open Menu secondaire

Les attitudes des Canadiens à l'égard du vote pendant la pandémie de COVID-19 – Vague 1

Rapport préparé pour Élections Canada

Peter John Loewen et Eric Merkley
PEARL (Policy, Elections, and Representation Lab)
Munk School of Global Affairs and Public Policy
Université de Toronto

Le 23 juin 2020

Introduction

La pandémie de COVID-19 a perturbé le quotidien des Canadiens sur presque tous les plans. Les gens travaillent à domicile, pratiquent la distanciation physique, évitent de voyager et vivent généralement leur vie avec beaucoup plus de restrictions qu'auparavant. Si les Canadiens se sont adaptés à cette nouvelle réalité, un défi de taille demeure. En effet, il faut déterminer comment reprendre de façon sécuritaire une vie plus normale, avec une réouverture des écoles, des lieux de travail et des lieux de rassemblement, ne serait-ce que de manière modifiée et restreinte.

Au Canada, aucune élection n'a encore eu lieu pendant la pandémie de COVID-19, ni au niveau fédéral, ni au niveau provincial. Toutefois, il y en aura probablement au moins une avant qu'un vaccin efficace ne soit massivement offert. Par conséquent, il est primordial de déterminer, dans l'intérêt de la démocratie canadienne, comment mener des élections de manière sûre et efficace dans le contexte de la pandémie de COVID-19 et des exigences de distanciation physique. Il faut notamment déterminer comment les électeurs pourront voter et comment dépouiller le scrutin.

La plupart des électeurs qui votent aux élections fédérales canadiennes, que ce soit par anticipation ou le jour de l'élection, le font en personne. Les électeurs se présentent aux bureaux de vote, doivent parfois faire la file (normalement pendant peu de temps), puis reçoivent, marquent et déposent un bulletin de vote papier. Dans quelle mesure les citoyens sont-ils disposés à voter en personne dans le contexte de la COVID-19, et quelles autres méthodes de vote seraient-ils prêts à utiliser?

Le présent rapport aidera à mieux comprendre l'incidence éventuelle de la pandémie de COVID-19 sur la participation aux élections fédérales canadiennes et à déterminer les précautions à prendre pour maintenir des niveaux élevés de participation électorale. À cette fin, nous avons mené un sondage auprès d'environ 2 500 adultes canadiens, du 14 au 17 juin. Ce sondage fait partie d'une étude en cours sur les conséquences sociales de la pandémie de COVID-19. En plus de sonder les répondants sur leurs expériences et leurs opinions de la pandémie, nous leur avons posé plusieurs questions sur leur volonté de voter à une élection et sur les moyens de rendre les lieux de vote sécuritaires, qui feraient augmenter ou diminuer la probabilité qu'ils votent. Par une série de méthodes empiriques, nous avons tiré les six conclusions suivantes :

  • Conclusion 1 : Lorsqu'ils ont à l'esprit les problèmes de sécurité associés à la COVID-19, les répondants se disent moins susceptibles de voter.
  • Conclusion 2 : Les électeurs sont disposés à voter en personne, mais une minorité importante préférerait voter par la poste. Le vote par la poste rencontre peu d'opposition parmi les électeurs.
  • Conclusion 3 : Élections Canada peut prendre un certain nombre de précautions pour accroître l'appréciation de la sécurité parmi les électeurs.
  • Conclusion 4 : L'inquiétude suscitée par la COVID-19 est le principal déterminant de l'appréciation de la sécurité du vote. Cette inquiétude est généralisée et touche tous les groupes démographiques.
  • Conclusion 5 : L'appréciation de la sécurité du vote est le facteur le plus susceptible d'entraîner une baisse de la probabilité qu'une personne vote due à la COVID-19. Ce sont les mieux nantis, les personnes âgées et les hommes qui ont la meilleure opinion de la sécurité du vote. Les personnes à risque de complications associées à la COVID-19 sont plus susceptibles de considérer le vote comme étant dangereux.
  • Conclusion 6 : L'inquiétude que la COVID-19 suscite chez les répondants et leur appréciation de la sécurité du vote seront hautement déterminantes dans leur choix de voter en personne – particulièrement le jour de l'élection – ou de voter par la poste.

Dans les lignes qui suivent, nous exposons la méthodologie de notre sondage. Nous présentons ensuite une analyse détaillée de nos résultats. Nous concluons par un examen des implications politiques.

Méthodologie – conception du sondage

Notre étude s'appuie sur une enquête menée auprès de 2 498 adultes canadiens, du 15 au 18 juin 2020. L'échantillon a été fourni par Dynata Inc, un fournisseur international d'échantillons pour des sondages, qui contrôle un grand nombre de groupes de répondants exclusifs. Notre échantillon a été constitué avec des quotas d'âge et de sexe au niveau national ainsi que des quotas de population à l'échelle provinciale. Nous avons ensuite pondéré les données en utilisant un ensemble d'ajustements proportionnels itératifs (ipfweight) dans STATA151. Les répondants ont répondu au sondage sur la plateforme Qualtrics.

Notre sondage était principalement axé sur la COVID-19. Il contenait également une série de questions sur la participation politique antérieure, les groupes et institutions qui font autorité, et ainsi de suite. Le sondage était non partisan, et aucune donnée concernant les préférences politiques n'a été analysée pour ce rapport ou communiquée à Élections Canada. En plus des questions liées à la COVID-19, les répondants ont été invités à répondre à six questions formulées en consultation avec Élections Canada.

Dans la première partie du sondage, on a demandé aux répondants :

  1. Si une élection avait lieu demain, serait-il probable ou improbable que vous votiez?
    • Voterais certainement
    • Voterais probablement
    • Ne voterais probablement pas
    • Ne voterais certainement pas

Cette question fournit une base de référence concernant les intentions de voter à la prochaine élection, avant que les répondants ne soient amenés à réfléchir à la pandémie de COVID-19.

Dans la dernière partie du sondage, cinq questions ont été posées aux répondants.

  1. Compte tenu de la situation actuelle de la COVID-19, si une élection avait lieu demain, serait-il probable ou improbable que vous votiez?
    • Voterais certainement
    • Voterais probablement
    • Ne voterais probablement pas
    • Ne voterais certainement pas

Les répondants se sont ensuite fait poser, au hasard, l'une des deux questions suivantes :

  1. Si vous deviez voter, et compte tenu de la situation actuelle de la COVID-19, de quelle façon voteriez-vous? OU 4. Si vous deviez voter, et compte tenu de la situation actuelle de la COVID-19, de quelle(s) façon(s) ne voteriez-vous certainement PAS? Sélectionnez toutes les réponses qui s'appliquent.
    • À un bureau de vote le jour de l'élection
    • À un bureau de vote par anticipation
    • À un bureau d'Élections Canada avant le jour de l'élection
    • Par la poste
    • Autre (veuillez préciser)
    • Ne sais pas encore

On a ensuite demandé aux répondants :

  1. Compte tenu de la situation actuelle de la COVID-19, dans quelle mesure croyez-vous qu'il est dangereux ou sécuritaire de voter en personne à un bureau de vote?
    • Très dangereux
    • Plutôt dangereux
    • Plutôt sécuritaire
    • Très sécuritaire

Enfin, on a demandé aux répondants :

  1. Laquelle des mesures de protection suivantes rendrait le vote à un bureau de vote plus sécuritaire? Sélectionnez toutes les réponses qui s'appliquent.
    • Contrôler le nombre de personnes autorisées à entrer à la fois dans le bureau de vote
    • Prendre des mesures d'éloignement physique pour garder les personnes à au moins 2 mètres les unes des autres
    • Exiger que tout le monde porte un masque au bureau de vote
    • Fournir des crayons à usage unique
    • Fournir un désinfectant pour les mains à tous les bureaux de vote
    • Réserver les heures matinales aux électeurs à risque
    • Autre (veuillez préciser)

Les autres questions du sondage sont disponibles sur demande.

Résultats

Fréquences

Pour commencer l'analyse, examinons les réponses les plus courantes à chacune de nos six questions. Le tableau 1 présente la probabilité, selon les répondants, qu'ils votent à la prochaine élection fédérale, lorsqu'ils sont interrogés à ce sujet au début du sondage et une autre fois vers la fin, après avoir réfléchi à la pandémie de COVID-19 pendant une quinzaine de minutes. Les résultats montrent une variation substantielle de la probabilité de voter entre le début et la fin du sondage, le pourcentage de personnes indiquant qu'elles ne voteraient probablement pas ou certainement pas passant de 7,5 % à 10,9 %.

Tableau 1. Probabilité de voter déclarée par les répondants au début et à la fin du sondage
Probabilité de voter déclarée au début du sondage Probabilité de voter déclarée à la fin du sondage
Voterais certainement 73,4 66,9
Voterais probablement 19,1 22,3
Ne voterais probablement pas 4,6 7,6
Ne voterais certainement pas 2,9 3,3
N 2 497 2 497

Lorsque nous avons interrogé la moitié des répondants sur leur méthode de vote préférée, nous avons constaté une préférence marquée pour les méthodes de vote autres qu'en personne. Ces résultats sont présentés dans le tableau 2. Alors que la majorité des personnes ont indiqué qu'elles voteraient en personne, soit à un bureau de vote le jour de l'élection (29,2 %), à un bureau de vote par anticipation (28,5 %) ou à un bureau d'Élections Canada avant le jour de l'élection (4,7 %), une part importante de répondants (23,2 %) ont dit qu'ils préféreraient voter par la poste. Seul un répondant sur huit (12,2 %) a dit ne pas savoir comment il voterait.

Lorsque nous avons plutôt demandé à la moitié des répondants quelles méthodes ils n'utiliseraient certainement pas, 33 % d'entre eux ont dit qu'ils ne voteraient pas à un bureau de vote le jour de l'élection; 23 %, qu'ils ne voteraient pas à un bureau de vote par anticipation; 17 %, qu'ils ne voteraient pas à un bureau d'Élections Canada et 19 %, qu'ils ne voteraient pas par la poste. Quelque 3,2 % des répondants ont indiqué qu'ils n'utiliseraient certainement aucune des méthodes de vote proposées, à l'exception du vote par la poste. Ainsi, la plupart des électeurs ne sont pas sensiblement opposés à une méthode de vote en particulier, mais un nombre inquiétant d'électeurs manifestent une réticence à voter le jour de l'élection ou à utiliser une autre méthode de vote en personne.

Lorsqu'on a demandé aux répondants d'indiquer dans quelle mesure ils considéraient que de voter en personne à un bureau de vote était sécuritaire, compte tenu de la pandémie de COVID-19, nous constatons que la majorité d'entre eux considèrent que c'est très dangereux (13,6 %) ou plutôt dangereux (41,2 %). Un tiers (35,8 %) considère le vote comme étant plutôt sécuritaire, tandis que seulement un sur dix (9,4 %) le considère comme étant très sécuritaire.

Tableau 2. Préférences des répondants quant aux méthodes de vote
A l'intention d'utiliser cette méthode N'utiliserait certainement pas cette méthode
Vote le jour de l'élection 29,2 33,1
Vote par anticipation 28,5 22,9
Vote à un bureau d'Élections Canada 4,7 17,0
Vote par la poste 23,2 19,1
Autre 2,2 1,7
Ne sait pas 12,2 30,5
N 1 243 1 257

Enfin, nous avons demandé aux personnes qui estimaient que le vote était plutôt sécuritaire, plutôt dangereux ou très dangereux, quelles mesures de protection rendraient le vote à un bureau de vote plus sécuritaire. Le tableau 3 présente la fréquence à laquelle chaque mesure a été mentionnée.

Tableau 3. Soutien aux différentes mesures de protection dans les lieux de vote
Mesure de protection Pourcentage de répondants qui estimaient que la mesure renforcerait la sécurité
Prendre des mesures d'éloignement physique pour garder les personnes à au moins 2 mètres les unes des autres 83 %
Fournir un désinfectant pour les mains à tous les bureaux de vote 82 %
Contrôler le nombre de personnes autorisées à entrer à la fois dans le bureau de vote 81 %
Exiger que tout le monde porte un masque au bureau de vote 74 %
Réserver les heures matinales aux électeurs à risque 64 %
Fournir des crayons à usage unique 61 %
N 2 260

Note : Quatre pour cent des répondants ont choisi « Autre » et ont donné une réponse ouverte. La question n'a pas été posée aux personnes qui considéraient le vote « très sécuritaire ».

Analyse approfondie

En plus d'analyser les principaux résultats, nous avons développé un certain nombre de modèles approfondis pour mieux comprendre en quoi les appréciations de la sécurité et la volonté d'utiliser différentes méthodes de vote variaient selon les populations.

Déterminants de l'appréciation de la sécurité du vote

Après considération de la pandémie de COVID-19, une majorité de répondants (55 %) estimaient qu'il était dangereux de voter à un bureau de vote. Nos données nous permettent de savoir quels groupes de Canadiens sont plus ou moins susceptibles d'y voir un risque. Nous avons établi deux modèles. Le premier prédit l'appréciation de la sécurité du vote le jour de l'élection selon des caractéristiques démographiques telles que la région, le sexe, l'âge, le lieu de résidence, le revenu du ménage en 2018, le niveau de scolarité et le risque de complications associées à la COVID-19 pour la personne (ou un membre de son ménage). Le deuxième modèle tient compte des mêmes caractéristiques, en plus de la mesure dans laquelle la COVID-19 inquiète le répondant (échelle de quatre points, allant de « beaucoup » à « pas du tout ») ainsi que de sa participation ou de son abstention à l'élection fédérale de 2019 (1=Oui). Nous avons quantifié toutes les variables sur une échelle de 0 à 1 pour en faciliter l'interprétation. Les estimations sont présentées dans le tableau 4. Des descriptions des variables se trouvent à l'annexe A.

Tableau 4. Déterminants de l'appréciation de la sécurité du vote en personne, estimations obtenues par la méthode des MCO
  1 2
Coef. Erreur type Coef. Erreur type
Risque de complications associées à la COVID-19 -0,08*** 0,01 -0,05*** 0,01
Niveau de scolarité 0,01 0,03 0,01 0,03
Revenu 0,07*** 0,03 0,05** 0,03
Âge 0,15*** 0,03 0,18*** 0,03
Lieu -0,09*** 0,02 -0,05*** 0,02
Femmes -0,03** 0,01 -0,02 0,01
Québec 0,06** 0,03 0,00 0,02
Ontario -0,02 0,02 -0,03 0,02
Ouest 0,03 0,03 0,01 0,02
Inquiétude suscitée par la COVID-19 -0,34*** 0,02
A voté en 2019 0,06*** 0,02
Constante 0,46*** 0,04 0,63*** 0,04
R2 0,06 0,18
N 2 195 2 195

Note : * p<0,1; ** p<0,05; *** p<0,01.
L'échelle des appréciations de la sécurité allait de 0=très dangereux à 1=très sécuritaire.

Selon le modèle 1, l'appréciation de la sécurité du vote en personne est moins élevée de 0,08 point sur une échelle de 0 à 1 (p<0,01) pour les répondants présentant un risque de complications associées à la COVID-19. Pour les répondants dont le revenu du ménage est supérieur à 250 000 $, elle dépasse de 0,07 point celle des répondants n'ayant aucun revenu (p<0,01). De plus, pour une personne de 65 ans, elle devrait dépasser de 0,06 point celle d'une personne de 35 ans (p<0,01), tandis qu'elle est plus faible de 0,09 point pour les habitants des régions rurales que pour les habitants des grandes villes (p<0,01). Enfin, l'appréciation de la sécurité du vote en personne chez les femmes est inférieure de 3 points à celle des hommes (p<0,05).

Le modèle 2 tient compte de l'inquiétude suscitée par la COVID-19 et des habitudes de vote antérieures. L'appréciation de la sécurité du vote est plus élevée de 0,06 point (p<0,01) chez les personnes qui ont voté en 2019 et est fortement associée à l'inquiétude suscitée par la COVID-19. Pour les répondants très inquiets de la COVID-19 (environ 35 % de l'échantillon), l'appréciation de la sécurité du vote en personne se chiffre à 0,34 point de moins que pour ceux qui ne sont pas du tout inquiets, qui ne représentent que 6 % de l'échantillon (p<0,01). Autrement dit, si l'inquiétude suscitée par la COVID-19 augmentait de 10 points de pourcentage au total, on pourrait s'attendre à ce que l'appréciation de la sécurité du vote en personne diminue de 3,4 points de pourcentage, toutes choses étant égales par ailleurs. Les Canadiens très inquiets de la COVID 19 sont pessimistes quant à la sécurité du vote en personne.

Déterminants d'une variation de l'intention de voter

Les Canadiens sont grandement préoccupés par la pandémie de COVID-19, et cette inquiétude affaiblit leur confiance en la sécurité du vote en personne, ce qui pourrait faire diminuer la participation électorale si la pandémie de COVID-19 reste au premier plan des préoccupations des Canadiens. Nous avons évalué cette possibilité en demandant aux répondants, au début et à la fin du sondage, quelle était la probabilité qu'ils votent. Le sondage portait principalement sur les attitudes et les comportements liés à la COVID-19, ce qui fait que celle-ci était bien présente dans l'esprit des répondants au moment de répondre à la deuxième question sur leur intention de voter, posée plus tard au cours du sondage (sans compter que la COVID-19 était explicitement mentionnée dans le libellé la question). Comme indiqué dans la section précédente, 73 % des répondants ont déclaré au début du sondage qu'ils voteraient certainement, contre seulement 67 % vers la fin du sondage. Cette différence est statistiquement significative (p<0,001). Le fait d'amener les gens à réfléchir à la COVID-19 affaiblit leur intention de voter.

Nos données nous permettent de déterminer quels groupes de Canadiens sont les plus susceptibles de revoir à la baisse, au cours du sondage, leur intention de voter. Nous avons établi trois modèles prédisant une variation de l'intention de voter, qui sont présentés dans le tableau 5. Le premier modèle tient compte de caractéristiques démographiques telles que la région, le sexe, l'âge, le lieu de résidence, le revenu du ménage en 2018, le niveau de scolarité et le risque de complications associées à la COVID-19 pour la personne (ou un membre de son ménage). Le deuxième modèle tient compte des mêmes caractéristiques, en plus de l'inquiétude suscitée par la COVID-19 ainsi que de la participation ou de l'abstention du répondant à l'élection fédérale de 2019. Le troisième modèle tient compte de toutes les variables précédentes ainsi que l'appréciation de la sécurité du vote en personne. Toutes les variables explicatives ont été quantifiées sur une échelle de 0 à 1.

Tableau 5. Déterminants d'une variation de l'intention de voter, estimations obtenues par la méthode des MCO
  1 2 3
Coef. Erreur type Coef. Erreur type Coef. Erreur type
Risque de complications associées à la COVID-19 0,00 0,01 -0,01 0,01 -0,01 0,01
Niveau de scolarité -0,01 0,02 -0,01 0,02 -0,01 0,02
Revenu 0,00 0,02 0,00 0,02 0,00 0,02
Âge -0,04* 0,02 -0,05** 0,02 -0,04 0,02
Lieu 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01
Femmes -0,01 0,01 -0,01 0,01 -0,01 0,01
Québec 0,00 0,02 0,00 0,02 0,00 0,02
Ontario -0,01 0,02 -0,01 0,02 -0,01 0,02
Ouest -0,02 0,02 -0,02 0,02 -0,02 0,02
Inquiétude suscitée par la COVID-19 0,03* 0,02 0,00 0,02
A voté en 2019 0,02 0,01 0,02 0,01
Appréciation de la sécurité -0,08*** 0,02
Constante 0,06** 0,03 0,04 0,03 0,08*** 0,03
R2 0,00 0,01 0,02
N 2 195 2 195 2 195

Note : * p<0,1; ** p<0,05; *** p<0,01.

Nous avons constaté que l'âge est associé à une baisse de l'intention de voter (modèle 1), bien que l'effet de l'âge ne soit que marginalement significatif (p<0,1). En effet, notre modèle prédit qu'une personne de 35 ans réduirait son intention de voter de 0,04 point, contre 0,03 point pour une personne de 65 ans. L'inquiétude suscitée par la COVID-19 est associée à de plus fortes baisses de l'intention de voter (modèle 2; p<0,1). Selon notre modèle, une personne que la COVID-19 n'inquiète pas du tout réduirait son intention de voter de 0,02 point, ce qui est non significatif, tandis qu'une personne que la COVID-19 inquiète beaucoup réduirait son intention de voter de 0,04 point, ce qui est statistiquement significatif (p<0,001). Plus directement encore, le modèle 3 montre que les appréciations de la sécurité du vote en personne sont fortement associées à une variation de l'intention de voter (p<0,001). Selon notre modèle, les personnes qui considèrent le vote en personne comme étant très dangereux réduiraient leur intention de voter de 0,07 point (p<0,001), tandis que celles qui considèrent le vote comme étant très sécuritaire ne réduiraient pas du tout leur intention de voter. En bref, la COVID-19 a le potentiel de réduire la participation électorale des personnes que la pandémie inquiète et qui n'ont pas confiance en la sécurité du vote en personne.

Déterminants des préférences liées aux méthodes de vote

L'inquiétude suscitée par la COVID-19 et l'appréciation de la sécurité du vote sont également étroitement liées aux méthodes de vote que les gens sont prêts à utiliser ou préfèrent éviter. Nous avons établi trois modèles qui prédisent la préférence des répondants pour différentes méthodes de vote, soit le vote le jour de l'élection, le vote par anticipation, le vote à un bureau d'Élections Canada et le vote par la poste, ainsi que leur opposition à chacune de ces méthodes. Le premier modèle tient compte de caractéristiques démographiques telles que la région, le sexe, l'âge, le lieu de résidence, le revenu du ménage en 2018, le niveau de scolarité et le risque de complications associées à la COVID-19 pour la personne (ou un membre de son ménage). Le deuxième modèle tient compte des mêmes caractéristiques, en plus de l'inquiétude suscitée par la COVID-19 ainsi que de la participation ou de l'abstention du répondant à l'élection fédérale de 2019. Le troisième modèle tient compte de toutes les variables précédentes ainsi que l'appréciation de la sécurité du vote. Nous avons établi ces modèles en utilisant la régression logistique.

Les estimations de nos modèles sont présentées à l'annexe B, tandis que les probabilités théoriques sont indiquées dans le tableau 6 pour illustrer le poids des différents facteurs, puisque les coefficients de régression logistique ne peuvent pas être interprétés directement. Nous n'avons relevé aucune différence démographique significative entre les répondants qui choisissent le vote le jour de l'élection et ceux qui choisissent d'autres méthodes de vote (tableau 6, modèle 1, colonne 1), mais il y a une corrélation négative entre ce choix et l'inquiétude suscitée par la COVID-19 (modèle 2, colonne 1). Pour ce qui est de la probabilité de voter le jour de l'élection, il y a un écart de 18 points entre les personnes que la COVID-19 inquiète beaucoup et celles qu'elle n'inquiète pas du tout (0,25 contre 0,43; p<0,01). L'appréciation de la sécurité du vote est également associée négativement au vote le jour de l'élection, tandis que l'inquiétude suscitée par la COVID-19 perd son caractère significatif lorsque l'on inclut cette covariable dans le modèle (modèle 3, colonne 1). Les personnes qui estiment que l'élection serait très dangereuse sont moins susceptibles, de 44 points, de choisir de voter le jour de l'élection que celles qui estiment que l'élection serait très sécuritaire (0,12 contre 0,56; p<0,01).

Tableau 6. Probabilité théorique d'être favorable ou opposé à une méthode de vote, selon les valeurs des covariables pertinentes
Soutien Opposition
Jour de l'élection
1
Vote par anticipation
2
Bureau d'EC
3
Par la poste
4
Jour de l'élection
5
Vote par anticipation
6
Bureau d'EC
7
Par la poste
8
Modèle 1
Femmes Oui 0,29 0,27 0,04** 0,25** 0,34 0,21 0,18 0,20
Non 0,32 0,30 0,07** 0,20** 0,34 0,24 0,15 0,18
Âge 35 0,32 0,24** 0,08** 0,24* 0,35 0,24* 0,18** 0,19
65 0,28 0,34** 0,02** 0,20* 0,32 0,20* 0,14** 0,20
Milieu urbain Petite ville 0,30 0,31 0,04 0,20 0,32 0,22 0,14 0,17
Grande ville 0,31 0,27 0,06 0,24 0,36 0,23 0,18 0,21
Revenu Faible 0,29 0,25* 0,04 0,26* 0,34 0,22 0,14 0,22
Élevé 0,31 0,32* 0,06 0,20* 0,34 0,23 0,18 0,17
Niveau de scolarité Secondaire 0,29 0,27 0,06 0,19** 0,33 0,26* 0,20** 0,22**
Universitaire, 1er cycle 0,31 0,29 0,04 0,25** 0,34 0,21* 0,14** 0,17**
Risque associé à la COVID-19 Oui 0,29 0,31 0,06 0,23 0,35 0,27** 0,17 0,21
Non 0,31 0,27 0,04 0,22 0,33 0,20** 0,16 0,18
Modèle 2
Inquiétude suscitée par la COVID-19 Élevée 0,25** 0,29 0,06 0,32** 0,37 0,25 0,17 0,18
Aucune 0,43** 0,29 0,04 0,07** 0,28 0,18 0,15 0,22
A voté en 2019 Oui 0,34** 0,31** 0,05 0,20** 0,36** 0,23 0,16 0,18
Non 0,11** 0,14** 0,05 0,36** 0,24** 0,19 0,18 0,22
Modèle 3
Appréciation de la sécurité T. sécuritaire 0,56** 0,34* 0,07 0,04** 0,19** 0,16** 0,07** 0,19
T. dangereux 0,12** 0,24* 0,04 0,53** 0,48** 0,29** 0,29** 0,19

Note : * p<0,1; ** p<0,05.

Nous avons constaté exactement l'inverse lors de l'évaluation de la méthode de vote que les répondants n'utiliseraient certainement pas, comme en témoigne le tableau 6. Les personnes que la COVID-19 inquiète beaucoup sont plus susceptibles, de 9 points, de déclarer qu'elles ne voteraient certainement pas le jour de l'élection que celles que la COVID-19 n'inquiète pas du tout (0,37 contre 0,28; modèle 2, colonne 5), bien que cela ne soit pas très significatif (p~ 0,11). De même, les personnes qui pensent que l'élection sera très dangereuse sont plus susceptibles, de 29 points, de déclarer qu'elles ne voteraient certainement pas le jour de l'élection que celles qui pensent que l'élection sera très sécuritaire (0,48 contre 0,19; p<0,01; modèle 3, colonne 5).

Nos résultats pour le vote par anticipation et pour le vote à un bureau d'Élections Canada – présentés dans le tableau 6 – sont similaires à ceux pour le vote le jour de l'élection, bien que plus faibles et moins constants. Les répondants plus âgés étaient légèrement plus enclins à choisir le vote par anticipation (p<0,01; modèle 1, colonne 2), et moins enclins à s'y opposer (p<0,1; modèle 1, colonne 6). Les personnes âgées de 65 ans, par exemple, sont plus susceptibles, de 10 points, de voter par anticipation que les personnes âgées de 34 ans (0,34 contre 0,24), tandis qu'elles sont moins susceptibles, de 4 points, d'éviter cette méthode de vote (0,2 contre 0,24). Elles sont également moins susceptibles, de 6 points, de voter à un bureau d'Élections Canada que les personnes âgées de 34 ans (p<0,05; modèle 1, colonne 3), et pourtant elles sont plus susceptibles, de 4 points, d'éviter à tout prix cette méthode de vote (p<0,1; modèle 1, colonne 7).

L'inquiétude suscitée par la COVID-19 n'est pas associée de manière significative au choix ou au rejet du vote par anticipation ou du vote à un bureau d'Élections Canada. Toutefois, les personnes qui considèrent l'élection comme étant dangereuse sont moins susceptibles, de 10 points, de choisir le vote par anticipation (p<0,1; modèle 3, colonne 2), sont plus susceptibles, de 13 points, d'éviter le vote par anticipation (p<0,05; modèle 3, colonne 6) et sont plus susceptibles, de 22 points, d'éviter de voter aux bureaux d'Élections Canada (p<0,01; modèle 3, colonne 3), par rapport à celles qui pensent que l'élection sera très sécuritaire (0,24 contre 0,34; 0,29 contre 0,16; 0,29 contre 0,07).

Enfin, il y a d'importantes différences démographiques dans la volonté de voter par la poste, comme le montre le tableau 6. Les femmes sont plus susceptibles que les hommes, à raison de 5 points, de dire qu'elles voteraient par la poste (0,25 contre 0,20; p<0,05; modèle 1, colonne 4). De même, les jeunes électeurs sont plus enclins à voter par la poste : une personne de 35 ans est plus susceptible, de 4 points, de voter par la poste qu'une personne de 65 ans (0,24 contre 0,2; p<0,1; modèle 1, colonne 4). Les personnes à revenu élevé sont aussi plus susceptibles, de 6 points, de voter par la poste que les personnes à faible revenu (0,2 contre 0,26, p<0,01; modèle 1, colonne 4), tout comme les personnes ayant fait des études universitaires sont plus susceptibles, de 6 points, de voter par la poste que les personnes qui n'ont fait que des études secondaires (0,25 contre 0,19, p<0,05; modèle 1, colonne 4). La corrélation entre l'inquiétude suscitée par la COVID-19 et la probabilité de voter par la poste est telle que l'on pouvait s'y attendre, les personnes très inquiètes étant plus susceptibles, de 25 points, de voter par la poste que celles qui ne sont pas du tout inquiètes (0,32 contre 0,07; p<0,01; modèle 2, colonne 4). L'appréciation de la sécurité est également fortement associée à la probabilité de voter par la poste. Les personnes qui considèrent le vote comme étant très dangereux sont plus susceptibles, de 49 points, de voter par la poste que celles qui le considèrent comme étant très sécuritaire (0,53 contre 0,04; p<0,01; modèle 3, colonne 4). Toutefois, ces variables, à l'exception du niveau de scolarité, ne permettent pas de prédire l'opposition au vote par la poste.

En somme, l'inquiétude suscitée par la COVID-19 et l'appréciation de la sécurité du vote seront des facteurs hautement déterminants du choix de voter en personne – en particulier le jour de l'élection – ou de voter par la poste.

Discussion

La pandémie de COVID-19 a bouleversé notre quotidien. Alors que nous reprenons une vie normale, le défi pour les institutions publiques et autres sera de créer des espaces et d'établir des pratiques qui permettent une participation citoyenne en toute sécurité, que ce soit dans les écoles, dans les garderies, dans les lieux de travail ou même dans les bureaux de vote. La création d'espaces considérés comme étant sécuritaires est tout aussi importante.

Nous avons constaté que l'appréciation de la sécurité du vote et l'inquiétude générale concernant la COVID-19 sont les principaux prédicteurs de la volonté de voter en personne ou d'une préférence pour le vote par la poste. Or, cette inquiétude est généralisée, et ces facteurs l'emportent de loin sur les facteurs démographiques. Nos estimations indiquent que le vote par la poste sera très en demande à la prochaine élection.

Il est important de noter qu'Élections Canada peut prendre des mesures concrètes pour que le vote soit considéré comme étant plus sécuritaire. Le principal défi sera probablement de communiquer efficacement ces mesures, car les électeurs ont généralement une mauvaise connaissance des détails pratiques du vote en personne. De même, informer les électeurs des autres moyens de voter constituera probablement aussi un défi de communication. Malgré tout, la majorité des répondants à notre sondage ont indiqué qu'ils avaient l'intention de voter, même dans le contexte de la COVID-19. Encore faut-il maintenir leur confiance à l'égard du processus de vote.

Annexe A – Descriptions des variables

Tableau A1. Descriptions des variables
Variable Description
Risque de complications associées à la COVID-19 Est-ce qu'un membre de votre ménage fait partie d'un groupe à haut risque pour lequel la vaccination antigrippale est généralement recommandée par l'Agence de la santé publique du Canada? (Les troubles de la santé appartenant à ces groupes comprennent la grossesse, les maladies respiratoires chroniques, les maladies cardiaques chroniques, les maladies rénales chroniques, les maladies du foie chroniques, les maladies neurologiques chroniques, le diabète (tous les types), le cancer, l'immunosuppression, le dysfonctionnement de la rate et un IMC supérieur à 40.)

1=Oui
Niveau de scolarité Aucune scolarité, études primaires non terminées, études primaires terminées, études secondaires non terminées, études secondaires terminées, quelques études au collègue technique, études terminées au collège technique, quelques études universitaires, baccalauréat, maîtrise, doctorat ou diplôme professionnel; les réponses ont été quantifiées sur une échelle de 0 à 1, les réponses « je ne sais pas » ont été comptées comme des réponses manquantes.
Revenu Aucun revenu; 1 $ à 30 000 $; 30 001 $ à 60 000 $; 60 001 $ à 90 000 $; 90 001 $ à 110 000 $; 110 001 $ à 150 000 $; 150 001 $ à 200 000 $; plus de 200 000 $; les réponses ont été quantifiées sur une échelle de 0 à 1, les réponses « je ne sais pas/préfère ne pas répondre » ont été comptées comme des réponses manquantes.
Âge En années, chiffre ramené sur une échelle de 0 à 1, où l'âge minimal est de 18 ans et l'âge maximal, de 99 ans.
Lieu Un endroit rural, une petite municipalité, une grande municipalité, une ville de taille moyenne, une grande ville; les réponses ont été quantifiées sur une échelle de 0 à 1.
Femme 1=Oui
Région 1=Atlantique; 2=Québec; 3=Ontario; 4=Ouest
Inquiétude suscitée par la COVID-19 Dans quelle mesure la pandémie de coronavirus vous inquiète-t-elle?

Pas du tout, un peu, assez, beaucoup; les réponses ont été quantifiées sur une échelle de 0 à 1.
A voté en 2019 1=Oui
Appréciation de la sécurité du vote en personne Très dangereux, plutôt dangereux, plutôt sécuritaire, très sécuritaire; les réponses ont été quantifiées sur une échelle de 0 à 1.
Probabilité de voter Ne voterais certainement pas, ne voterais probablement pas, voterais probablement, voterais certainement; les réponses ont été quantifiées sur une échelle de 0 à 1.

Annexe B – Estimations de la régression logistique

Tableau B1A. Estimations des logits, méthode de vote préférée
Jour de l'élection Vote par anticipation
1 2 3 1 2 3
Risque de complications associées à la COVID-19 -0,11
(0,15)
-0,11
(0,15)
-0,01
(0,15)
0,20
(0,14)
0,17
(0,15)
0,19
(0,15)
Niveau de scolarité 0,23
(0,36)
-0,10
(0,38)
-0,06
(0,40)
0,25
(0,39)
0,04
(0,40)
0,05
(0,40)
Revenu 0,17
(0,31)
-0,01
(0,31)
-0,01
(0,33)
0,57*
(0,32)
0,46
(0,33)
0,46
(0,33)
Âge -0,45
(0,34)
-0,75**
(0,35)
-1,29***
(0,37)
1,31***
(0,37)
1,02***
(0,38)
0,92**
(0,38)
Lieu 0,09
(0,22)
0,15
(0,23)
0,30
(0,23)
-0,22
(0,22)
-0,25
(0,22)
-0,22
(0,23)
Femmes -0.16
(0,14)
-0,12
(0,15)
-0,10
(0,15)
-0,13
(0,15)
-0,12
(0,15)
-0,12
(0,15)
Québec 0,04
(0,28)
-0,22
(0,29)
-0,14
(0,30)
0,44
(0,32)
0,38
(0,33)
0,40
(0,34)
Ontario -0,26
(0,27)
-0,34
(0,28)
-0,21
(0,28)
0,14
(0,31)
0,13
(0,32)
0,17
(0,33)
Ouest -0,14
(0,27)
-0,30
(0,28)
-0,28
(0,29)
0,50
(0,32)
0,45
(0,32)
0,46
(0,33)
Inquiétude suscitée par la COVID-19 -0,84***
(0,24)
-0,06
(0,28)
0,00
(0,25)
0,18
(0,26)
A voté en 2019 1,41***
(0,29)
1,30***
(0,30)
1,02***
(0,28)
0,98***
(0,28)
Appréciation de la sécurité 2,38***
(0,31)
0,53*
(0,27)
Constante -0,69* -0,92** -2,62*** -2,00*** -2,56*** -2,92***
N 1 083 1 083 1 083 1 083 1 083 1 083

Note : Les erreurs types sont entre parenthèses; *p<0,1; **p<0,05; ***p<0,01.

Tableau B1B. Estimations des logits, méthodes de vote préférées
Bureau d'Élections Canada Par la poste
1 2 3 1 2 3
Risque de complications associées à la COVID-19 0,38
(0,31)
0,36
(0,32)
0,40
(0,32)
0,02
(0,16)
-0,05
(0,16)
-0,22
(0,18)
Niveau de scolarité -0,98
(0,78)
-0,94
(0,79)
-0,95
(0,80)
0,82**
(0,40)
1,12***
(0,42)
1,22***
(0,46)
Revenu 0,57
(0,59)
0,58
(0,59)
0,56
(0,58)
-0,64*
(0,34)
-0,46
(0,34)
-0,49
(0,38)
Âge -3,57***
(0,98)
-3,62***
(0,98)
-3,76***
(0,98)
-0,63*
(0,36)
-0,63
(0,38)
0,08
(0,43)
Lieu 0,32
(0,45)
0,28
(0,46)
0,35
(0,46)
0,29
(0,24)
0,18
(0,24)
0,01
(0,27)
Femmes -0,76**
(0,32)
-0,78**
(0,32)
-0,77**
(0,32)
0,32**
(0,16)
0,25
(0,16)
0,22
(0,18)
Québec 0,12
(0,53)
0,18
(0,56)
0,20
(0,56)
-0,57*
(0,31)
-0,22
(0,32)
-0,19
(0,34)
Ontario -0,64
(0,56)
-0,64
(0,57)
-0,60
(0,57)
-0,14
(0,29)
-0,07
(0,29)
-0,27
(0,32)
Ouest -0,23
(0,56)
-0,21
(0,57)
-0,19
(0,57)
-0,40
(0,30)
-0,25
(0,30)
-0,30
(0,33)
Inquiétude suscitée par la COVID-19 0,47
(0,57)
0,71
(0,60)
1,89***
(0,33)
0,94**
(0,36)
A voté en 2019 -0,08
(0,39)
-0,12
(0,40)
-0,86***
(0,22)
-0,67***
(0,25)
Appréciation de la sécurité 0,71
(0,51)
-3,51***
(0,34)
Constante -1,18 -1,42* -1,93** -1,35*** -2,27*** -0,31
N 1 083 1 083 1 083 1 083 1 083 1 083

Note : Les erreurs types sont entre parenthèses; *p<0,1; **p<0,05; ***p<0,01.

Tableau B2A. Estimations des logits, opposition aux différentes méthodes de vote
Jour de l'élection Vote par anticipation
1 2 3 1 2 3
Risque de complications associées à la COVID-19 0,07
(0,13)
0,02
(0,14)
-0,06
(0,14)
0,42***
(0,15)
0,38**
(0,15)
0,34**
(0,15)
Niveau de scolarité 0,01
(0,03)
0,00
(0,03)
0,01
(0,03)
-0,07*
(0,04)
-0,07*
(0,04)
-0,07*
(0,04)
Revenu -0,01
(0,04)
-0,01
(0,04)
0,01
(0,04)
0,01
(0,05)
0,01
(0,05)
0,02
(0,05)
Âge -0,00
(0,00)
-0,01*
(0,00)
-0,00
(0,00)
-0,01*
(0,00)
-0,01**
(0,00)
-0,01*
(0,00)
Lieu 0,06
(0,06)
0,05
(0,06)
0,03
(0,06)
0,03
(0,06)
0,02
(0,06)
0,01
(0,06)
Femmes 0,01
(0,14)
0,01
(0,14)
-0,02
(0,14)
-0,15
(0,15)
-0,16
(0,15)
-0,18
(0,15)
Québec -0,05
(0,29)
-0,01
(0,29)
0,03
(0,30)
-0,06
(0,32)
-0,02
(0,32)
0,01
(0,32)
Ontario 0,00
(0,28)
0,01
(0,28)
0,00
(0,29)
-0,09
(0,31)
-0,08
(0,31)
-0,08
(0,31)
Ouest -0,31
(0,28)
-0,29
(0,29)
-0,27
(0,30)
-0,13
(0,31)
-0,11
(0,32)
-0,09
(0,32)
Inquiétude suscitée par la COVID-19 0,13
(0,08)
-0,01
(0,09)
0,12
(0,08)
0,04
(0,09)
A voté en 2019 0,59***
(0,21)
0,66***
(0,21)
0,24
(0,23)
0,27
(0,23)
Appréciation de la sécurité -0,46***
(0,09)
-0,26**
(0,11)
Constante -0,61 -1,16** -0,45 -0,46 -0,80 -0,40
N 1 112 1 112 1 112 1 112 1 112 1 112

Note : Les erreurs types sont entre parenthèses; *p<0,1; **p<0,05; ***p<0,01.

Tableau B2B. Estimations des logits, opposition aux différentes méthodes de vote
Bureau d'Élections Canada Par la poste
1 2 3 1 2 3
Risque de complications associées à la COVID-19 0,11
(0,17)
0,11
(0,17)
0,01
(0,18)
0,22
(0,16)
0,25
(0,16)
0,25
(0,17)
Niveau de scolarité -0,11**
(0,04)
-0,10**
(0,04)
-0,10**
(0,04)
-0,08**
(0,04)
-0,08**
(0,04)
-0,08**
(0,04)
Revenu 0,07
(0,05)
0,07
(0,05)
0,09*
(0,05)
-0,08
(0,05)
-0,08
(0,05)
-0,08
(0,05)
Âge -0,01**
(0,01)
-0,01**
(0,01)
-0,01
(0,01)
0,00
(0,00)
0,00
(0,00)
0,00
(0,00)
Lieu 0,11
(0,07)
0,11
(0,07)
0,08
(0,07)
0,09
(0,07)
0,10
(0,07)
0,10
(0,07)
Femmes 0,15
(0,17)
0,14
(0,17)
0,11
(0,17)
0,09
(0,16)
0,09
(0,16)
0,09
(0,16)
Québec -0,42
(0,35)
-0,40
(0,36)
-0,34
(0,36)
0,27
(0,35)
0,24
(0,35)
0,24
(0,35)
Ontario -0,28
(0,34)
-0,28
(0,34)
-0,27
(0,34)
0,02
(0,34)
0,01
(0,34)
0,01
(0,34)
Ouest -0,42
(0,34)
-0,40
(0,34)
-0,36
(0,34)
-0,18
(0,35)
-0,20
(0,35)
-0,20
(0,35)
Inquiétude suscitée par la COVID-19 0,04
(0,10)
-0,14
(0,11)
-0,09
(0,10)
-0,09
(0,10)
A voté en 2019 -0,17
(0,24)
-0,11
(0,24)
-0,21
(0,23)
-0,21
(0,23)
Appréciation de la sécurité -0,58***
(0,13)
0,01
(0,10)
Constante -0,65 -0,65 0,23 -1,09** -0,84 -0,85
N 1 112 1 112 1 112 1 112 1 112 1 112

Note : Les erreurs types sont entre parenthèses; *p<0,1; **p<0,05; ***p<0,01.

Notes de bas de page

Note 1 Dans la première partie du sondage, les coefficients de pondération minimum et maximum non ajustés étaient de 0,73 et 1,40. Le coefficient de pondération moyen est de 1, et l'écart-type est de 0,13. Tous les résultats présentés ci-dessous se répètent significativement en l'absence de coefficients de pondération.