’entre eux sont indécis à ce propos. Le vote en fin de semaine rencontre peu d’opposition. La perception du risque associé à la COVID-19 est un bon indicateur prévisionnel de l’appui au vote en fin de semaine.
  • Conclusion 5 : Nous avons étudié les effets de cinq mesures de sécurité sur les perceptions de la sécurité du vote en personne et la probabilité de voter en personne. Chacune des cinq mesures – limitation du nombre de personnes admises dans un lieu de vote, contrôle de la distanciation physique, obligation de porter un masque, distribution de désinfectant pour les mains et distribution de crayons à usage unique – a des effets positifs sur la sécurité perçue et la probabilité de voter en personne. Nous avons aussi constaté d’importants effets cumulatifs, ce qui donne à penser que chaque mesure supplémentaire a un effet positif.

La méthode de notre sondage est expliquée ci-dessous; une présentation détaillée de nos conclusions suit. Nous concluons par un examen des implications pour les politiques.

Méthodologie – Conception du sondage

Notre étude s’appuie sur un sondage mené auprès de 2 499 adultes canadiens du 10 au 12 août 2020. L’échantillon a été fourni par Dynata Inc, un fournisseur international d’échantillons pour des sondages, qui contrôle un grand nombre de groupes de répondants exclusifs. Notre échantillon a été constitué avec des quotas d’âge et de sexe à l’échelle nationale ainsi que des quotas de population à l’échelle provinciale. Nous avons ensuite pondéré les données en utilisant la procédure d’ajustement proportionnel itératif (ipfweight) dans STATA161. Les répondants ont répondu au sondage sur la plateforme Qualtrics.

Notre sondage était principalement axé sur la COVID-19. Il contenait également une série de questions sur la participation politique antérieure, l’évaluation des chefs, et d’autres sujets du genre. Le sondage était non partisan, et aucune information concernant les préférences politiques n’a été analysée pour ce rapport ou communiquée à Élections Canada. En plus des questions liées à la COVID-19, les répondants ont été invités à répondre à des questions formulées en consultation avec Élections Canada.

Dans la première partie du sondage, les répondants devaient répondre à l’une ou l’autre des questions suivantes : la première les amenait à penser à la COVID-19, et la deuxième, non.

  1. Compte tenu de la situation actuelle de la COVID-19, si une élection avait lieu demain, dans quelle mesure serait-il probable ou improbable que vous votiez?

    ou

    Si une élection avait lieu demain, dans quelle mesure serait-il probable ou improbable que vous votiez?

    • Voterais certainement
    • Voterais probablement
    • Ne voterais probablement pas
    • Ne voterais certainement pas

Dans la dernière partie du sondage, cinq questions ont été posées aux répondants. Les répondants se sont ensuite fait poser, au hasard, l’une des deux questions suivantes :

  1. Supposez maintenant qu’une élection fédérale ait lieu dans les prochaines semaines. Si vous deviez voter, et compte tenu de la situation actuelle de la COVID-19, de quelle façon voteriez-vous? [Veuillez sélectionner une seule réponse.]

    ou

    Supposez maintenant qu’une élection fédérale ait lieu dans les prochaines semaines. Si vous deviez voter, et compte tenu de la situation actuelle de la COVID-19, de quelle(s) façon(s) ne voteriez-vous certainement PAS? [Veuillez sélectionner toutes les réponses applicables.]

    • À un bureau de vote le jour de l’élection
    • À un bureau de vote par anticipation
    • À un bureau d’Élections Canada avant le jour de l’élection
    • Par la poste
    • Autre (veuillez préciser)
    • Je ne sais pas encore.

Les répondants devaient ensuite dire dans quelle mesure ils étaient d’accord avec les énoncés suivants :

  1. « Tous les électeurs devraient être tenus de porter un masque pour entrer dans un lieu de vote et pour voter. »
  2. « L’élection devrait avoir lieu un samedi et un dimanche (sur deux jours), plutôt qu’un lundi. »
    • Fortement d’accord
    • Plutôt d’accord
    • Plutôt en désaccord
    • Fortement en désaccord
    • Je ne sais pas

Ceux qui se sont dits en désaccord avec l’un ou l’autre des énoncés devaient expliquer pourquoi dans une zone de texte.

    • Pourquoi n’êtes-vous pas d’accord pour dire que tous les électeurs devraient être tenus de porter un masque pour entrer dans un lieu de vote et pour voter?
    • Pourquoi n’êtes-vous pas d’accord pour dire que l’élection devrait avoir lieu un samedi et un dimanche?

Après avoir répondu à cette série de questions, les répondants se sont livrés à une expérience d’analyse conjointe, brièvement présentée de cette façon :

Pour la partie suivante, nous vous présenterons plusieurs scénarios hypothétiques liés à l’administration du vote en personne lors de la prochaine élection fédérale. Veuillez les lire attentivement. Nous vous poserons ensuite quelques questions sur chaque scénario.

Les répondants ont reçu trois scénarios comportant les mesures de sécurité du vote, présentées dans un ordre aléatoire :

Supposez que les mesures suivantes soient mises en place pour le vote en personne lors de la prochaine élection fédérale :

  • [Limitation stricte du nombre de personnes admises dans un lieu de vote en même temps/Aucune limitation du nombre de personnes admises dans un lieu de vote]
  • [Mesures de distanciation physique visant à maintenir une distance d’au moins deux mètres entre chaque personne/Aucune mesure de distanciation physique en place]
  • [Obligation de porter un masque dans un lieu de vote/Aucune obligation de porter un masque dans un lieu de vote]
  • [Distribution de désinfectant pour les mains/Aucune distribution de désinfectant pour les mains]
  • [Distribution de crayons à usage unique/Aucune distribution de crayons à usage unique]

Après avoir lu chaque scénario, les répondants devaient répondre à ces questions :

  1. Selon vous, dans quelle mesure serait-il dangereux ou sécuritaire de voter en personne à un bureau de vote si ces mesures étaient mises en place?
    • Très dangereux
    • Plutôt dangereux
    • Plutôt sécuritaire
    • Très sécuritaire
  2. Dans quelle mesure serait-il probable que vous votiez en personne à un bureau de vote si ces mesures étaient mises en place?
    • Très probable
    • Plutôt probable
    • Pas très probable
    • Pas du tout probable

Les autres questions du sondage sont disponibles sur demande. Des descriptions des variables se trouvent à l’annexe A.

Résultats

Fréquences

Pour commencer l’analyse, examinons les réponses les plus courantes à chacune de nos questions. Le tableau 1 présente la probabilité que les répondants votent à la prochaine élection fédérale, selon eux. Les deux premières colonnes indiquent les résultats des questions à ce sujet posées au début et à la fin du sondage dans la vague précédente. Les deux colonnes suivantes indiquent les résultats des répondants de la présente vague, selon qu’ils aient ou non été amenés à penser à la COVID-19. La mention de la COVID-19 a réduit de façon marginale la probabilité de voter déclarée par les répondants (p<0,1, unilatéral), mais cet effet est estimé moins précisément que dans la vague 1 en raison de la puissance statistique inférieure du modèle inter-sujets.

Tableau 1. Probabilité de participation électorale déclarée par les répondants, avec et sans mention de la COVID-19
Vague 1 Vague 2
Probabilité de voter, au début du sondage (sans mention) Probabilité de voter, à la fin du sondage (avec mention) Probabilité de voter (sans mention) Probabilité de voter (avec mention)
Voterais certainement 73,4 66,9 75,1 71,8
Voterais probablement 19,1 22,3 17,2 19,5
Ne voterais probablement pas 4,6 7,6 4,7 6,4
Ne voterais certainement pas 2,9 3,3 3,1 2,5
N 2 497 2 497 1 207 1 293

Lorsque nous avons interrogé la moitié des répondants sur leur méthode de vote préférée, nous avons constaté des préférences marquées pour des méthodes de vote autres qu’en personne. Ces résultats sont présentés dans le tableau 2, les deux premières colonnes indiquant ceux de la vague précédente. Alors que la plupart des personnes ont indiqué qu’elles voteraient en personne, soit à un bureau de vote le jour de l’élection (29,4 %), à un bureau de vote par anticipation (28,6 %) ou à un bureau d’Élections Canada avant le jour de l’élection (5,1 %), une part importante de répondants (21,8 %) ont dit qu’ils préféreraient voter par la poste. Seulement 1 répondant sur 8 (12,9 %) a dit ne pas savoir comment il voterait.

Lorsque nous avons plutôt demandé à la moitié des répondants quelles méthodes ils n’utiliseraient certainement pas, 33 % d’entre eux ont dit qu’ils ne voteraient pas à un bureau de vote le jour de l’élection, 24 %, qu’ils ne voteraient pas à un bureau de vote par anticipation, 17 %, qu’ils ne voteraient pas à un bureau d’Élections Canada, et 20 %, qu’ils ne voteraient pas par la poste. Ainsi, la plupart des électeurs ne sont pas sensiblement opposés à une méthode de vote en particulier, mais un nombre inquiétant d’électeurs manifestent une réticence à voter le jour de l’élection ou à utiliser une autre méthode de vote en personne. Ces résultats ont peu varié d’une vague à l’autre du sondage.

Tableau 2. Préférences des répondants quant aux méthodes de vote
Vague 1 Vague 2
A l’intention d’utiliser cette méthode N’utiliserait certainement pas cette méthode A l’intention d’utiliser cette méthode N’utiliserait certainement pas cette méthode
Vote le jour de l’élection 29,2 33,1 29,4 32,5
Vote par anticipation 28,5 22,9 28,6 23,6
Vote à un bureau d’Élections Canada 4,7 17,0 5,1 16,8
Par la poste 23,2 19,1 21,8 20,0
Autre 2,2 1,7 2,2 2,2
Je ne sais pas 12,2 30,5 12,9 35,1
N 1 243 1 257 1 265 1 234

Tableau 3. Appui au port obligatoire du masque et au vote en fin de semaine
  Masque Fin de semaine
Fortement d'accord 70,4 37,1
Plutôt d'accord 17,0 25,0
Plutôt en désaccord 4,8 9,5
Fortement en désaccord 3,6 5,0
Je ne sais pas 4,3 23,5
N 2 499 2 499

Enfin, nous avons demandé aux répondants dans quelle mesure ils étaient d’accord avec des énoncés en faveur du port obligatoire du masque dans les bureaux de vote et du vote en fin de semaine plutôt qu’un lundi. Ces résultats sont présentés dans le tableau 3. Non moins de 70 % des répondants étaient fortement d’accord avec le port obligatoire du masque, et 8 % seulement ont exprimé un certain désaccord. En revanche, l’appui au vote en fin de semaine a été plus timide et incertain : 24 % des répondants se sont dits indécis à ce propos, 37 % étaient fortement d’accord, et 15 % ont exprimé un certain désaccord.

Analyse approfondie

Expérience de mention de la COVID-19

Les Canadiens sont grandement préoccupés par la pandémie de COVID-19. Comme nous l’avons démontré dans notre rapport précédent, cette inquiétude affaiblit leur confiance envers la sécurité du vote en personne, ce qui pourrait faire diminuer la participation électorale si la pandémie de COVID-19 reste au premier plan des préoccupations des Canadiens.

Tableau 4. Effets hétérogènes de la mention de la COVID-19 sur les intentions de participation électorale, estimations obtenues par la méthode des moindres carrés ordinaires (MCO)
  Coef. Erreur type Coef. Erreur type
Mention 0,02 0,04 0,07* 0,04
Risque associé à la COVID-19 0,02** 0,01 0,02 0,01
Risque associé à la COVID-19 * Mention -0,01 0,01 0,00 0,01
Niveau de scolarité 0,13*** 0,03 0,13*** 0,03
Niveau de scolarité * Mention -0,05 0,04 -0,04 0,04
Âge 0,16*** 0,02 0,15*** 0,02
Âge * Mention -0,02 0,03 -0,01 0,03
Lieu 0,01 0,02 0,00 0,02
Lieu * Mention 0,04 0,03 0,05* 0,03
Femme -0,01 0,01 -0,02 0,01
Femme * Mention -0,03* 0,01 -0,02 0,01
Perception du risque associé à la COVID-19 0,09*** 0,02
Perception du risque * Mention -0,10*** 0,03
Constante 0,51*** 0,03 0,47*** 0,03
R2 0,07 0,07
N 2 493 2 493

Remarque : * p<0,1; ** p<0,05; *** p<0,01. Toutes les covariables sont mesurées de 0 à 1.

Dans notre rapport précédent, nous avons montré que les répondants indiquaient une moindre probabilité de voter après avoir pensé à la pandémie de COVID-19 pendant 15 minutes (durée de la partie du sondage portant en grande partie sur la COVID-19). Nous avons constaté que cet effet se faisait particulièrement sentir chez les répondants plus âgés et les personnes préoccupées par la COVID-19. Cette fois-ci, nous avons appliqué un modèle inter-sujets différent pour évaluer les effets de la COVID-19 sur l’intention de voter. Un groupe de répondants devait répondre à une variante de la question sur l’intention de voter qui demandait de tenir compte de la pandémie de COVID-19 (la « mention »); l’autre groupe devait répondre à une variante qui ne le faisait pas. Nous avons constaté un petit écart de 1 point entre les deux groupes, sur une échelle de 0 à 1, dans la direction attendue; cet écart est marginalement significatif (p<0,1, unilatéral).

Nous avons évalué les effets hétérogènes sur l’intention de voter en estimant un modèle de régression par la méthode des MCO qui fait interagir la mention de la COVID-19 avec des covariables pertinentes : le sexe, le milieu urbain, l’âge, le niveau de scolarité et le risque associé à la COVID-19. Nous avons ensuite estimé un deuxième modèle qui fait aussi interagir la mention de la COVID-19 avec notre indice de perception du risque. Les estimations sont présentées dans le tableau 4. Le modèle 1 montre peu d’effets hétérogènes selon l’âge, comme nous l’avons constaté dans le rapport précédent, mais les femmes réagissent davantage à la mention de la COVID-19 (p<0,1). Cette mention n’a aucun effet prédit chez les hommes, mais réduit de 2 points l’intention de voter des femmes (p<0,1).

Cela dit, on voit nettement que la mention de la COVID-19 réduit l’intention de voter des personnes qui perçoivent le risque associé à la COVID-19 comme élevé (p<0,01). Nos modèles prédisent que l’intention de voter déclarée par ces répondants diminuerait de près de 4 points en réaction à cette mention, ce qui correspond aux résultats présentés dans le rapport précédent.

Amélioration de la sécurité perçue du vote en personne

Selon la première vague de sondage, la plupart des Canadiens estiment que le vote en personne est plutôt dangereux ou très dangereux. De plus, nous avons constaté que les gens qui estimaient que le vote en personne était dangereux – et qui étaient très préoccupés par la COVID-19 – étaient plus susceptibles d’avoir moins l’intention de voter après avoir pensé à la pandémie. Rappelons d’ailleurs que la mention de la pandémie de COVID-19 semble réduire l’intention de voter, surtout chez les répondants qui perçoivent le risque associé à la COVID-19 comme élevé.

Il devient donc essentiel de trouver des façons d’améliorer la sécurité perçue du vote en personne. Dans la vague précédente, nous avons demandé aux répondants s’ils croyaient que la série de mesures suivantes améliorerait la sécurité du vote en personne : 1) la limitation du nombre de personnes admises dans un bureau de vote; 2) la prise de mesures de distanciation physique pour garder les personnes à au moins 2 mètres les unes des autres; 3) l’obligation de porter un masque; 4) la distribution de crayons à usage unique; 5) la distribution de désinfectant pour les mains; 6) le vote à des heures matinales. Les répondants ont dit croire, de façon générale, que ces mesures amélioreraient la sécurité, allant de 61 % des répondants à propos des crayons à usage unique jusqu’à 83 % des répondants à propos de la distanciation physique. Toutefois, cette question ne donne aucune idée de l’influence de chaque mesure sur la sécurité perçue du vote en personne par les répondants ou sur leur volonté de voter dans une telle situation.

Nous avons conçu une expérience d’analyse conjointe pour résoudre ces problèmes. Ce type d’expérience est souvent utilisé dans les études de marché pour affiner la compréhension des préférences des gens dans une situation complexe et multidimensionnelle, comme le vote en personne lorsque diverses mesures de sécurité peuvent être combinées.

Nous avons d’abord indiqué aux répondants que divers scénarios possibles leur seraient présentés quant à l’administration du vote en personne :

Pour la partie suivante, nous vous présenterons plusieurs scénarios hypothétiques liés à l’administration du vote en personne lors de la prochaine élection fédérale. Veuillez les lire attentivement. Nous vous poserons ensuite quelques questions sur chaque scénario.

Ensuite, nous leur avons présenté trois scénarios où les mesures sont énoncées en ordre aléatoire :

Supposez que les mesures suivantes soient mises en place pour le vote en personne lors de la prochaine élection fédérale :

  • [Limitation stricte du nombre de personnes admises dans un lieu de vote en même temps/Aucune limitation du nombre de personnes admises dans un lieu de vote]
  • [Mesures de distanciation physique visant à maintenir une distance d’au moins deux mètres entre chaque personne/Aucune mesure de distanciation physique en place]
  • [Obligation de porter un masque dans un lieu de vote/Aucune obligation de porter un masque dans un lieu de vote]
  • [Distribution de désinfectant pour les mains/Aucune distribution de désinfectant pour les mains]
  • [Distribution de crayons à usage unique/Aucune distribution de crayons à usage unique]

À propos de chaque scénario, les répondants devaient répondre à deux questions : « Selon vous, dans quelle mesure serait-il dangereux ou sécuritaire de voter en personne à un bureau de vote si ces mesures étaient mises en place? » (très sécuritaire, plutôt sécuritaire, plutôt dangereux ou très dangereux) et « Dans quelle mesure serait-il probable que vous votiez en personne à un bureau de vote si ces mesures étaient mises en place? » (très probable, plutôt probable, pas très probable, pas du tout probable).

Nous estimons les effets de chaque mesure sur la sécurité perçue et la probabilité de voter, à l’aide de deux modèles. Les estimations peuvent être interprétées comme l’effet de causalité de chaque attribut en moyenne par rapport aux distributions de tous les autres attributs du modèle. Cela nous indiquera quelles mesures améliorent le plus la sécurité perçue et la probabilité de voter en personne.

Les estimations sont présentées dans la figure 1. Toutes les mesures améliorent de manière significative la sécurité perçue et la probabilité de voter en personne à p<0,001, mais il y a des écarts quant à l’ampleur de l’effet. L’effet de la distribution de crayons à usage unique (6 points dans les deux cas, sur une échelle de 0 à 1) et l’effet de la distribution de désinfectant pour les mains (9 et 8 points) sont moins importants que ceux de la limitation du nombre de personnes, de la distanciation physique et de l’obligation de porter le masque, qui vont de 12 à 14 points. Ce sont là des effets importants.

Figure 1. Effets des mesures de sécurité sur la sécurité perçue et la probabilité de voter en personne. Remarque : Intervalles de confiance de 95 %.

Figure 1. Effets des mesures de sécurité sur la sécurité perçue et la probabilité de voter en personne

Description de la « Figure 1. Effets des mesures de sécurité sur la sécurité perçue et la probabilité de voter en personne »

Le diagramme de différence des moyennes (ci-dessus) met en lumière : l’effet des mesures de sécurité proposées sur le sentiment de sécurité qu’auraient les électeurs s’ils votaient en personne durant la pandémie de COVID-19 (cercle) et la probabilité que les électeurs votent en personne (carré).

L’axe des y présente les variables (crayons à usage unique, distribution de désinfectant, obligation de porter un masque, distanciation physique et limitation du nombre de personnes).

L’axe des x présente une échelle de 0 à 1.

Remarque : Intervalles de confiance de 95 %.

  Nombre de points pour le sentiment de sécurité que les mesures proposées inspirent aux électeurs par rapport au vote en personne (échelle de 0 à 1) Nombres de points pour la probabilité que les électeurs votent en personne (échelle de 0 à 1)
Mesures de sécurité proposées    
Crayons à usage unique 6 6
Distribution de désinfectant pour les mains 9 8
Obligation de porter un masque 12 14
Distanciation physique 11 12
Limitation du nombre de personnes 13 14

L’analyse ci-dessus suppose que chaque mesure a ses propres effets sur la sécurité perçue et la probabilité de voter en personne. Toutefois, il peut aussi exister des effets d’interaction. Par exemple, il est possible que les répondants voient les mesures comme interchangeables en tout ou en partie; dans ce cas, des mesures de sécurité supplémentaires auraient un rendement marginal décroissant. Il est aussi possible qu’ils estiment que ces mesures sont complémentaires, de sorte que l’effet d’une mesure est encore plus important lorsque des mesures supplémentaires sont en place.

Nous n’avions pas d’attentes théoriques quant aux mesures qui sont plus ou moins susceptibles de produire des effets d’interaction. Par conséquent, pour évaluer cette possibilité, nous établissons une mesure continue allant de 0 à 5 applicable au nombre de mesures de sécurité auxquelles les répondants ont été exposés dans un scénario donné. Nous examinons l’effet de cet indice sur la sécurité perçue et avons utilisé un terme quadratique pour tenir compte de la non-linéarité. Les prévisions issues de ce modèle sont présentées dans la figure 2.

Figure 2. Effets des mesures de sécurité sur la sécurité perçue, à gauche, et sur la probabilité de voter en personne, à droite. Remarque : Intervalles de confiance de 95 %.

Figure 2. Effets des mesures de sécurité sur la sécurité perçue, à gauche, et sur la probabilité de voter en personne, à droite

Description de la « Figure 2. Effets des mesures de sécurité sur la sécurité perçue, à gauche, et sur la probabilité de voter en personne, à droite »

Les deux diagrammes de dispersion (ci-dessus) présentent une relation quadratique entre :

  • le nombre de mesures de sécurité mises en place (axe des x, sur une échelle de 1 à 5) et le sentiment de sécurité prédit (axe des y, sur une échelle de 0 à 1);
  • le nombre de mesures de sécurité mises en place (axe des x, sur une échelle de 1 à 5) et la probabilité que les électeurs votent en personne (axe des y, sur une échelle de 0 à 1).
  Aucune mesure de sécurité Une mesure de sécurité Deux mesures de sécurité Trois mesures de sécurité Quatre mesures de sécurité Cinq mesures de sécurité
Sentiment de sécurité prédit (échelle de 0 à 1) 2 points 3 points 4 points 5 points 6 points 8 points

  Aucune mesure de sécurité Une mesure de sécurité Deux mesures de sécurité Trois mesures de sécurité Quatre mesures de sécurité Cinq mesures de sécurité
Probabilité que les électeurs votent en personne (échelle de 0 à 1) 3 3,5 4 5,5 6,5 8

Cette figure montre clairement que les effets des mesures de sécurité, tant sur la sécurité perçue que sur la probabilité de voter en personne, augmentent en fonction du nombre de mesures. Le passage de 0 mesure à 1 mesure ne produit que 5 points d’effet, alors que le passage de 4 mesures à 5 mesures en produit 17. D’un scénario comportant 0 mesure de sécurité à un scénario comportant les 5 mesures, la sécurité perçue passe de 0,24 à 0,79 sur une échelle de 0 à 1. De la même façon, le passage de 0 mesure à 1 mesure produit 5 points d’effet sur la probabilité de voter en personne, alors que le passage de 4 à 5 mesures en produit 15. D’un scénario comportant 0 mesure de sécurité à un scénario comportant les 5 mesures, la probabilité de voter en personne passe de 0,3 à 0,81 sur une échelle de 0 à 1. On gagne donc à mettre en place plusieurs mesures de sécurité.

Nous pouvons également vérifier s’il existe des écarts importants d’un groupe à l’autre quant à l’effet des mesures de sécurité sur la sécurité perçue et sur la probabilité de voter en personne. Pour ce faire, nous faisons interagir les covariables pertinentes, soit le risque associé à la COVID-19, l’âge, le niveau de scolarité, le milieu urbain et le sexe, avec notre indice de perception du risque. Nous avons estimé un deuxième ensemble de modèles qui comporte une interaction semblable avec la perception du risque associé à la COVID-19. Les estimations sont présentées à l’annexe B. Le tableau 5 présente la moyenne prédite des valeurs des covariables pertinentes pour les personnes exposées à des scénarios ne comportant aucune mesure de sécurité et celles exposées à des scénarios comportant les cinq mesures.

Tableau 5. Sécurité perçue et probabilité de voter en personne – Valeurs prédites selon les covariables pertinentes
Sécurité perçue Vote en personne
Nombre de mesures de sécurité Aucune Toutes Écart Aucune Toutes Écart
Modèle 1
Femme Oui 0,08 0,72 0,64*** 0,16 0,74 0,58***
Non 0,24 0,72 0,48*** 0,31 0,75 0,44***
Âge 35 0,25 0,70 0,45*** 0,30 0,73 0,43***
65 0,04 0,75 0,71*** 0,14 0,77 0,63***
Milieu urbain Petite ville 0,12 0,73 0,61* 0,19 0,75 0,56
Grande ville 0,19 0,72 0,53* 0,25 0,74 0,49
Niveau de scolarité Secondaire 0,23 0,71 0,48*** 0,29 0,72 0,43***
Universitaire, 1er cycle 0,11 0,73 0,62*** 0,19 0,76 0,57***
Risque associé à la COVID-19 Oui 0,15 0,71 0,56 0,23 0,74 0,51
Non 0,17 0,73 0,56 0,24 0,75 0,51
Modèle 2
Perception du risque Élevé 0,06 0,67 0,61* 0,11 0,71 0,60***
Faible 0,38 0,85 0,47* 0,48 0,83 0,35***

Remarque : * p<0,1; ** p<0,05; *** p<0,01.

Ces valeurs p montrent des écarts quant à l’effet de la mention de la COVID-19 d’un groupe à l’autre.

Nous décrivons ici les effets allant des scénarios ne comportant aucune mesure de sécurité jusqu’aux scénarios comportant les cinq mesures. La perception de la sécurité est plus susceptible d’augmenter chez les femmes que chez les hommes (64 points contre 48 points, modèle 1, colonne 3); cet écart est très significatif (p<0,01). La sécurité perçue par les personnes de 65 ans devrait augmenter de 71 points, contre 45 points seulement dans le cas des personnes de 35 ans. Cet écart est lui aussi significatif (p<0,01). La sécurité perçue par les personnes qui ont fait des études universitaires devrait augmenter de 62 points, contre 48 points seulement dans le cas de celles qui n’ont fait que des études secondaires (p<0,01). La sécurité perçue par les résidents de petites villes devrait augmenter davantage que chez les résidents de grandes villes, mais l’écart sera petit (p<0,1). Par contre, le risque pour la santé associé à la COVID-19 ne semble pas lié à l’efficacité des mesures.

Nous voyons aussi que la sécurité perçue par les personnes qui perçoivent le risque associé à la COVID-19 comme élevé devrait augmenter de 61 points, contre 47 points seulement dans le cas des personnes qui perçoivent ce risque comme faible (p<0,1, modèle 2, colonne 3). Nous observons pratiquement les mêmes tendances pour ce qui est de la probabilité de voter en personne déclarée par les répondants.

En résumé, l’adoption de mesures de sécurité améliore davantage la sécurité perçue et la probabilité de voter chez les femmes, les personnes âgées, les personnes dont le niveau de scolarité est élevé et celles qui perçoivent le risque associé à la COVID-19 comme élevé. En définitive, les écarts moyens dans la sécurité perçue et la probabilité de voter en personne diminuent lorsque ces mesures sont en place.

Tableau 6. Estimations obtenues par la méthode des MCO – Appui au port obligatoire du masque et au vote en fin de semaine
Port obligatoire du masque Vote en fin de semaine
1 2 1 2
Risque associé à la COVID-19 0,01
(0,01)
-0,02*
(0,01)
0,02
(0,01)
-0,01
(0,01)
Niveau de scolarité 0,19***
(0,03)
0,17***
(0,03)
0,10***
(0,03)
0,08**
(0,03)
Revenu 0,03
(0,03)
0,03
(0,03)
-0,01
(0,03)
-0,01
(0,03)
Âge 0,25***
(0,03)
0,22***
(0,03)
-0,02
(0,03)
-0,05
(0,03)
Lieu 0,03
(0,02)
-0,01
(0,02)
0,00
(0,02)
-0,02
(0,02)
Femme 0,05***
(0,01)
0,04***
(0,01)
-0,01
(0,01)
-0,01
(0,01)
Québec 0,01
(0,02)
0,06***
(0,02)
0,00
(0,03)
0,03
(0,03)
Ontario 0,00
(0,02)
0,02
(0,02)
-0,01
(0,03)
-0,00
(0,03)
Ouest -0,02
(0,02)
-0,00
(0,02)
-0,01
(0,03)
-0,00
(0,03)
Perception du risque associé à la COVID-19   0,35***
(0,03)
  0,23***
(0,03)
A voté en 2019 0,03**
(0,02)
0,06***
(0,02)
Constante 0,59*** 0,36*** 0,65*** 0,48***
R2 0,07 0,17 0,01 0,04
N 2 269 2 269 2 269 2 269

Remarque : Les erreurs types sont entre parenthèses; * p<0,1; ** p<0,05; *** p<0,01.

Toutes les covariables sont ramenées sur une échelle de 0 à 1 pour leur minimum et leur maximum.

Déterminants de l’appui au port obligatoire du masque et au vote en fin de semaine

Près de 88 % des répondants sont plutôt ou fortement d’accord avec le port obligatoire du masque aux bureaux de vote, et 62 % sont plutôt ou fortement d’accord avec le vote en fin de semaine. Nos données nous permettent de déterminer quels groupes de Canadiens sont davantage favorables ou hostiles à ces mesures. Nous avons estimé deux modèles pour chaque question. Le premier modèle prédit l’appui à la mesure en tenant compte de caractéristiques démographiques telles que la région, le sexe, l’âge, le lieu de résidence, le revenu du ménage en 2018, le niveau de scolarité et le risque de complications associées à la COVID-19 pour la personne (ou un membre de son ménage). Le deuxième modèle tient compte des mêmes caractéristiques, auxquelles s’ajoutent la perception du risque associé à la COVID-19 (indice de 0 à 1) et la participation ou non du répondant à l’élection fédérale de 2019 (1=Oui). Chaque variable dépendante est mesurée sur une échelle de 0 à 1, où 1 correspond aux répondants qui appuient fortement la mesure. Les réponses « je ne sais pas » ont été comptées comme des réponses neutres.

Le modèle 1 montre que le niveau de scolarité (p<0,01), l’âge (p<0,01) et le sexe (p<0,01) sont fortement associés à l’appui au port obligatoire du masque. L’appui d’une personne qui a fait des études universitaires dépasserait de 8 points celui d’une personne qui n’a fait que des études secondaires. L’appui d’une personne de 65 ans dépasserait de 10 points celui d’une personne de 35 ans, et celui d’une femme, dépasser de 5 points celui d’un homme. Fait intéressant, il n’y a pas de lien entre le risque pour la santé associé à la COVID-19 et l’appui au port obligatoire du masque si on tient compte d’autres facteurs dans le modèle. Le modèle 2 montre que la perception du risque associé à la COVID-19 est étroitement liée à l’appui au port obligatoire du masque (p<0,01), tout comme les antécédents de vote (p<0,05). L’appui au port obligatoire du masque d’une personne qui a voté en 2019 dépasserait de 3 points celui d’une personne qui n’a pas voté, alors que l’appui d’une personne qui perçoit le risque associé à la COVID-19 comme élevé dépasserait de 35 points celui d’une personne qui perçoit ce risque comme faible.

L’appui au vote en fin de semaine est moins bien prédit par nos modèles. Le modèle 3 montre que le niveau de scolarité est le seul déterminant démographique de l’appui à cette mesure (p<0,01). L’appui d’une personne qui a fait des études universitaires dépasserait de 4 points celui d’une personne qui n’a fait que des études secondaires. Le modèle 4 montre que la perception du risque associé à la COVID-19 est étroitement liée à l’appui à cette mesure (p<0,01), tout comme les antécédents de vote (p<0,01). L’appui d’une personne qui a voté en 2019 dépasserait de 6 points celui d’une personne qui n’a pas voté, alors que l’appui d’une personne qui perçoit le risque associé à la COVID-19 comme élevé dépasserait de 23 points celui d’une personne qui perçoit ce risque comme faible.

Et qu’est-ce au juste qui sous-tend l’opposition au port obligatoire du masque et au vote en fin de semaine? Nous avons exploré les réponses aux questions ouvertes à l’aide du programme d’analyse automatisée de contenu quanteda. Après avoir traité les données, nous avons produit des représentations de la fréquence des mots employés pour faire ressortir les thèmes communs. Les thèmes qui ressortent le plus clairement de cette analyse ont trait au choix individuel, à la liberté et aux droits. On note également une dimension distincte liée aux questions sur les preuves scientifiques appuyant le port du masque.

Les résultats de l’analyse effectuée relativement à la question ouverte sur le vote en fin de semaine. Selon les mots de quatre caractères ou plus, le travail, le manque de temps et un horaire chargé sont au cœur des réponses. Les mots de cinq caractères ou plus dresse un portrait plus clair des facteurs. Il semble qu’un d’eux soit l’empiétement d’un vote en fin de semaine sur le temps consacré à la famille et à la religion, et un autre a trait aux foules et au trafic en fin de semaine.

Déterminants des préférences quant aux méthodes de vote

L’inquiétude suscitée par la COVID-19 et la sécurité perçue du vote sont également étroitement liées aux méthodes de vote que les gens sont prêts à utiliser ou qu’ils préfèrent éviter. Nous avons estimé deux modèles qui prédisent la préférence des répondants pour différentes méthodes de vote, soit le vote le jour de l’élection, le vote par anticipation, le vote à un bureau d’Élections Canada et le vote par la poste, ainsi que l’opposition à chacune de ces méthodes. Le premier modèle tient compte de caractéristiques démographiques telles que la région, le sexe, l’âge, le lieu de résidence, le revenu du ménage en 2018, le niveau de scolarité et le risque de complications associées à la COVID-19 pour la personne (ou un membre de son ménage). Le deuxième modèle tient compte des mêmes caractéristiques, en ajoutant l’inquiétude suscitée par la COVID-19 ainsi que la participation ou non du répondant à l’élection fédérale de 2019.

Les estimations de nos modèles sont présentées à l’annexe C, tandis que les probabilités prédites sont indiquées dans le tableau 5 pour illustrer le poids des différents facteurs, puisque les coefficients de régression logistique ne peuvent pas être interprétés directement. Nous avons constaté que les femmes étaient moins susceptibles que les hommes (écart de 8 points) de choisir de voter le jour de l’élection (tableau 7, modèle 1, colonne 1; p<0,01), et il y a une corrélation négative entre ce choix et la perception du risque associé à la COVID-19 (modèle 2, colonne 1). Pour ce qui est de la probabilité de voter le jour de l’élection, il y a un écart de 14 points entre les personnes qui perçoivent le risque comme élevé et celles qui perçoivent le risque comme faible (0,26 contre 0,40; p<0,05). Les personnes qui ont voté en 2019 sont plus susceptibles de choisir de voter le jour de l’élection (écart de 18 points; p<0,01).

Interrogés sur les méthodes de vote qu’ils n’utiliseraient certainement pas, les jeunes répondants et ceux qui présentent un risque de complications associées à la COVID-19 semblent plus enclins à s’opposer à l’idée de voter le jour de l’élection (modèle 1, colonne 5). Il y a un écart de 7 points entre les personnes à risque de complications et celles n’étant pas à risque (0,37 contre 0,30; p<0,05), et un écart de 5 points entre les personnes de 35 ans et celles de 65 ans (0,35 contre 0,30; p<0,1). Les répondants qui perçoivent le risque associé à la COVID-19 comme élevé sont plus susceptibles que ceux qui perçoivent ce risque comme faible (écart de 10 points) de déclarer qu’ils ne voteraient certainement pas le jour de l’élection (0,36 contre 0,26; p<0,1; modèle 2, colonne 5). Quant à la probabilité de s’opposer au fait de voter le jour de l’élection, il y a aussi un écart de 10 points entre les personnes qui ont voté en 2019 et celles qui n’ont pas voté (0,36 contre 0,26; p<0,05; modèle 2, colonne 5), ce qui traduit sans doute des préférences sur le plan des méthodes de vote plus marquées chez les votants probables.

Tableau 7. Probabilité prédite d’être favorable ou opposé à une méthode de vote, selon les valeurs des covariables pertinentes
Soutien Opposition
Vote le jour de l’élection
1
Vote par anticipation
2
Bureau d’EC
3
Par la poste
4
Vote le jour de l’élection
5
Vote par anticipation
6
Bureau d’EC
7
Par la poste
8
Modèle 1
Femme Oui 0,26*** 0,27 0,04 0,25*** 0,32 0,20*** 0,17 0,22
No 0,34*** 0,30 0,06 0,19*** 0,34 0,28*** 0,17 0,20
Âge 35 0,31 0,24*** 0,07*** 0,21 0,35* 0,27*** 0,19** 0,20
65 0,29 0,34*** 0,03*** 0,24 0,30* 0,20*** 0,14** 0,22
Milieu urbain Petite ville 0,28 0,27 0,05 0,21 0,36 0,22 0,15 0,20
Grande ville 0,31 0,29 0,05 0,23 0,31 0,26 0,18 0,22
Revenu Faible 0,30 0,27 0,04* 0,25* 0,34 0,24 0,17 0,21
Élevé 0,30 0,30 0,07* 0,20* 0,32 0,24 0,17 0,21
Niveau de scolarité Secondaire 0,31 0,29 0,07** 0,17*** 0,33 0,26 0,18 0,20
Universitaire, 1er cycle 0,30 0,28 0,04** 0,25*** 0,32 0,23 0,17 0,22
Risque associé à la COVID-19 Oui 0,28 0,28 0,07** 0,24 0,37** 0,27* 0,19 0,20
Non 0,31 0,29 0,04** 0,21 0,30** 0,22* 0,16 0.22
Modèle 2
Perception du risque Élevé 0,26** 0,28 0,05 0,31*** 0,36* 0,23 0,17 0,24*
Faible 0,40** 0,29 0,07 0,08*** 0,26* 0,27 0,17 0,14*
A voté en 2019 Oui 0,32*** 0,31*** 0,05 0,21*** 0,34** 0,25* 0,16 0,20
Non 0,14*** 0,11*** 0,05 0,34*** 0,24** 0,19* 0,21 0,23

Remarque : * p<0,1; ** p<0,05; *** p<0,01.

Les répondants plus âgés sont légèrement plus enclins à choisir le vote par anticipation (p<0,01; modèle 1, colonne 2) et moins enclins à s’y opposer (p<0,1; modèle 1, colonne 6). Les personnes de 65 ans, par exemple, sont plus susceptibles que les personnes de 35 ans (écart de 10 points) de voter par anticipation (0,34 contre 0,24), tandis qu’elles sont moins susceptibles (écart de 7 points) d’éviter cette méthode de vote (0,20 contre 0,27). Elles sont également moins susceptibles que les personnes de 35 ans (écart de 4 points) de voter à un bureau d’Élections Canada (p<0,01; modèle 1, colonne 3), et plus susceptibles (écart de 5 points) d’éviter certainement cette méthode de vote (p<0,05; modèle 1, colonne 7). Les personnes qui présentent un risque de complications associées à la COVID-19 sont plus susceptibles que celles qui n’en présentent pas (écart de 3 points) de choisir de voter à un bureau d’Élections Canada (p<0,05; modèle 1, colonne 3) et plus susceptibles (écart de 5 points) d’éviter le vote par anticipation (p<0,1; modèle 1, colonne 6). La perception du risque associé à la COVID-19 n’est pas liée de manière significative au choix ou au rejet du vote par anticipation ou du vote à un bureau d’Élections Canada (modèle 2).

Enfin, il existe d’importants écarts démographiques quant à la volonté de voter par la poste, comme le montre le tableau 6. Les femmes sont plus susceptibles que les hommes (écart de 5 points) de déclarer qu’elles voteraient par la poste (0,25 contre 0,19; p<0,01; modèle 1, colonne 4). Les personnes à revenu élevé sont moins susceptibles que les personnes à faible revenu (écart de 5 points) de voter par la poste (0,20 contre 0,25, p<0,1; modèle 1, colonne 4), et les personnes ayant fait des études universitaires sont plus susceptibles que celles qui n’ont fait que des études secondaires (écart de 8 points) de voter par la poste (0,25 contre 0,17; p<0,01; modèle 1, colonne 4). Le lien entre la perception du risque associé à la COVID-19 et la probabilité de voter par la poste va dans le sens qui était prévisible. En effet, les personnes qui perçoivent ce risque comme élevé sont plus susceptibles que celles qui perçoivent ce risque comme faible (écart de 23 points) de voter par la poste (0,31 contre 0,08; p<0,01; modèle 2, colonne 4). Il existe curieusement un lien entre la perception du risque et l’opposition à l’idée de voter par la poste, bien que l’effet constaté ne soit que marginalement significatif (p<0,1).

En somme, l’inquiétude des participants face à la COVID-19 et leur perception de la sécurité du vote sont de puissants déterminants de leur choix de voter en personne – en particulier le jour de l’élection – ou de voter par la poste.

Conclusion

La pandémie de COVID-19 continue de bouleverser notre quotidien. En particulier, elle continue d’avoir un effet négatif sur l’intention de participer à une prochaine élection. La perturbation amène des organisations en tous genres à innover. Le fait de comprendre comment les gens avec qui elles interagissent vont réagir aux mesures adoptées est vital pour maintenir des activités essentielles pendant la pandémie. La gestion électorale ne fait pas exception à cette exigence. Comme le montre notre rapport, les organismes de gestion électorale peuvent introduire diverses innovations pour rassurer le public quant à la sécurité du vote et accroître les intentions de voter. Fait important, les effets de ces mesures sont cumulatifs, ce qui donne à penser que la multiplication des efforts déployés pour améliorer la sécurité du vote produira de plus grands effets.

Soulignons une constante : l’indicateur prévisionnel le plus important de la volonté de voter malgré la COVID-19 demeure la perception personnelle du risque associé à la COVID-19. Les personnes qui perçoivent un risque pour elles-mêmes et pour d’autres, quelles que soient leurs caractéristiques démographiques, sont les plus susceptibles de réagir positivement aux diverses mesures de sécurité et d’ajuster en conséquence leur intention de voter. Informer ces personnes au sujet de la sécurité du vote le plus directement et le plus clairement possible se traduira par des résultats importants.

Annexe A–Descriptions des variables

Tableau A1. Descriptions des variables
Variable Description
Risque associé à la COVID-19 Est-ce qu’un membre de votre ménage fait partie d’un groupe à haut risque pour lequel la vaccination antigrippale est généralement recommandée par l’Agence de la santé publique du Canada? (Ces groupes comprennent par exemple les femmes enceintes ou les personnes ayant une maladie respiratoire chronique, une maladie cardiaque chronique, une maladie rénale chronique, une maladie du foie chronique, une maladie neurologique chronique, le diabète (tous les types), le cancer, une immunosuppression, un dysfonctionnement de la rate ou un IMC supérieur à 40.)

1=Oui
Niveau de scolarité Aucune scolarité, études primaires partielles, études primaires terminées, études secondaires partielles, études secondaires terminées, études partielles au collège technique, études terminées au collège technique, études universitaires partielles, baccalauréat, maîtrise, doctorat ou diplôme professionnel; les réponses ont été ramenées sur une échelle de 0 à 1, les réponses « je ne sais pas » ont été comptées comme des réponses manquantes.
Revenu Aucun revenu; 1 $ à 30 000 $; 30 001 $ à 60 000 $; 60 001 $ à 90 000 $; 90 001 $ à 110 000 $; 110 001 $ à 150 000 $; 150 001 $ à 200 000 $; plus de 200 000 $; les réponses ont été ramenées sur une échelle de 0 à 1, les réponses « je ne sais pas/préfère ne pas répondre » ont été comptées comme des réponses manquantes.
Âge En années, chiffre ramené sur une échelle de 0 à 1, où l’âge minimal est de 18 ans et l’âge maximal, de 99 ans.
Lieu Un milieu rural, un petit village, un grand village ou une petite ville, une ville de taille moyenne, une grande ville; les réponses ont été ramenées sur une échelle de 0 à 1.
Femme 1=Oui
Région 1=Atlantique; 2=Québec; 3=Ontario; 4=Ouest
Perception du risque associé à la COVID-19
  1. Quel est, selon vous, le degré de gravité de la menace que représente le coronavirus (la COVID-19) pour vous-même?
  2. Quel est, selon vous, le degré de gravité de la menace que représente le coronavirus (la COVID-19) pour les Canadiens?

Pas grave du tout, pas très grave, plutôt grave, très grave; les réponses ont été compilées et ramenées sur une échelle de 0 à 1.

A voté en 2019 1=Oui
Sécurité perçue du vote en personne Très dangereux, plutôt dangereux, plutôt sécuritaire, très sécuritaire; les réponses ont été ramenées sur une échelle de 0 à 1.
Probabilité de voter Ne voterais certainement pas, ne voterais probablement pas, voterais probablement, voterais certainement; les réponses ont été ramenées sur une échelle de 0 à 1.

Annexe B–Estimations tirées de l’analyse conjointe des effets hétérogènes

Tableau B1. Estimations tirées de l’analyse conjointe des effets hétérogènes
Sécurité Vote
1 2 3 4
Mention continue de la COVID-19 0,02
(0,02)
-0,00
(0,02)
0,02
(0,02)
-0,01
(0,02)
Risque associé à la COVID-19 -0,02
(0,02)
0,01
(0,02)
-0,01
(0,02)
0,02
(0,02)
Risque * Mention -0,00
(0,01)
-0,00
(0,01)
0,00
(0,01)
-0,00
(0,01)
Âge -0,57***
(0,05)
-0,55***
(0,05)
-0,44***
(0,06)
-0,42***
(0,06)
Âge * Mention 0,14***
(0,02)
0,13***
(0,02)
0,11***
(0,02)
0,11***
(0,02)
Niveau de scolarité -0,29***
(0,06)
-0,29***
(0,06)
-0,23***
(0,06)
-0,23***
(0,06)
Niveau de scolarité * Mention 0,07***
(0,02)
0,07***
(0,02)
0,07***
(0,02)
0,07***
(0,02)
Lieu 0,09***
(0,04)
0,12***
(0,03)
0,08**
(0,04)
0,11***
(0,04)
Lieu * Mention -0,02*
(0,01)
-0,02**
(0,01)
-0,02
(0,01)
-0,02
(0,01)
Femme -0,16***
(0,02)
-0,15***
(0,02)
-0,15***
(0,02)
-0,14***
(0,02)
Femme * Mention 0,03***
(0,01)
0,03***
(0,01)
0,03***
(0,01)
0,03***
(0,01)
Perception du risque associé à la COVID-19 -0,32***
(0,05)
-0,36***
(0,05)
Perception du risque * Mention 0,03*
(0,02)
0,05***
(0,02)
Constante 0,58*** 0,76*** 0,56*** 0,76****
R2 0,18 0,21 0,13 0,16
N 7 479 7 479 7 479 7 479

Remarque : Les erreurs types regroupées sont entre parenthèses; * p<0,1, ** p<0,05, *** p<0,01

Annexe C–Fréquence des mots employés

Tableau C1. Fréquence des mots employés – Opposition au port obligatoire du masque
Rang 5 caractères ou plus 4 caractères ou plus
Mot Fréquence Mot Fréquence
1 virus 13 virus 13
2 choic 8 know 11
3 person 8 choic 8
4 right 7 person 8
5 breath 6 sure 8
6 spread 6 right 7
7 mandatori 6 need 7
8 forc 5 breath 6
9 someon 5 spread 6
10 freedom 5 mandatori 6
11 know 5 forc 5
13 distanc 4 want 5
13 go 4 someon 5
14 alreadi 4 freedom 5
15 requir 4 work 5
17 realli 4 stop 5
17 protect 4 distanc 4
18 prevent 4 like 4
19 effect 4 go 4
20 comment 4 alreadi 4

Tableau C2. Fréquence des mots employés – Opposition au vote en fin de semaine
Rang 5 caractères ou plus 4 caractères ou plus
Mot Fréquence Mot Fréquence
1 crowd 14 work 39
2 matter 10 time 20
3 disagre 8 crowd 14
4 differ 8 mani 14
5 chang 8 busi 11
6 reason 8 matter 10
7 advanc 7 make 10
8 prefer 7 need 10
9 everyon 6 move 9
10 better 6 sure 9
11 busier 6 disagre 8
13 move 6 differ 8
13 work 6 chang 8
14 religi 5 reason 8
15 relax 5 advanc 7
17 famili 5 prefer 7
17 spread 5 less 7
18 break 4 everyon 6
19 alreadi 4 better 6
20 realli 4 busier 6

Annexe D–Estimations de la régression logistique

Tableau D1A. Estimations logit, méthodes de vote préférées
Vote le jour de l’élection Vote par anticipation
1 2 1 2
Risque associé à la COVID-19 -0,17
(0,14)
-0,13
(0,15)
-0,02
(0,14)
-0,05
(0,14)
Niveau de scolarité -0,12
(0,34)
-0,29
(0,35)
-0,19
(0,36)
-0,38
(0,37)
Revenu 0,00
(0,29)
-0,09
(0,29)
0,32
(0,28)
0,27
(0,29)
Âge -0,31
(0,33)
-0,49
(0,34)
1,25***
(0,34)
1,04***
(0,35)
Lieu 0,22
(0,24)
0,28
(0,24)
0,16
(0,23)
0,16
(0,23)
Femme -0,42***
(0,13)
-0,38***
(0,13)
-0,12
(0,14)
-0,08
(0,14)
Québec 0,14
(0,28)
0,01
(0,29)
0,54*
(0,30)
0,50*
(0,30)
Ontario -0,08
(0,28)
-0,16
(0,28)
0,40
(0,30)
0,36
(0,30)
Ouest -0,08
(0,28)
-0,14
(0,28)
0,35
(0,30)
0,31
(0,31)
Perception du risque associé à la COVID-19 -0,69**
(0,29)
-0,06
(0,28)
A voté en 2019 1,06***
(0,27)
1,28***
(0,30)
Constante -0,53 -0,80* -1,86*** -2,74***
N 1 161 1 161 1 161 1 161

Remarque : Les erreurs types sont entre parenthèses; * p<0,1; ** p<0,05; *** p<0,01

Tableau D1B. Estimations logit, méthodes de vote préférées
Élections Canada Par la poste
1 2 1 2
Risque associé à la COVID-19 0,56**
(0,28)
0,60**
(0,29)
0,20
(0,15)
0,08
(0,15)
Niveau de scolarité -1,34**
(0,63)
-1,37**
(0,66)
1,29***
(0,39)
1,41***
(0,39)
Revenu 1,21*
(0,65)
1,18*
(0,65)
-0,55*
(0,32)
-0,45
(0,32)
Âge -2,79***
(0,77)
-2,82***
(0,76)
0,47
(0,37)
0,62*
(0,37)
Lieu 0,04
(0,46)
0,10
(0,48)
0,19
(0,26)
0,07
(0,27)
Femme -0,35
(0,27)
-0,34
(0,27)
0,38***
(0,15)
0,34**
(0,15)
Québec 1,10
(1,03)
1,03
(1,02)
-1,15***
(0,32)
-0,93***
(0,34)
Ontario 1,57
(1,00)
1,53
(1,00)
-0,25
(0,29)
-0,12
(0,30)
Ouest 1,53
(1,02)
1,50
(1,02)
-0,28
(0,29)
-0,21
(0,31)
Perception du risque associé à la COVID-19 -0,44
(0,52)
1,62***
(0,34)
A voté en 2019 0,12
(0,40)
-0,72***
(0,22)
Constante -3,22*** -3,00*** -2,03*** -2,70***
N 1 161 1 161 1 161 1 161

Remarque : Les erreurs types sont entre parenthèses; * p<0.1, ** p<0.05, *** p<0.01

Tableau D2A. Estimations logit, opposition aux différentes méthodes de vote
Vote le jour de l’élection Vote par anticipation
1 2 1 2
Risque associé à la COVID-19 0,28**
(0,14)
0,23*
(0,14)
0,29*
(0,15)
0,30**
(0,15)
Niveau de scolarité -0,10
(0,34)
-0,17
(0,35)
-0,37
(0,37)
-0,41
(0,37)
Revenu -0,12
(0,30)
-0,22
(0,30)
-0,03
(0,33)
-0,10
(0,33)
Âge -0,62*
(0,34)
-0,84**
(0,35)
-1,11***
(0,37)
-1,22***
(0,38)
Lieu -0,30
(0,22)
-0,36
(0,22)
0,30
(0,24)
0,31
(0,24)
Femme -0,09
(0,13)
-0,07
(0,13)
-0,45***
(0,15)
-0,43***
(0,15)
Québec 0,47
(0,29)
0,54*
(0,30)
0,87**
(0,36)
0,83**
(0,36)
Ontario 0,55*
(0,29)
0,58**
(0,29)
0,59*
(0,35)
0,59*
(0,35)
Ouest 0,34
(0,29)
0,38
(0,29)
0,40
(0,35)
0,41
(0,35)
Perception du risque associé à la COVID-19 0,50*
(0,29)
-0,25
(0,31)
A voté en 2019 0,49**
(0,20)
0,37
(0,22)
Constante -0,65* -1,23*** -1,17*** -1,24**
N 1 124 1 124 1 124 1 124

Remarque : Les erreurs types sont entre parenthèses; * p<0,1; ** p<0,05; *** p<0,01

Tableau D2B. Estimations logit, opposition aux différentes méthodes de vote
Élections Canada Par la poste
1 2 1 2
Risque associé à la COVID-19 0,19
(0,17)
0,19
(0,18)
-0,09
(0,16)
-0,14
(0,16)
Niveau de scolarité -0,17
(0,41)
-0,13
(0,42)
0,28
(0,43)
0,30
(0,43)
Revenu -0,04
(0,37)
0,03
(0,38)
-0,00
(0,34)
0,01
(0,34)
Âge -0,95**
(0,44)
-0,83*
(0,45)
0,27
(0,38)
0,27
(0,40)
Lieu 0,30
(0,28)
0,31
(0,28)
0,17
(0,27)
0,13
(0,27)
Femme 0,01
(0,16)
-0,00
(0,16)
0,14
(0,15)
0,13
(0,15)
Québec 0,33
(0,40)
0,34
(0,41)
0,18
(0,32)
0,27
(0,33)
Ontario 0,70*
(0,39)
0,70*
(0,39)
-0,14
(0,32)
-0,13
(0,32)
Ouest 0,28
(0,40)
0,27
(0,40)
-0,08
(0,32)
-0,07
(0,32)
Perception du risque associé à la COVID-19 0,04
(0,34)
0,64*
(0,37)
A voté en 2019 -0,32
(0,22)
-0,15
(0,21)
Constante -1,86*** -1,72*** -1,74*** -2,05***
N 1 124 1 124 1 124 1 124

Remarque : Les erreurs types sont entre parenthèses; * p<0,1; ** p<0,05; *** p<0,01

Notes de bas de page

Note 1 Les coefficients de pondération minimal et maximal non ajustés étaient de 0,66 et de 1,66. Le coefficient de pondération moyen est de 1, et l’écart-type est de 0,14. Tous les résultats présentés ci-dessous se répètent en substance en l’absence de coefficients de pondération.